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Les pages du Spécial de ce numéro d’Afriquespoir parlent de la mission. Un mot qui peut susciter des réactions différentes ou même nous laisser indifférents. On pourrait résumer tout ce qu’on y dit en les mots suivants : on peut faire mission à Cuba, au Rwanda, au Pakistan ou chez soi. On peut être missionnaire en prêchant l’évangile, en assistant les enfants malades de Sida et refusés par tout le monde, en bâtissant des habitations saines, en réconciliant des adversaires, en travaillant pour la paix, en rappelant à ceux qui souffrent que Dieu est Père, etc. Est missionnaire celui qui loin de se déclarer vaincu par le mal, fait de son mieux pour que le monde change. Dans le message destiné à préparer la Journée Mondiale des Missions (18 octobre), le Pape dit que celle-ci est avant tout une manière de voir le monde dans lequel nous vivons. Et afin que nous puissions conduire à bon terme l’opération, il nous offre des verres correcteurs. Nous sommes submergés, 24 heures sur 24, par des longues énumérations de plaintes : des pays qui n’ayant pas des choses plus importantes à faire, s’entre-détruisent ; des populations menacées par la famine; des gouvernements qui abusent de leur pouvoir ; des pauvres toujours plus nombreux. Les experts y ajoutent que nous entrons dans un monde où il y aura de nouveaux conflits, des conflits d’une nouvelle sorte qu’on n’aura pas les moyens de contrôler.
Il semble, en définitive, que les choses se produisent de manière tellement bizarre que la seule conclusion intelligente serait : «Je n’y peux rien». Or, continue le Pape, ce que proclament les défaitistes et les mélancoliques n’est pas vrai. « Si nous considérons l’histoire des deux derniers siècles – dit le message – nous nous rendons compte combien se sont accrus chez les peuples la conscience de la valeur de la personne humaine, des droits de l’homme et de la femme, l’aspiration universelle à la paix, le désir de dépasser les frontières et les divisions raciales, la tendance à la rencontre entre peuples et cultures, la tolérance à l’égard de ceux qui sont considérés comme différents, l’engagement dans des actions de solidarité et de volontariat, le refus de l’autoritarisme politique avec la consolidation de la démocratie, et l’aspiration à une justice internationale plus équitable dans le domaine économique. Nous ne pouvons en conséquence être pessimistes ». Mais tout cela suppose que le baptisés et les gens de bonne volonté acceptent de se jeter dans la mêlée. Au cours de sa récente visite en Autriche, Jean-Paul II a proclamée bienheureux trois religieux. Parmi eux, Sœur Restituta Kafka, une infirmière très populaire pour le secours qu’elle apportait aux exilés et persécutés et qui refusa de retirer les crucifix des chambres des malades comme l’exigeaient les nazis. Arrêtée pour avoir composé des textes satiriques sur Hitler, elle fut condamnée à mort pour haute trahison le 29 octobre 1942 et guillotinée. Quatre mois avant son exécution, la police nazie avait décidé de ne pas rendre son corps à sa communauté de peur d’en faire une martyre. Voilà incarné, dans une femme de notre siècle, l’esprit appelé, en ce temps-là, de « résistance » face à une idéologie destructrice et au combat contre le message de l’Évangile. « L’Église d’aujourd’hui n’a pas besoin de catholiques à mi-temps. Les nouveaux bienheureux n’ont pas été des chrétiens de pure convention, reproduits en série : chacun a été, par son témoignage, un chrétien authentique et unique », a commenté encore le Pape.
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Se jeter dans la mêlée |
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