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Violence

 

Dans les zones du nord Ouganda l'enlèvement de garçons et filles dure depuis dix ans.

Les rebelles de l Armée de la Résistance de Dieu (LRA) attaquent les écoles et les villages, d'où ils emmènent vers le Soudan des captifs, âgés de 13 à 16 ans. Les garçons sont envoyés au front, les filles violées et contraintes au mariage avec les chefs de la rébellion. Grâce à l'action de différentes institutions (gouvernement ougandais, missions catholiques etc.) la réalité est mieux connue qu'avant: les jeunes garçons et filles encore dans les mains des rebelles seraient entre 6.000 et 10.000. Voilà le récit d'une jeune fille qui a pu s'évader et rentrer à la maison.

 

"Je m'appelle Joséphine et me prépare au Bac. Je suis rentrée du Soudan et j'aimerais être un oiseau pour retourner là-bas et voir la mine de mes bourreaux, qui avaient juré qu'un jour ou l'autre ils me tueraient. Je suis arrivée au Soudan après sax mois d'enfer en Ouganda, sèche comme un poisson fumé. On me donna comme deuxième femme à un homme détestable et rempli de présomptions. Je sentais que je le haïssais et je ne perdais jamais une occasion de le lui montrer. Quand il voulait des rapports, je restais rigide comme un cadavre. Comme toutes mes camarades après notre capture, depuis déjà un an, la peur avait bloqué nos cycles. Cela rendait donc impossible une grossesse, chose qui d'ailleurs aurait compliqué davantage ma vie.

Nous attendions le moment favorable pour fuir. Chaque jour quand nous nous rencontrions au puits, nous ne parlions que de cela et nous avons fait plusieurs plans de fuite. Mais quand s'est présenté le moment favorable, il m'était impossible de courir parce qu'un garçon m'avait blessé le pied avec sa houe tandis que nous cultivions les champs.

 

"Mourir ou vivre"

On disait que les "ennemis" auraient visité le camp où nous étions, mais on ne savait pas qui ils étaient-ils: Soudanais? Ougandais? Zandés? Tous nous avons abandonné le lieu où nous étions. Seulement un groupe d'hommes armés est resté pour combattre. Je me suis cachée avec eux derrière une barricade. Mourir ou vivre ne comptait plus pour moi. Il y a eu des tirs, j'ai vu des hommes tombés morts près de moi, puis le silence profond. Pendant deux jours je n'ai pas bougé de ma cachette. Je n'ai rien mangé. Le troisième jour, je suis sortie. Au début je n'ai vu personne, puis j'al vu des soldats sans pouvoir distinguer à quelle armée ils appartenaient. Je me suis cachée dans une maisonnette abandonnée, mais un soldat m'a poursuivi. "J'ai trouvé une jeune fille", a-t-il crié avec l’air victorieux. Il m'a couverte avec un manteau vert avant de m'amener devant le commandant. Ils m'ont interrogé et j'ai répondu que j'étais une des étudiantes enlevées à Aboke et que j'appartenais à l'ethnie Karamojong. Alors les militaires appartenant à mon ethnie ont éclaté de joie et ils m'ont embrassé. Les Karamojong m'ont demandé des nouvelles d'Agathe, l'autre jeune fille de notre ethnie qui a été enlevée comme moi. Malheureusement je n'avais pas de nouvelles, je ne l'avais jamais vue. Un avion m'a amené en Ouganda. Ma mère était là et m'attendait. Nous nous sommes regardées longuement en silence, en laissant parler nos coeurs. Puis comme un fleuve, les paroles karimojong sortaient de notre bouche et se mélangeaient avec nos larmes. C'était la joie de ma mère de pouvoir parler avec sa fille unique, qui était perdue

et maintenant a été retrouvée. J'ai appris ce jour-là, que ma mère, depuis le jour de mon enlèvement, avait jeûné et prié chaque jour afin que je puisse retourner en vie. Le miracle s'est réalisé et ensemble nous avons remercié Dieu pour sa miséricorde".

 

Sénégal

Les évêques du Sénégal, dans une lettre pastorale intitulée " Condition et rôle de la femme dans notre société: les employées de maison " attirent l'attention de tous sur un problème important de la société sénégalaise: la condition des travailleuses domestiques. Au Sénégal, le métier domestique occupe plus de 88.000 filles et jeunes femmes. Leur niveau de formation est au-dessous de la moyenne: alors que la moyenne nationale sénégalaise de scolarisation des filles est estimée à 46%, seulement 28,6% d'entre elles, chez les moins de 15 ans, ont été scolarisées, et dans ce groupe, 3,6% ont fréquenté le premier cycle du secondaire. Plus grave encore, selon une enquête récente, les employées de maison arrivent de plus en plus jeunes en ville. Dans la tranche d'âge de moins de 15 ans, 86% ont entre 12 et 13 ans. Ce sont donc des enfants, avec tous les risques qu'une telle situation comporte. Afin de promouvoir leur dignité et leurs droits, les évêques font de propositions concrètes aux pouvoirs publics, aux ONG, aux employeurs, aux familles: la construction de structures d'accueil pour les travailleuses domestiques, la création, dans les villages, de microprojets et la création d'un cadre de dialogue. (DIA).

 

Afghanistan

Défendu de travailler hors de la maison, défendu d'aller à l'écale, défendu le piquetage des talons, défendu de parler dans la rue. Elles n'ont pas le droit de marcher seules dans la rue, de parler à des étrangers, de se montrer à visage découvert. Elles risquent le fouet ou le bâton en public.

Voilà une série d'interdits que, dans l'Afghanistan des Talibans, les femmes sont censées respecter.

 

Brazzaville

Interpellées par les situations de conflits et de guerres qui frappent l'Afrique Centrale, les femmes catholiques des plusieurs pays d'Afrique ont organisé un colloque international (Brazzaville 24-31 mai). Thème du colloque: "Dieu, la femme, la paix en Afrique Centrale: des mots vains?". Plus de 300 cents femmes venues du Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa, Cameroun, Bénin et Guinée Équatoriale ont réfléchi sur les causes qui conduisent à la guerre, et à la destruction systématique des ressources du continent. Le lundi 25 mai les femmes ont aussi organisé une `marche de la paix’. Au terme de la rencontre les femmes ont été reçues par le président de la République, M. Sassou Nguesso. Le président n'a pas manqué de répondre aux mamans en soulignant "que parfois aussi les femmes participent aux coups montés pour l'élimination des personnes, aux vols, au, actes d'escroquerie, au lieu de vivre leur vie chrétienne". A l'issue du colloque on a créé un mouvement nommé Mo. Pax (Mouvement de femmes chrétiennes catholiques de l'Afrique centrale pour la paix).

Par Mme Béatrice N.samba