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Pendant la ‘bataille de Kinshasa’ (dernière semaine d’août) la population a vigoureusement organisé l’autodéfense jusqu’à se livrer à des actes atroces. Dans le contexte de violence, cependant, s’est affermi aussi un élan d’humanité.
La guerre qui sévit en République Démocratique du Congo a causé beaucoup de souffrances. Dans une déclaration publiée par l’Association des Moralistes Congolais (5 septembre) on parle de « cortège macabre de désolations, de personnes tuées, de corps mutilés, calcinés, de champs dévastés, de maisons bombardées, d’entreprises pillées, de règlements de comptes, de recrudescence de xénophobie, de haine ethnique, de faim, de maladies ». À Kinshasa, la guerre a été courte (dernière semaine d’août), mais combien meurtrière! On a vu, pour la première fois, la population prêter main forte aux militaires congolais et aux Alliés de Zimbabwe, Angola et Namibie. Elle a bravé les armes des rebelles, en montrant par-là qu’un peuple uni ne se laisse pas vaincre par la peur. Cependant dans son souci d’assurer son autodéfense, la population a infligé aux rebelles des traitements cruels. Telle enseigne que le gouvernement était contrait de demander aux gens de ne plus e faire justice et d’acheminer auprès de la police les rebelles capturés. En dépit de la chasse aux rebelles, on a retenu des actes de bonne volonté et d’humanité. Malgré les abus liés au contexte de violence, il y a eu un élan de solidarité en faveur de ceux qu’on appelait ‘ennemis’. Au nombre de cas d’hébergement et de protection relevés dans certains quartiers de Kinshasa par les ONG de défense des droits de l’homme, nous pouvons ajouter le cas d’un pasteur protestant d’origine rwandaise qui a été caché et protégé par sa communauté. Une famille tutsie qui résidait à Lemba et deux femmes tuties qui vivaient à Kimbanseke, ont été cachées par les gens du quartier avant leur prise en charge par le CICR. Des centaines de milliers de personnes ont dû abandonner les quartiers de Minikondo, Masina et Kingasani III à cause des combats meurtriers. Ils ont cherché refuge et hospitalité dans les quartiers non touchés par la guerre. L’accueil a été fraternel, presque partout. L’afflux était tel que certaines maisons, ayant la capacité de contenir cinq ou six personnes, hébergeaient jusqu’à cinquante hôtes. Au plus fort de la guerre et dans un climat de panique généralisée, il y a eu de la place pour l’amour du prochain. Sans l’esprit d’entraide et de solidarité qui a caractérisé la population à ce moment, beaucoup de familles qui traversaient, avec des petits-enfants, la rivière Ndjili, seraient noyées. On a vu des adultes recueillir des rebelles arrêtés par des jeunes et les conduire vivants auprès des autorités, afin de les soustraire au supplice du collier (être brûlé vif). Il y a eu des personnes qui ont perdu leur propre vie pour avoir tenté de sauver l’un ou l’autre membre de famille. C’est le cas d’un ami de Mikondo, qui avait déjà quitté la zone des combats, mais qui a tenu à rentrer à la maison pour chercher un enfant qui y était resté. Il fut tué d’une balle par les rebelles, devant sa maison. Un journal a reporté la discussion entre femmes autour d’un point d’eau. «Nous en avons assez de ces Rwandais, qu’ils rentrent chez eux… Ils nous imposent la guerre : il faut les tuer tous. Ce sont des ennemis». Une jeune maman a répliquée : «Si nous sommes chrétiens, nous savons très bien ce que Jésus-Christ pense. Comment peut-on haïr une personne simplement à cause de son origine ethnique ? Comment peut-on dire que tous les Rwandais sont mauvais ? «Ah, fini ton discours, tu ne vois pas que tu nous fatigues – lui dit une femme. Ou bien veux-tu qu’on te jette des pierres?». Personne n’a eu le courage de lui tirer des pierres ! Louis Kalonji Kalantanda |
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Veux-tu qu’on te jette des pierres |