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La célébration annuelle de la Journée Mondiale des Communications Sociale nous donne l’occasion de jeter un regard sur la place des médias en Afrique. La démocratisation des années ’90 a permis la création de plusieurs journaux en Afrique. Il y avait  280 quotidiens en 1994 contre 204 in 1992 ; 70 stations de radio et 50 stations de télévision. La plupart des journaux traitent avec courage et détermination des événements et des problèmes des sociétés. Une presse qui parle autant de vie politique que de vie quotidienne, mais sur qui pèsent constamment

des menaces de la répression.  Aujourd’hui, en effet, les maux dont souffre l’information en Afrique sont nombreux

et diversifiés. La liberté de la presse est presque partout surveillée et même réprimée ; bien que des efforts louables soient enregistrés par ici, par là, dans le souci d’ouverture démocratique. La plupart de temps, les journalistes sont

à la merci de la censure, des lois rétrogrades ou de l’arbitraire. Dans plusieurs pays la censure avant l’impression en vigueur. Ce qui fait que des journaux paraissent parfois avec des colonnes en blanc.

La sécurité des journalistes n’est pas garantie ; et ces derniers sont continuellement en danger. En 1997,

les journalistes en prison étaient 93, dont 15 en Éthiopie, 12 en Chine, 9 en Turquie…

Dans de nombreux pays, une politique claire et définie de l’information est inexistante. Tout prétexte est bon quand on veut se débarrasser d’un journal ou d’une radio. En 1973, les autorités « zaïroises » interdisaient du jour au lendemain « impression, publication, diffusion de tout périodique : journaux, revues etc. catholiques, protestants

et kimbanguistes ». Leur crime ? « Ils étaient des antirévolutionnaires » !

Bien des gouvernements supportent mal le ton agressif des journaux, qui se distinguent souvent par un réel courage, mais aussi par une imagination débordante. Les autorités s’embarrassent très peu du droit des

populations à une information vraie, objective et complète ; encore moins de leur droit à s’exprimer librement.

 

Voix des sans vois

La situation des médias en Afrique donc n’est guère brillante. De sérieux efforts doivent être entrepris,

dans la perspective du 3è millénaire, pour élever non seulement le niveau, mais aussi la qualité des médias.

À côté des médias dits « neutres » ou laïcs, on trouve également ceux de l’Église. Il y a quinze ans, la pesse catholique d’Afrique comptait au total 337 publications, dont certains survivent et d’autres sont morts.

Les plus connues parmi les publications catholiques disparues : Afrique Nouvelle (Sénégal), Afrique Chrétienne (Congo), Munno (Ouganda). L’Agence DIA (Congo) reste toujours l’organe de presse catholique plus appréciée.

Tout dernièrement d’autres petites agences catholiques se sont ajoutées, comme New People Feature Service

et Africa News, Nairobi.

 

Généralement pauvre, la presse catholique d’Afrique n’a suivi ni l’explosion démographique ni l’essor de la technologie. Les rédactions de certains journaux travaillent sans téléphone, sans fax ou computer.

La distribution des journaux est faite d’une manière artisanale et rudimentaire. Cependant la presse catholique est fort appréciée par les populations qui voient en elle une sorte de « Voix des sans voix » ; son image de marque n’est nullement ternie par les atteintes diverses à sa fonction (menaces, arrestations, interdits de paraître, intimidations de toute sorte). Ce qui fait la force de la presse catholique, c’est son engagement au service de l’information vraie,

sans complaisance, ainsi que sa volonté de diffuser avec objectivité des nouvelles qui sont souvent passées sous silence par les médias officiels ou appartenant à des lobbies qui ont d’autres intérêts. Il ressort des résolutions

du Synode pour l’Afrique que les Églises du continent ont pris conscience de façon aiguë de l’importance des médias, comme instruments d’apostolat et comme moyens d’éveiller des consciences face aux problèmes du continent.  Aux responsables des Églises locales, maintenant, de lier à leurs déclarations, des projets concrets, comme priorité. La création dans certains diocèses de nouveaux journaux et de statuts de radio constitue un réel motif d’espoir pour l’avenir.

Louis Kalonji Kalantanda

 

 

Que manque-t-il à nos médias?