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Une arme moderne |
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La liste d’églises et communautés religieuses cible de violences ne fait que s’allonger.
Au Nigeria, les attaques aux paroisses et aux maisons religieuses sont devenues une réalité presque quotidienne. Dans le seul diocèse de Onisha 22 paroisses, centres sociaux, séminaires et noviciats ont été attaqués récemment : deux évêques blessés, deux prêtres tués. Dix paroisses ont été attaquées dans le diocèse de Kaduna. L’archevêque, Peter Jatau, a demandé aux chrétiens de s’occuper de la protection de leurs prêtres et des biens des paroisses. Au Cameroun. D’une violence sans précédents a été l’attaque à la paroisse de st Paul, Nylon, menée par une centaine de jeunes recrutes de l’armée. Résultats : des dizaines de personnes blessées, trois filles violées, les bâtiments saccagés et de grands dégâts matériels. L’Église du Congo Brazzaville a fait le bilan des dégâts provoqués : « Sans nombre les maisons, les écoles et les églises détruites ». Le monastère Sainte-Marie de Bouenza a été ‘visité’ deux fois et complètement saccagé par une cinquantaine de jeunes, tous armés de Kalachnikov. Contraint d’abandonner son diocèse, Mgr Bernard Nzayi, évêque de Nkayi, a expliqué : « Dans mon diocèse il y a une violence perpétrée par des hommes en armes. Partout, les structures de l’Église ont été saccagées, pillées ou détruites. Les religieux et religieuses ont été victimes d’exactions diverses ». en Centrafrique, «Les agressions contre l’Église se multiplient – dénonce DIA – Des dizaines de communautés religieuses ont été pillées. Plusieurs religieuses ont été violées. Les malfaiteurs n’ont pas été arrêtés». En Sierra Leone, de nombreux établissements religieux ne restent que les murs : tout a été pillé ou détruit.
«De méthodes d’intimidation» Le mois de juin les journaux de la capitale de la RDC, on fait écho au message du cardinal Frédéric Etsou : « Plusieurs communautés sacerdotales et religieuses sont visitées par des bandits armés… Il ne se passe plus une semaine sans qu’on nous annonce le vol de véhicules appartenant aux communautés sacerdotales et religieuses ou aux institutions ecclésiales ». Le 7 juin les bandits ont même tué un frère de 29 ans du couvent des Grands Carmes. La RDC a une expérience peu enviable à ce propos. En 1996-1997 des centaines de paroisses, maisons religieuses, écoles, centres sanitaires ont été mises à sac de fond en comble. On pourrait appliquer à des dizaines de diocèses ce qu’écrivait l’année passée l’évêque de Doruma-Dungu : « Sur les dix paroisses que compte le diocèse, huit ont été pillées surtout par des éléments des FAZ (Forces Armées Zaïroises) en déroute.
À la fin d’une lettre adressée par le Bureau de Justice et Paix CICM-Kasayi à l’autorité provinciale (8/10/97), les signataires amorçaient l’explication suivante : « Aujourd’hui, posséder un véhicule est un objet de convoitise. Violer les filles et les femmes est une arme moderne de ces dernières années, éprouvée pour anéantir et dominer un peuple. Forcer les maisons religieuses, menacer de violer les soeurs, demander des explications aux prêtres et religieux sont toutes des méthodes d’intimidation et domination contre ceux et celles qui, par leur vocation, peuvent encore lever la voix pour construire une vie juste et digne ». Ae |