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Pour la première fois dans l’histoire, les Églises catholiques d’Asie se sont retrouvées à Rome.

Thème de la rencontre : « Jésus-Christ, le Sauveur, et sa mission d’amour et de service en Asie ».

 

Un continent, l’Asie, qui bat pas mal de records. Les trois-quarts de la population mondiale se trouvent en Asie : trois milliards et demi d’habitants. L’Asie abrite les grandes religions du monde telles que l’hindouisme, le bouddhisme, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Elle st aussi le berceau d’autres traditions religieuses telles que le taoïsme, le confucianisme, le zoroastrisme, le jaïnisme, le sikhisme, le shintoïsme, etc. C’est dans ce contexte religieux que les chrétiens asiatiques – 145 millions – vivent et doivent témoigner leur foi.

 

« Cela explique »

Les évêques ont examiné les défis lancés au christianisme par un continent toujours plus moderne et sûr

de lui-même, mais qui abrite aussi les trois quarts des pauvres du monde. « L’Église en Asie jette un regard

sur plus de deux mille ans de son histoire en terre asiatique. Dans la partie occidentale du continent asiatique, l’Église et le témoignage de ses membres existent depuis presque 2000 ans. De nombreuses traditions retiennent que c’est de cette partie de l’Asie que divers apôtres sont partis, au commencement du christianisme pour évangéliser les autres parties de ce continent. Il existe en Chine des indices qui portent le témoignage de la présence, dès le VIIè siècle, de communautés chrétiennes. Pour d’autres parties l’évangélisation est beaucoup plus récente » (Instrumentum laboris). Les interventions des évêques ont été environ 160. Le thème de l’inculturation a eu, sans doute, la place plus importante. L’approche chrétienne et occidentale à l’égard des autres religions et cultures d’Asie, à l’exception de quelques grands missionnaires, a souvent manqué d’une appréciation complète. Cela explique aussi le fait que parfois la foi chrétienne est perçue comme quelque chose qu’a été importé en Asie de l’extérieur.

 

Dynamisme et ouverture

Plusieurs évêques, japonais en tête, ont souligné que le christianisme a encore un visage trop « occidental ». Sauf les Philippines, avec 85 millions de catholiques, les communautés chrétiennes asiatiques sont minoritaires. Elles font cependant preuve de dynamisme et ouverture.

 

Plusieurs milliers de prêtres, de religieux, et de laïcs travaillent comme missionnaires hors de leur pays, en Asie et ailleurs. « Il y a 400 ans, a déclaré le card. J. Sin, archevêque de Manila, les missionnaires européens nous ont apporté la foi. Aujourd’hui, nos missionnaires et ceux des nôtres qui émigrent pour des raisons de travail restituent cette même foi à l’Europe et aux quatre parties du monde ».

Tout le monde a déploré l’absence des représentants des Églises de la Chine et de la Corée du Nord. Soumise aux contrôles du Parti communiste qui ne tolère pas l’existence d’une Église fidèle à Rome, considérée clandestine, l’Église ‘patriotique’ a ignoré ce rendez-vous continental. Aux deux évêques invités par le Pape, les autorités chinoises ont refusé le passeport. L’attitude de Pékin vis-à-vis de l’Église catholique, reste d’ailleurs une énigme. Les pratiques religieuses sont acceptées et non acceptées ; on constate qu’il y a des religions mieux acceptées que d’autres. On ridiculise en publique les pratiques magiques mais on y fait recours en privé. La plus persécutée c’est la Légion de Marie, déclarée « Organisation religieuse réactionnaire ».

Au Synode, on a parlé aussi des difficultés connues par les communautés chrétiennes du Vietnam. Au nombre de 10 millions sur une population totale de 78 millions d’âmes, les catholiques vietnamiens, selon les témoignages de leurs évêques, ne reçoivent plus aucune éducation religieuse depuis des années. Beaucoup ont peur d’être chrétiens ou il sen ont honte, ce qui est pire.

 

La nomination récente de trois évêques vient de marquer une détente entre le Saint-Siège et les autorités du pays. Celles-ci se réservaient le droit d’opposer leur veto aux nominations proposées par le Saint-Siège. Le conflit dure depuis 1975, année de l’arrivée au pouvoir des communistes au Sud, suite à la nomination par Rome de Mgr Nguyên Van Thuân comme archevêque coadjuteur de Saigon. Autre signe de détente. Le 19 mars dernier le premier ministre, M. Nguyen Tan Dung, a déclaré : « La religion aide à résoudre les problèmes sociaux. L’intolérance religieuse peut augmenter les distances entre le Parti, le Gouvernement et les citoyens ».

 

La cathédrale dans la rizière

De nombreuses interventions ont remarqué que les Églises asiatiques sont « petites », « minuscules », « minoritaires ». En résumant la situation de l’Église en Cambodge, vouée à la destruction par Pol Pot, le vicaire apostolique de Phnom Penh, Mgr Yves Ranmousse, a dit : « Dans le dénuement total, les fidèles ont appris peu à peu que l’Église, ce sont eux ; ce sont eux la cathédrale dans la rizière ! ».

Parmi les vœux exprimés par le Synode, on pourrait retenir celui de l’évêque de Padang (Indonésie),

Mgr M. Dogma Situmorang : « On a besoin d’un élan missionnaire qui entraîne les laïcs. Ce sont eux les représentants les plus acceptables et les plus crédibles en Asie, pour le présent et pour l’avenir ».

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Aux quatre parties du monde