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Mercenaires S.A. |
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C'est le titre d'un livre qui vient de paraître*. Les soldats de fortune d'aujourd'hui n'ont plus grand-chose à voir avec les affreux des années 60. Qui va contrôler ces nouveaux condottieres et ces "soldats du futur" pour qui la sécurité individuelle et collective n'est qu'une marchandise? Depuis le début de la décennie on assiste à une recrudescence des opérations mercenaires sur tous les continents. Elle résulte en partie d'un accroissement sensible de la main-d'oeuvre disponible, consécutif à la fin de la guerre froide et de l'apartheid, provenant du dégraissage massif des armes en Occident, dans les États qui ont appartenu au pacte de Varsovie, et en Afrique du Sud. Parallèlement, le dépérissement de nombre d'États, surtout en Afrique, mais aussi sous d'autres latitudes, a suscité une explosion de la demande, provenant de dirigeants aux abois mais aussi d'autres commanditaires, désireux d'opérer à tout prix dans ces zones de haute insécurité: entreprises, organisations internationales ou humanitaires. Dans cet univers en mutation, les soldats de fortune d'aujourd'hui n'ont plus grand-chose à voir avec les "affreux des années 60, proscrits et hors-la-loi. Ils ont donné naissance à de véritables empires de la guerre privée, qui concluent des contrats en bonne et due forme avec des États ou d'autres firmes, agissant comme les bras armés de multinationales ou se profilant comme le fer de lance d'empires multisectoriels en devenir. Qui plus est, ils reçoivent parfois l'onction des establishments militaires de pays membres de l'OTAN. Qui va contrôler ces nouveaux condottiere et ces "soldats du futur" pour qui la sécurité individuelle et collective n'est qu'une marchandise? La démission ou la complicité des États face au phénomène inquiète jusqu'à l'ONU. Un livre qui met en lumière les formes et les enjeux de certains des conflits de l'ère de la globalisation.
Dans ce contexte mondial, pour leur malheur, les deux Congo depuis le début de la décennie ont été le théâtre de plusieurs opérations mercenaires relatées par les auteurs. Peu de pays autant que l'ancien Zaïre n'ont incarné aussi bien le dépérissement de l'état. Les pillages de 1991 et 1993 ont précipité de la part des entreprises le recours aux firmes privées de protection. L'abandon de l'armée par le pouvoir et par l’hiérarchie militaire, sa cannibalisation même par ses généraux qui revendaient l'essence et les arme; destinées aux unités en plein guerre contre les troupes de l'A.F.D.L, a précipité la défaite mais aussi rendu en quelque sorte inéluctable le recours aux soldats de for tune. Mais là encore, le choix n s'est pas fait sur les plus efficaces en témoigne l'échec retentissant de Tavernier et de ses Serbes… En partie parce que les négociations avec la firme sud africaine Stabilco on échoué. Mais ni l'ancien Zaïre ni le camp mobutiste, n'ont eu le monopole du recours aux soldats de for tune étrangers. Au Congo-Brazzaville, les deux camps ont fait abondamment recours à cette main d'oeuvre très spéciale, qu'ils s'agissent d'Européens (les pilotes ukrainiens de Lissouba) ou d'Africains (les ancien soldats des Forces Armées Zaïroises ou des Forces Armées Rwandaises). Au travers de ces conflits l'on a aussi assisté à l'émergence de nouvelles pratiques: des accords de troc, par lesquels en échange de Ia vente d'un know-how ou d'un frappe sécuritaire, des compagnie de sécurité obtiennent des concessions minières en Angola et a Sierra Leone, ou encore des part dans des sociétés pétrolières. Bref, le mercenariat moderne apparaît de plus en plus comme un mode d'acquisition voire comme une technique de recolonisation décriée pas un nombre grandissant d'intellectuels africains. |