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Originaire d’Érythrée, Sr. Libanos Ayele est missionnaire combonienne depuis 20 ans. Membre de la Direction Générale de sa congrégation, elle habite à Rome.
Être missionnaire dans la ville qui représente un peu le cœur même de la chrétienté. Dans quel sens ? Au missionnaire, Rome offre beaucoup d’opportunités. Avec d’autres institutions religieuses on peut travailler pour rendre à la mission et aux missionnaires un service mieux qualifié. On prend ensemble des initiatives en faveur de la paix, de la justice, des droits de l’homme. Rome est un bon point d’observation de ce qui se passe ailleurs. La ville a aussi des problèmes qui interpellent le missionnaire : la présence d’émigrés éon les appelle [extra-communautaires], le dialogue avec des gens d’autres religions, les malades de Sida, les milliers de prostituées qui arrivent de tous les continents – comprise l’Afrique, en particulier nigérianes et ghanéennes – victimes d’organisations mafieuses.
Est-ce que votre idée de mission a changé ? Ici, je suis en train de découvrir que l’évangile doit être annoncé aussi aux nantis. Si on se résigne à ne plus créer de communautés dans les groupes de nantis, on se rend à l’idée que Dieu n’a plus d’histoire à écrire avec eux.
D’après votre expérience, comment devrait-être la mission ? Je suis convaincue que l’évangélisation ne peut pas méconnaître la réalité et la valeur des traditions culturelles et religieuses des peuples. La missionnaire que le monde attend doit être une personne capable d’éCouter et de dialoguer. Et cela pour éviter le risque que l’éVangile ne reste à la surface ou ne semble un produit importé.
Y a-t-il des choses plus urgentes que d’autres ? Je vois d’abord la concentration des populations dans les villes. C’est dans les centres urbains qu’on bâtit le futur et où se joue l’avenir de notre société. C’est là où le tiers de notre société se trouvera d’ici à quinze ans. Et puis ce qu’on appelle la « globalisation », accompagnée d’un libéralisme économique qui crée des sociétés injustes et inégales, avec une majorité grandissante de démunis. |
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