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Mai 1968. Tandis qu’à Paris ou ailleurs on rêvait de pouvoir changer le vieux monde, en Afrique les manifestations des étudiants finissaient dans le panier à salade.

 

En République Démocratique du Congo, comme dans beaucoup d’autres pays africains, l’année 1968 se caractérisait par l’avènement du régime militaire et dictatorial et la suppression des libertés fondamentales : interdiction de grève dans les entreprises, suppression du droit d’association et expression libre, musellement de la presse, fermeture de l’assemblée générale, etc.

 

Seuls les étudiants de l’université de Lovanium réagirent contre la série de mesures prises par le pouvoir en place. Leur réaction et leur désir de voir les comptes et de participer à la gestion de la chose publique ont abouti, une année plus tard, au massacre des jeunes, le 4 juin 1969. Le grogne social explosait surtout au Bénin et au Sénégal. À Dakar, le 27 mai, les étudiants de l’Université de la capitale se sont mis en grève, imités par les élèves de l’enseignement secondaire. Profitant du désordre provoqué par la manifestation de la jeunesse, le syndicat décréta une grève, respectée dans tout le pays. Les manifestations estudiantines prirent une tournure dramatique et aboutirent à des confrontations entre les militaires et les jeunes.

De ces confrontations découlèrent des pertes en vies humaines, du côté des étudiants.

Au Nigeria, la guerre civile se poursuivant sans relâche entre els troupes fédérales et les forces du Biafra, qui s’affrontaient dans la sauvagerie et la violence.

En Afrique du Sud, l’apartheid se radicalisait et on se demandait si, un jour, les Sud-Africains pourraient la vaincre. C’est pourquoi, le message publié le 13 juillet 1968 par le Conseil Oecuménique d’Afrique du Sud insistait sur l’espérance et condamnait la ségrégation raciale comme Une fausse offre du salut

faite au nom du Christianisme, une fausse foi et un faux Évangile. Tandis que l’ONU proclamait l’an 1968 Année internationale des droits de l’homme, le racisme et la violence faisaient beaucoup de victimes.

Quelques semaines après l’assassinat du pasteur Martin Luther King, le 4/4/68 (cf. Afriquespoir n°2), un autre leader américain des droits de l’homme, le sénateur Robert Kennedy est à son tour assassiné.

Ces meurtres ont provoqué dans l’opinion des sentiments de détresse et d’indignation. Ils ont porté un coup mortel à un idéal de justice, de paix et de renouveau politique, auquel aspire une large partie de la population

du monde entier. Car, tant Martin Luther que Robert Kennedy incarnaient cet idéal qu’ils ont voulu réaliser par la non-violence, en vue de l’égalité raciale et des droits civiques. Leur sacrifice revêtait déjà en 1968

un sens tout particulier ; il revêt aujourd’hui encore un sens pour la lutte non-violente.

 

À l’aube du 3ème millénaire, cette lutte non-violente s’avère de plus en plus comme la voie indiquée d’une paix durable dans le monde, pour l’élimination de la pauvreté et de la guerre, et surtout pour une politique internationale rénovée entre les pays riches et les pays pauvres.

Louis Kalonji

 

Le temps des interdits