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La fête du sacrifice |
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Tous les disciples de Mahomet célèbrent la fête du sacrifice avec beaucoup de solennité. Chaque chef de famille, même le plus pauvre, se voit dans l’obligation d’acheter et de sacrifier une chèvre pour célébrer convenablement cette solennité, quoique recourant à des péripéties incroyables pour l’acquérir. Voyons ce qu’a fait Driss, un homme honnête et travailleur, mais dont le salaire est trop pour qu’il puisse se permettre l’achat d’une chèvre. Comme la fête du sacrifice s’approche, il commence à faire des heures supplémentaires de travail, renonçant à ses moments de repos. Avec ce qu’il gagne, il peut finalement s’acheter la chèvre qu’on sacrifiera le jour de la fête. Sans rien dire à sa femme, il se rend au marché, achète l’animal et le cache dans la ferme d’un ami. Puis il se demande comment mettre à l’épreuve l’amour de son épouse. À la veille de la solennité, il dit à sa femme : « Selon la tradition, à l’occasion de cette fête, chaque famille doit sacrifier une chèvre. À cause de notre pauvreté nous ne pouvons pas nous offrir une dépense pareille. Mais aujourd’hui, au marché, j’ai entendu une nouvelle qui pourrait résoudre notre problème. On a dit que pour aider les plus pauvres, le Khalife a promis une chèvre à tous ceux qui accepteront de se soumettre à 30 coups de fouets. Si tu es d’accord, je vais me soumettre à cette épreuve, pour sauver l’honneur de notre famille ». Driss attend que sa femme s’oppose, dans un geste d’amour. Contrairement à ce qu’il s’imagine, sa femme lui dit, heureuse : « Bonne idée! Nous aussi, nous sommes des personnes dévotes et voulons montrer notre fidélité au Tout-puissant ».
Déçu, le pauvre Driss se demande : « Quel montre de femme ai-je épousée ? Le fait que son mari soit fouetté ne semble pas la troubler du tout ! ». Il se lève et se dirige vers la porte. Mais avant qu’il n’arrive à mettre le pied dehors, la femme l’appelle. S’imaginant qu’elle veut l’empêcher de réaliser son projet, Driss se tourne. D’une voix douce et affectueuse, la femme lui dit : « Mon chéri, puisque ma mère a besoin elle aussi d’une chèvre pour le sacrifice, pourquoi ne te soumets-tu pas à une double dose de fouet ? Comme ça, tu pourrais rentrer à la maison avec deux chèvres ! ». |