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P. John Ssenyondo, originaire du diocèse de Masaka (Ouganda), combonien, est missionnaire à Cuernavaca (Mexique)
Le prochain millénaire assistera à un changement radical dans le domaine de la mission ? Plusieurs signes nous indiquent que le nombre des missionnaires provenant du nord diminuera. La mission sera de plus en plus confiée aux missionnaires originaires des pays qu’on dit en voie de développement… Oui, c’est vrai. Au missionnaire africain qui sort pour aller jusqu’aux extrémités de la terre, les défis ne font pas défaut. Les gens du premier ou du deuxième monde ont leur style de vie et leurs idées. Il faut trouver un modèle approprié, des stratégies appropriées, une méthodologie et surtout, le courage de les appliquer.
Par exemple ? Un évangélisateur comment pourra-t-il inviter à la conversion et à l’engagement les gens du premier monde, tranquilles, indifférents ou même sur la défensive ? Il ne suffirait pas de donner les sacrements : l’évangile annonce un message radical de justice et de compassion.
Mais tout cela va être très compliqué… Ce n’est pas, cependant, une tâche impossible. Quand il arrive là où il a été envoyé, le missionnaire devrait retirer les ‘sandales de ses pieds car le lieu où il se trouve une terre saint’ (Exode 3, 5). Avant que le missionnaire n’arrive, Dieu est présent déjà. Le missionnaire n’est pas le protagoniste de la mission. Ce qu’on lui demande c’est de marcher avec le peuple dans sa recherche de Dieu qui est déjà là. C’est une vision de la mission suivant la ligne de Charles de Foucauld, la voie du «simple témoin».
Missionnaire ‘africain’ Le missionnaire africain sera avec toute probabilité plus vulnérable que n’importe quel autre missionnaire de l’histoire du Christianisme. Il ne pourra soutenir sa prédication ni par la construction d’écoles ni par une assistance médicale ; mais seulement dans le partage de sa personne et du Christ. Notre prétention n’est pas du tout résoudre, mais d’être là, d’accompagner; même pauvrement.
Experts et croyants Ils sont nombreux les groupes de volontariat qui, d’une manière ou d’une autre, donnent une contribution remarquable à la promotion humaine. Certains – une minorité – le font poussés par la conviction qu’il n’ y a pas de vraie croissance religieuse sans engagement pour une vie meilleure. C’est le cas du COE (Centre Orientation Educative), un organisme qui célèbre cette année le 40ème anniversaire de sa fondation. À ses débuts : un groupe de laïcs chrétiens qui dans l’Italie d’après le 2ème conflit mondial s’occupent d’un secteur vital pour la société : l’éducation. Le petit arbre grandit et les membres du COE décidèrent de partager avec d’autres l’expérience acquise. Jusqu’à devenir une ONG, présente en Afrique, Amérique Latine, Asie, Océanie et s’occupant si bien de problèmes d’éducation que de santé, agriculture, échanges culturels. Depuis des années il collabore activement à la réalisation du Festival du Cinéma Africain (Milan), où on présente une sélection d’environ 80 fils provenant d’Afrique et des pays des caraïbes, le plus souvent ignorés par le grand circuit. « On n’a pas la prétention de répondre à toutes les nécessités – dit M. Valère Bakudila, collaborateur depuis de nombreuses années et coordinateur des projets COE à Kinshasa. Dans ce qu’on réalise on cherche à impliquer toujours la participation active des gens. Le vrai développement passe forcément par des communautés actives et motivées. Un exemple de projet en train de se concrétiser ? Dans la province orientale de la Rép. Dém. du Congo, on travaille à l’amélioration de l’habitat. Si vous visitez avec un petit avion porteur la région entre Isiro et Mungbere, vous pourrez voir des dizaines de maisons en dur. Des groupes se sont constitués pour construire, en travaillant ensemble et avec des matériaux qu’on peut repérer sur place des maisons convenables. COE fournit l’expertise, l’encadrement et les matériaux qu’on ne trouve pas sur place, comme le ciment, tôles, etc» .
Qu’est-ce qu’on attend d’un membre de cette organisation ? « Les gens qui font partie du COE – soit comme membre full-time soit comme associés et collaborateurs – s’efforcent de mettre en pratique les idéaux évangéliques de solidarité. L’article 2 du statut du COE est clair sur ce point-là : ‘Il a comme but la perfection chrétienne de ses membres… et la réalisation d’œuvres d’utilité sociale’. L’évangile rendu visible à travers la promotion humaine : un projet qui ne finit jamais d’être un défi ! »
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