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Nous ne savions pas! |
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Un jour, pendant son deuxième voyage apostolique, Paul arriva à la grande ville d’Éphèse, en Asie Mineure. Il y trouva quelques disciples et leur demanda : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint quand vous avez embrassé la foi ? » Les disciples tombèrent des nues : « Mais nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint ! » (Act. 19). J’ai l’impression que la même réponse serait donnée par beaucoup de chrétiens d’aujourd’hui. Oui, il semble que de tout ce qui concerne l’Esprit Saint on sait très peu. Ou, comme on a dit quelque part, il est le « divin méconnu ». Sa voix est d’ailleurs tellement discrète que souvent on s’excuse de ne pas l’entendre. C’est dommage, car l’Esprit Saint est le centre de la vie de l’Église. En ignorant sa présence et son activité on risque de ne rien comprendre de la famille des croyants qui est l’Église. « Sans l’Esprit Saint, Dieu est loin, le Christ un événement du passé, l’éVangile une lettre morte, l’Église une simple organisation, l’autorité une tyrannie, la mission une propagande, la liturgie un simple souvenir, et la vie chrétienne une morale d’esclaves », a écrit Ignace IV Hazim, patriarche d’Antioche.
Décrire le rôle de l’Esprit Saint signifierait évoquer toute l’histoire. Déjà active au début de la création, l’Esprit Saint est le protagoniste principal de l’histoire du salut. Il a eu un rôle de premier plan dans l’incarnation du Verbe dans le sein de la vierge Marie. Il a guidé Jésus dans son activité jusqu’à sa mort et sa résurrection. L’Esprit Saint a été communiqué à l’Église et aux chrétiens le soir de Pâques et le matin de la Pentecôte. La Bible nous dit qu’il est comme une force mystérieuse, une lumière incandescente, une énergie, un vent qui tout meut et dirige.
Pour mieux saisir les sens de ces mots nous pourrions imaginer la vie de chacun de nous comme la traversée, sur un navire, d’un océan, vers un port tranquille. L’océan, c’est la création. Le port que nous devons rejoindre, Dieu le Père. Le navire, Jésus-Christ et son Église. Le vent, l’Esprit Saint. Ce n’est que le vent capable de nous permettre d’arriver au but, Dieu le Père. Sans l’impulsion de l’Esprit, le navire ne bougerait guère. Ave lui, nous arriverons au port. L’Esprit Saint a joué un rôle fondamental dans l’Église primitive. C’est grâce à son impulsion que les apôtres se sont finalement décidés à sortir de leur petit monde. Ils étaient bloqués par la peur. Il a poussé Pierre et toute l’Église à s’ouvrir aux païens ; il a envoyé Paul pour qu’il soit l’apôtre des nations ; inspiré courage et sagesse a Etienne pour qu’il annonce Jésus comme le Christ et Seigneur. C’est pour cela que le Concile Vatican II a dit que « l’Esprit Saint est l’agent principal de l’évangélisation ».
C’est lui qui peut fortifier nos communautés encore jeunes ou apeurées, indécises et timides. Qu’il souffle, donc, et qu’il nous pousse au large, loin de nos sécurités. Qu’il nous donne la sainte audace et le courage de risquer comme la communauté de Jérusalem, comme Pierre, Paul, François-Xavier et tant d’autres. M. Fidelino G.J. |