
|
Membre de la Société du Verbe Divin, congolais, le P. Godefroid Manunga a fait sa première expérience missionnaire dans trois pays de l’Afrique australe (Botswana, Zambie et Zimbabwe).
J'ai commencé en Zambie. Après une certaine adaptation au milieu, j'ai été successivement envoyé à Kabwe (notre maison de formation des philosophes) et à Livingstone. Je m'occupais tantôt des étudiants (scolastiques), tantôt de l'aumônerie de l'hôpital de Livingstone et de l'Institut Supérieur Pédagogique. Je me souviens de I'étonnement de deux malades, presque mourants, à I'hôpital de Livingstone "Père, tu es originaire de quelle région de Zambie?" "Je ne suis pas zambien, je suis congolais", ai-je répondu. Tembo, un des malades, âgé de 22 ans, a sursauté de son lit: "Est-ce possible, un congolais prêtre missionnaire? Je croyais que tous les Congolais étaient des musiciens et des voleurs!" Je n'en étais pas découragé. Au contraire, plus tard, peu avant sa mort, nous sommes devenus des amis. Tembo et beaucoup d'autres gens en Zambie ont une image assez négative des Congolais. C'est l'occasion de leur prouver le contraire.
Le début C'est au début de janvier 1993 que je suis arrivé à Bulawayo, Zimbabwe, par bus. Trois semaines plus tard je me suis mis à l'étude du Ndembele, une langue à cliques, issue du Zulu parlé en Afrique du Sud. Cet exercice important dans l'insertion missionnaire à la culture se fait normalement en six mois. J'ai commencé par la chose la plus simple: la visite aux familles. Le village a un hôpital, l'école primaire et secondaire, des magasins, une boucherie, un bureau de Poste et un réseau téléphonique. Avec l’aide des amis enseignants et ceux du secteur médical, beaucoup de gens ont commencé à venir nous voir et nous rejoindre. Trois ethnies habitent la région: les Ndembele (majoritaire), les Kalanga et les Bushmen, communément appelés "Masili" (primitifs). Au total, les habitants de la savane désertique de Ndolwane sont environ 3.000.
Joie sans précédent Dès les débuts le catéchuménat a été une préoccupation majeure. L'objectif était celui de travailler pour une Église qui se prenne en charge d'elle-même. La petite communauté de catéchumènes a compris cela sans peine. C'est ainsi que les premiers convertis ont construit les premières maisons de la mission de Ndolwane en paille et en terre cuite. Le 10 octobre 1995 restera une date inoubliable dans les archives de ce village car, pour la toute première fois, 8 adultes et deux jeunes ont reçu le baptême dans l'église en paille et 4 couples se sont mariés religieusement. Ce fut une joie sans précédent, même pour les Églises protestantes du lieu. Nommé curé en septembre 1994, je travaillais avec un catéchiste itinérant, payé par la communauté paroissiale comme agent pastoral. Au Zimbabwe c'est la communauté qui assure à ses catéchistes un salaire. De janvier en septembre 1995, nous étions tous très occupés avec la noble tâche de la construction de l'église, de la cure et du postulat, en matériaux durables. Les nouveaux bâtiments ont été officiellement inaugurés et bénis le 6 octobre 1995 par l'archevêque de Bulawayo, H. Karlen (missionnaire suisse Marianhill), en présence d'une foule nombreuse. St. Charles Lwanga est la dernière-née des missions catholiques dans l'archidiocèse de Bulawayo. Depuis mon départ de la mission d'autres confrères: un ghanéen, un indien et un argentin, assurent avec joie et zèle la continuité de l'oeuvre de Dieu implantée à jamais parmi les gens de la sous-région de Plumtree
"Il est possible" Une expérience, certes, difficile, mais très enrichissante et même unique. Mes séjours en Zambie, au Botswana et au Zimbabwe m'ont appris beaucoup de choses sur la vie religieuse et missionnaire. Au début, par exemple, il a été difficile d'obtenir le visa pour le Botswana, pour des raisons politiques et de mauvaises idées sur les congolais. Mais avec le temps, tout alla sans problème. ''Je peux dire en toute sincérité que vivre et travailler dans des communautés internationales est une chose très positive. À condition qu'on fasse confiance et qu'on s'accepte mutuellement. Il est vraiment possible de vivre en frères même si on vient d'horizons différents. G. M.
|
|
C’est l’occasion de prouver le contraire |