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Femme : une demande de sens. Interview à Mme Rachel Nyunga. Enseignante, syndicaliste, mère de famille, elle est fort engagée pour la promotion féminine.

 

· Comment êtes-vous arrivée à cet engagement pour la promotion de la femme ?

Je suis la cadette de trois frères. Dans ma famille, on nous apprenait à travailler et à être indépendants. C’est aussi la signification de mon nom NYUNGA : il ne faut pas compter sur es autres, et aussi, bouger, travailler. La catéchèse que j’ai fréquentée à la paroisse a confirmé en moi ce que j’apprenais à la maison. Je m’efforçais d’écouter et de suivre ce qu’on me disait à propos du courage d’annoncer la vérité.

J’ai aimé beaucoup ça, car je n’avais pas peur de dire la vérité. J’étais aussi membre de la J.O.C. et la formation reçue dans ce groupe m’a aidé à devenir une femme sans complexe, consciente de ma dignité.

 

· Quelles activités organisez-vous en vue de la promotion de la femme ?

J’ai déjà organisé beaucoup de rencontres. Parfois ce sont des réunions autour d’un thème ou d’un problème, parfois ce sont des rencontres spontanées. Quand je sais qu’une femme a des problèmes,

je me rends chez elle. Puis on commence à parler de tout et de rien, jusqu’à ce que j’essaie de l’aider

à reprendre confiance. Je m’engage aussi pour aider des jeunes foyers. Sur quoi mettez-vous l’accent?

Surtout sur la prise en charge. Que la femme ne pense pas que ce soit seulement l’homme qui doit tout faire. La femme doit elle aussi participer à l’organisation et au développement de son foyer. Même les enfants doivent participer et devenir indépendants, prendre leurs responsabilités. Je peux dire que, avec mes filles, j’essaie de les rendre libres, indépendantes. Elles ne doivent pas être totalement dépendantes de moi. Même celles qui sont mariées doivent savoir qu’elles ont une personnalité à défendre, qu’elles doivent s’affirmer et gagner leur place.

 

· Quelles sont les réactions des femmes ? Et comment réagissent les hommes, les maris ?

On me dit, par exemple, que je suis une femme têtue. Même les femmes me disent ça. Certains maris critiquent surtout ma façon de parler de la dignité et des droits des femmes. J’ai même risqué d’être tapée par le mari d’une amie. Mais, finalement, il est arriver à me supporter.

 

· Que pensez-vous du rôle de la femme dans l’Église ?

Je pense que depuis le début de l’Église, les femmes ont été beaucoup plus engagées que les hommes. Cependant, là où l’on décide de l’organisation, elles n’ont pas de place. Même les religieuses, encore moins nous autres, les laïques. Si on nous invite c’est seulement pour préparer quelque chose.

Nous ne demandons pas de célébrer l’eucharistie, ce que nous voulons c’est de participer consciencieusement à l’organisation de notre Église. Les femmes cherchent l’égalité dans la prise des décisions, dans l’organisation, même au foyer. Pourquoi l’homme quand il vient à la maison avec argent,

il ne met pas ça sur la table et invite sa femme à organiser ensemble leur foyer ?

 

· Pourquoi les femmes sont si rares dans la politique ?

Puisqu’on sait que la femme essaie de vivre sa vie d’une façon modérée, la femme est pratique et consciente. Peut-être c’est à cause de cela qu’on ne veut pas qu’il y ait des femmes sur la scène publique. Et pourtant Dieu n’a pas créé les hommes et les femme complètement autosuffisants. Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous pourrons trouver des solutions aux problèmes.

 

· En tant que syndicaliste des enseignants, que pensez-vous de la situation actuelle ?

J’ai visité tout récemment trois écoles : les enseignants, impayés, étaient là pour la présence, pour ne pas être abandonnés. Les parents, d’ailleurs, ne sont plus capables de les soutenir. Les ¾ des élèves étaient restés… à la maison. Pas de matériel didactique : on dirait que l’enseignement est théorique chez nous! Le gouvernement est appelé à s’occuper de l’enseignement qui a connu une complète désorganisation depuis 3 ou quatre décennies.

 

· Que diriez-vous à un jeune qui voudrait s’engager dans l’enseignement ?

Personnellement, je suis convaincue de la bonté de ce métier et pour cela j’encouragerais les jeunes à s’engager dans l’enseignement, même s’il n’y a pas d’avenir.

 

Betty C.I.

 

Attrapée!

C’était l’autre jour, dans le grand magasin LA VITESSE, un endroit très fréquenté, à côté de la cathédrale protestante. Devant le secteur Produits de Beauté plusieurs dames et jeunes filles, comme d’habitude. Brusquement, un cri s’élève : « La blanche a volé ! ». Séduite par un flacon de parfum coûteux, une dame s’en est emparée furtivement. Le magasin n’est pas doté d’un circuit interne de télévision, mais la jeune vendeuse svelte en tablier vert a tout vu et poussé le cri d’alarme. La nouvelle sème pendant quelques instants le désordre dans les rangs de l’établissement commercial et parmi les clients. Mais le calme revient aussitôt, tandis que les gens chuchotent : « Jamais vu de ma vie… C’est pas possible…

Elle s’y est laissé attraper… ». Une vendeuse explique : « Les blancs volent. Ici nous prenons beaucoup de blancs en train de voler. Ils croient que parce qu’ils sont blancs on n’a pas l’œil sur eux et qu’ils peuvent voler comme ça… mais nous l’avons attrapée ! Oui, les blancs volent ! ».

Une copine ajoute : « Ne t’en fais pas, c’est une blanche, elle paiera et sortira sans problèmes ».

La remarque semble gâter l’effet heureux de la découverte et la vie reprend. L’affaire a déjà retenti à l’extérieur et attirée une grande foule. On veut voir la dame. « On ne te la montrera pas », dit quelqu’un. L’attente se prolonge. On n’aura pas la joie de voir la fin de l’histoire. Le vieillard paralytique qui avec une grosse boîte de conserve mendie quelque sous auprès le clients du supermarchés, commente :

« Avant, on ne voyait pas des choses pareilles. Chez nous on raconte comme ça : dans le temps,

nous ne connaissions pas la clé et l’antivol. Le blanc est venu et a inventé la clé et l’antivol…

Mon grand-père disait : le voleur est celui qu’on attrape. Dieu est grand ! ».

 

Afrique du Sud

Une femme est violée toutes les 25 secondes et 10.000 cas de mauvais traitements sur enfants ont été déclarés durant un trimestre. Nelson Mandela a exprimé le souhait que "le temps viendra bientôt où aucun Sud-Africain ne se conduira envers les femmes comme une bête envers sa proie.

 

Nigeria

Parmi les deux millions de personnes qui assistaient à la Messe célébrée par le Pape à l'aéroport de Oba (Onitsha) le 22 mars, était présente aussi Philomina Emeka. Nigériane, malade d'un cancer en phase terminale, elle avait recouvré la santé après avoir touché le cercueil du Bienheureux lwene Tansi.

 

 Christina Anyanwu, une journaliste nigériane emprisonnée depuis bientôt trois ans, a été désignée lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse Unesco/Guillermo Cano, 1998.

Mme Anyanwu est la directrice et rédactrice en chef du Sunday Magazine, publié à Lagos.

Elle a été arrêtée et incarcérée le 1er mars 1995, après la publication d'un article sur une tentative

de coup d'État contre la junte nigériane.

 

Algérie

À la question: « Pourquoi au plus fort du chaos, de plus en plus de femmes écrivent'? »,

Latifa Ben Mansour, algérienne, auteur du roman La Prière de la peur (1997), a répondu:

« Il y a chez les femmes un respect inné de la vie. Celles qui malgré les menaces continuent d'écrire,

le font parce que la vie est en danger et parce que la part de cette humanité qui existe en chacun d'entre nous est véritablement menacée ».

 

Sainte

Edith Stein, la philosophe juive allemande, convertie à 31 ans et devenue carmélite, disparue

à Auschwitz en 1942, sera bientôt canonisée. Le décret préalable à la célébration a été publié 16 février.

 

Afrique du Sud

Le 21 avril, trois mille personnes ont rendu un dernier hommage à la petite Angelina Zwane, bébé noir de six mois, abattu le 11 avril par un fermier blanc parce que, sur le dos de sa cousine, elle se trouvait sur son domaine. Angelina est morte à l'hôpital, tuée d'une balle dans la tête. Dans un climat traduisant la renaissance des tensions raciales en Afrique du Sud, la tragédie a pris l'ampleur d'une affaire nationale. Les représentants de la plupart des partis politiques assistaient à la cérémonie dans la banlieue de Johannesburg. Nicolas Steyn, 43 ans, le fermier blanc qui employait ses parents comme ouvriers agricoles, a été inculpé pour "meurtre et tentative de meurtre" et placé en détention préventive.

 

Sénégal

Arracher les chaînes du cou des femmes est devenu depuis quelque temps déjà une pratique courante dans les rues de Dakar, si courante que certaines femmes troquent leurs parures en or contre de la pacotille, ou renoncent simplement d'en porter. Les plus sadiques d'entre les agresseurs choisissent de balafrer à la lame les cous nus de ces dames, avec cette antienne à l'endroit de leurs victimes: "Dites à vos maris de vous acheter des bijoux!" ou "Arborez donc vos parures, ne laissez pas vos cous nus!".

 

Même s’il n’y a pas d’avenir