logo afriquespoirAe 35Zone de Texte: Home page  - Qui est Afriquespoir - Comment avoir Afriquespoir 
Zone de Texte:   Numéros on line

Né à Afagnan (sud-est du Togo) d'une famille chrétienne, prêtre en 1983,

P. Timothée Hounake travaille comme missionnaire au Malawi.

Nous l'avons rencontré.

 

· Tu viens de passer trois ans au Malawi. De ton expérience, qu'est-ce que tu apprécies davantage?

J'ai rencontré des gens très accueillants et sympathiques, avec lesquels j'ai pu partager ma foi. Naturellement, les difficultés n'ont pas manqué. La première a été celle de la langue. Je venais

pour la première fois dans un pays anglophone. Il fallait donc tout d'abord me mettre à l'école

de l'anglais, langue à laquelle je n'avais pas donné d'importance dans mes études secondaires.

Après, j'ai dû me battre avec la langue locale, le chichewa. Dieu merci, à la fin de la première année,

cette difficulté était pratiquement surmontée.

 

· Il faut passer par là, d'ailleurs. On pourrait appeler ça la première étape de l'inculturation...

Oui, on entre  après dans la phase plus s directement liée au servi. Ce missionnaire.

On s’aperçoit immédiatement que le travail d'évangélisation - n'est jamais séparé de la promotion humaine. En effet il est plus qu'urgent de faire découvrir au pauvre sa dignité et sa capacité d'innovation. Pour y parvenir il faut lutter contre un certain esprit d'assistentialisme et de "paternalisme". Beaucoup de nos chrétiens sont habitués à recevoir, ce n'était donc pas facile de leur faire comprendre et accepter qu'ils ont à se prendre en charge, à s'entraider et s'occuper de leurs pasteurs avec leurs ressources, bien sûr très limitées.

 

· Et le fait d'être missionnaire africain en terre d'Afrique?

J'ai eu une grande facilité à entrer en contact avec les gens, étant donné la proximité culturelle

(manière d'accueillir les gens, les habitudes culinaires, etc.). J'ai I'impression que l'univers religieux des Lomwe (groupe ethnique de la paroisse où je travaille) est très proche du mien. Les esprits des morts gouvernent le monde des vivants. D'un côté les esprits "bons", ceux qui sont reçus dans le monde des ancêtres. C'est à eux que les vivants s'adressent dans leurs nécessités, surtout quand

la pluie manque. De l'autre côté les "mauvais", ceux des individus qui ont mené une mauvaise vie dans ce monde et qui n'ont pas été accueillis dans le monde des ancêtres. H faut se protéger de leur influence pernicieuse, d'où le recours au sing’anga, herboriste et vin, qu'on estime capable d'enlever les mauvais esprits.

 

· Les chrétiens, comment se placent-ils vis-à-vis de cette réalité?

S’il m'a été facile de comprendre cet univers, il te cependant un grand défi: comment trouver la meilleure voie de présence Christ à cette cule? Le chrétien qui a ouvert Jésus ressuscité plus besoin d'avoir recours à d'autres choses.

 

· Quelles sont, d'après toi, les différences plus frappantes entre l'Église qui est au Malawi et celle du Togo ?

Togo, nous avons des paroisses avec différents groupes de piété (les congrégations) tels que Légion

de Marie, Saint Anne, Sacré-Coeur, Sainte a, etc. Ils se retrouvent tout pour prier ensemble.

Les Évêques du Mai en 1973 ont fait l’option pour les petites communautés ecclésiales

(small christian communities). On a donc des paroisses composées de petites communautés de chrétiens qui vivent dans le voisinage. Souvent ce sont des gens du même quartier, des gens qui se connaissent bien, qui se rencontrent pour partager la Parole de Dieu, leurs problèmes de vie et cherchent ensemble des solutions. C’est très édifiant de voir comment ces petites communautés s’organisent quand un des leurs est frappé par la maladie ou le deuil. J’ai l’impression que l’Église au Malawi est un peu plus engagé dans le processus d’inculturation,

qui est cependant long et complexe, que l’Église du Togo.

 

· Et pour ce qui concerne la présence de l’Église dans le social ?

Les Évêques du Malawi en 1992 dans une lettre pastorale qui appelait à l’édification d’une société où règne plus de liberté et une juste répartition des biens. Cette lettre a fait l’effet d’une bombe!

Elle fut bannie par le pouvoir politique de ce temps-là et les Évêques dûment entrer pour un moment dans la clandestinité. Elle a été vraiment la voix des sans-voix et a largement contribué à l’avènement d’une société plus démocratique. C’est, au fond, la vocation de l’Église, qui n’a pas à s’occuper seulement du monde à venir. Le Royaume à venir a déjà commencé ici bas et l’Église est appelé à favoriser tout ce qui contribue à sa croissance.

 

· Comment vois-tu d’ici, notre Église au Togo ?

Je crois qu’elle fait preuve d’une grande ouverture missionnaire. Même si elle est petite, le nombre croissant de prêtres, religieux et religieuses autochtones envoyés à d’autres églises (67) sont le signe de son ouverture à l’universalité de l’Église du Togo s’enrichit des expériences ecclésiales. Ceci contribuera à faire de nouveaux progrès dans la recherche théologique, dans la manière de célébrer notre foi, dans la liturgie et dans la structure même de l’Église.

P. Elio B.

Pour y parvenir