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Au-delà du cap Après avoir doublé le Cap de Bonne-EspéRance (22 novembre 1497), Vasco de Gama arrive, en mai 1598 à Calicut, le plus grand port marchand de la côte ouest de l’Inde. Vasco est conscient de la prouesse navale qu’il vient d’accomplir. Mais ses bateaux sont dans un état lamentable et il n’a rien à offrir au roi de Calicut, si ce n’est qu’un peu de miel et des pots de chambre. Il est à la fois stupéfait de la puissance et de la richesse de l’Inde et humilié à mort parce qu’il s’aperçoit qu’on le prend pour un voleur et un espion.
Edit de Nantes C’était il y a 400 ans. Le 13 avril 1598, après 36 ans de luttes civiles, le roi de France Henri IV promulgua l’Edit de Nantes. Une loi qui imposait la paix entre les protestants et les catholiques. Une paix encore fragile, mais qui faisait voler en éclats l’adage « une foi, une loi, un roi ». Son esprit est contenu dans son article 2 : « Nous défendons à tous nos sujets de quelque état et qualité qu’ils soient d’en renouveler la mémoire, s’attaquer, s’injurier ni provoquer l’un l’autre par reproche de ce qui s’est passé, pour quelque cause et prétexte que ce soit, en disputer, contester, quereller ni s’outrager ou s’offenser de fait ou de parole ; mais se contenir et vivre paisiblement ensemble comme frères, amis et concitoyens, sous peine aux contrevenants d’être punis comme infracteurs de paix et perturbateurs du repos public ». Cette paix n’est pas encore l’avènement de la tolérance religieuse. Mais c’est le début.
Chemin de fer À Ndolo dans l’actuelle capitale congolaise, le 16 mars 1898 Mgr Prosper Augouard vissait le dernier boulon de la voie ferrée Matadi-Kinshasa. À sa réalisation avaient travaillé près de 9.000 africains et quelque 200 européens. Très lourd fut le tribut payé : 5.500 travailleurs africains trouvèrent la mort et 140 européens. e chemin de fer libéra des centaines de milliers de congolais de la corvée de portage sur la tête des fardeaux pesant chacun de 30 à 35 kg. Le trajet entre Matadi et l’actuel Kinshasa représentait 20 jours de marche (20 km par jour).
La charte des droits de l’Homme La déclaration universelle des droits de l’homme a été approuvée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948, à Paris au palais de Chaillot, par 48 voix avec 8 abstentions (2 absents, Honduras, Yémen). Les 30 articles du document supposent la dignité et l’égalité de chaque membre de la famille humaine. Nous ne citons que le 1er : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Plusieurs pays musulmans refusèrent de s’associer sans réserves à la Déclaration des droits de l’Homme, n’acceptent pas notamment l’article 18 « Toute personne a droit à la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en publique qu’en privé… ». Même si cette Charte, approuvée il y a 50 ans, n’avait pas la forme d’une convention internationale et si, juridiquement, elle n’a qu’une force morale, son influence n’a cessé de s’accroître. Il y a cependant des gens qui estiment que les principes de la Charte sont en crise. Ils ne seraient qu’une jolie façade. Tous les hommes sont égaux ? Oui, mais pour l’instant ce n’est qu’une égalité apparente, profitant d’abord aux puissants. Oui, l’humanité est la même, mais il y a des groupes religieux qui refusent toute autre référence que celle de leur Dieu. Oui, la liberté des individus est sacrée, cependant notre siècle n’a pas empêché les plus grands génocides de l’histoire. Oui, toute personne a droit à un niveau de vie suffisant, cependant la plupart des êtres humains sont menacés par la misère. Les richesses augmentent, mais le fossé entre pauvres et nantis se creuse… Néanmoins, la Charte des Droits de l’Homme reste une référence fondamentale pour tous ceux qui ont à cœur de promouvoir la liberté, la justice, la paix. Le Directeur général de l’UNESCO, Federicco Mayor, a lancé un appel à tous les gouvernements du monde : « En cette année qui est celle du 50è anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, aucun acte ne saurait être plus approprié qu’une amnistie mondiale des prisonniers politiques et d’opinion. Seul un geste aussi exceptionnel, impliquant tous les gouvernements, ferait de nous les dignes successeurs des signataires de la Déclaration de 1948.
Burundi : l’Eglise catholique a 100 ans La communauté catholique burundaise célèbre cette année le premier centenaire de son existence. Après le massacre par les bandes esclavagistes de 3 missionnaires à Rumonge (1881), un groupe de missionnaires Pères Blancs s’installent à Bujumbura. Mais le 1er février 1898, après maintes difficultés, ils se voient forcés d’abandonner. Quelques mois plus tard ils ouvrent une résidence à Muyaga. Pendant les sept mois suivants la mission sera brûlée deux fois ; malgré cela, l’œuvre d’éVangélisation peut finalement démarrer.
La Terre Promise Le 4 avril 1968, Martin Luther King Jr. Tombait sous les balles d’un assassin alors qu’il parlait à son groupe d’amis sur le balcon du motel de Memphis où il était descendu. « Prix Nobel de la paix 1964 », choisi comme « homme de l’année (1964) » par l’hebdomadaire américaine time, Luther King pendant plus de dix ans a incarné la lutte du peuple noir américain pour ses droits civiques. Montgomery, Albany, Birmingham, Selma, Chicago, Memphis : autant de campagnes non violentes menées pour l’avènement d’une communauté fondée sur la reconnaissance mutuelle et l’éradication de la pauvreté et du racisme. À qui l’accusait de poursuivre une utopie, il répondait : « La non-violence active ce n’est pas un méthode pour les lâches mais pour les forts. Elle ne cherche pas à humilier l’adversaire, mais à gagner son amitié et sa compréhension, convaincre et non vaincre. Le but est toujours la réconciliation ». Il a désigné lui-même la source de son engagement : la foi chrétienne. « Je suis beaucoup de choses pour beaucoup de gens : dirigeant du mouvement des droits civiques, agitateur, fauteur de troubles et orateur; mais dans le silence de mon cœur, je suis fondamentalement u pasteur, un prédicateur baptiste. L’Église est ma vie et j’ai donné ma vie à l’Église ». Parmi les drames de cet apôtre de la fraternité : celui d’être discuté, voire repoussé, répudié par ses frères de race. « Ça a été dur, très dur… Je n’ai jamais vu des gens aussi apathiques. Rien ne les intéresse ». Son dernier sermon, la veille de son assassinat : « Ce qui va m’arriver maintenant n’importe guère. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais je m’inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. Mais je ne m’en soucie guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite. Il m’a permis d’atteindre le sommet de la montagne. Et j’ai regardé autour de moi. et j’ai vu la Terre Promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre Promise. Ainsi je suis heureux ce soir. Je ne m’inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur ».
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Je suis heureux, ce soir |