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Vieillir: un problème d’actualité aussi en Afrique. Entre la retraite redoutée et l’oubli.
Agé de 78 ans, un retraité de la Gecamines et ancien travailleur des mines de Kipushi, Faustin K. vit actuellement à Kinshasa auprès de l'un de ses enfants, après avoir été contraint de fuir sa résidence de Lubumbashi, à cause de l'épuration ethnique du Katanga de 1992 à 1994. Veuf depuis cinq ans, il est fier et content de voir la quatrième génération de ses enfants. Ce qu'il ne cesse d'affirmer avec joie à tous ceux qui viennent lui rendre visite. Apparemment heureux, le vieil homme mène cependant un tram de vie pénible. Ses forces déclinent et bien des choses lui déplaisent dans ce nouvel environnement socioculturel. Il ne vit pas en harmonie avec sa belle-fille et ses petits-enfants. Un jour, à cause d'une dispute injustifiée avec sa belle fille, il pique une crise grave et refuse de manger tonte la journée. Pire encore, cet ancien travailleur des mines passe des journées creuses et se sent désoeuvré et inutile à la collectivité. Il en souffre et demande constamment à son fils de le laisser retourner vivre "là-bas", même quand il sait qu'à Lubumbashi il n'a plus tien. Pour le fils, le problème devient angoissant, car il aime bien aider son vieux père à passer dignement ses derniers jours. Il faut que les cas de personnes âgées qui ne s'intègrent pas dans le mode de vie de leurs familles, sont nombreux dans nos agglomérations urbaines. Et ils sont destinés à augmenter sensiblement. Déjà lors du recensement de 1984, leur nombre était évalué à plus ou moins 10% de la population totale de notre pays.
De plus en plus Le code du travail reconnaît le droit d'aller en retraite à 60 ans pour les hommes et à 55 ans pour les femmes. L'État devrait veiller à ce que toutes les personnes âgées mènent une vie digne et heureuse pendant longtemps. Mais les conditions de la retraite sont tellement médiocres qu’elle est fort redoutée par la plupart des personnes âgées. En plus, étant donné I'accroissement continue] du nombre des personnes du grand âge, et en tenant compte des mutations profondes de la structure familiale, la marginalisation des personnes âgées devient un problème sérieux. On voit de plus des personnes âgées qui s'adonnent à la mendicité pour vivre, parce qu'elles sont rejetées et abandonnées par les membres de leurs familles pour diverses raisons (sorcellerie, caprices, troubles psychiques etc.). Certes, il existe quelques hospices et homes des vieillards créés par les Églises ou les organisations charitables. À Kinshasa, on compte une dizaine de ces hospices dans les plus anciens quartiers de la ville. Mais ces maisons sont insuffisantes et n'offrent pas toujours de bonnes conditions de vie. Un fait qui aggrave davantage la marginalisation des "Mbuta" (vieux): ils ne sont plus entourés de vénération Comme les représentants des ancêtres et le trait d'union entre ces derniers et la communauté. La sagesse que les personnes âgées incarnent n'a plus de considération face au savoir moderne et aux connaissances acquises dans les universités et les grandes écoles. L mort d'un individu âgé n'est plus considérée comme l' effondrement d'une bibliothèque! Grandes écoles. La mort d'un individu âgé n'est plus considérée comme l' effondrement d'une bibliothèque! Et pourtant certains parmi eux s'en vont avec tout un patrimoine d'expérience et de connaissances importantes, surtout dans le domaine de la guérison des maladies. Il est évident qu'un un effort plus grand est demandé aux dirigeant et à toute la collectivité pour promouvoir la solidarité avec les personnes âgées. Louis Kalonji Kalantanda
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1999: Année du troisième âge |