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Le deuxième millénaire est en train de s’achever si l’on se tourne en arrière on le voit riche de toutes sortes de découvertes. Dix siècles marqués par des inventions merveilleuses qui ont accéléré le cours de l’histoire au-delà de toute imagination. L’avalanche de prévisions gronde depuis plusieurs mois. On assiste à un déluge de bilans et de lectures de l’avenir. Mais somme toute, on peut affirmer que l fin du deuxième millénaire ressemble à celle du premier, à peu de choses près. Malgré les admirables progrès scientifiques, beaucoup de nos contemporains doivent faire face aux mêmes problèmes qu’avaient les gens de l’an mille. Voilà comment l’historien Daniel Rops a décrit la situation du monde à la veille de l’an mille : « On touche, durant la fin du premier millénaire, au comble de l’horreur. À être troublés, les hommes de cette époque avaient bien d’excuses. Les conditions matérielles ne portaient que trop à l’angoisse et la souffrance collective est bien rarement une école de vertus. Peut-on imaginer ce qu’était la vie, quand, chaque jour, on risquait de voir surgir des bandes de groupes armés et de rezzous ? Cette attente constante de la catastrophe, a été la dominante psychologique de ces générations, à une époque où nulle protection sérieuse ne semblait concevable. La crainte de la violence n’éTait pas seule ; on ne risquait pas seulement de périr sous les coups des barbares ravageurs. La conséquence des nouvelles invasions et des guerres, est d’avoir déterminé un terrible recul de l’agriculture. Sur la terre mal mise en valeur et dont les produits sont continuellement menacés, la famine rôde-t-elle. Sans doute, malgré la misère, la vie irrésistible continuait-elle son œuvre. À la grande mortalité répondait une natalité vigoureuse, intarissable. Les sociétés alors étaient en pleine jeunesse et les plus graves crises ne pouvaient arrêter la fermentation de la force vitale en elles. Mais la violence atteint à son comble. Prévaut le droit du poing, on consacre l’habitude de la vengeance privée. La jalousie, l’envie, le désir frénétique d’agrandir sa terre aux dépens des voisins y trouvent bien leur compte ; la perfidie s’ajoute à la violence et l’assassinat politique est aussi abondant. Brigandage, destructions, pillages sont choses si coutumières qu’on inclut les risquent dans les contrats commerciaux. Il va de soi que la même désinvolture qu’on observe envers le « Tu ne tueras pas ! » se retrouve quand il s’agit du 6è et du 9è commandement. L’immoralité sexuelle est partout … » Les coïncidences sont tellement nombreuses qu’on pourrait croire que les gens de l’an 1000 lisaient nos journaux ou étaient branchés en FM sur les radios d’aujourd’hui ! Somalie, Érythrée, Éthiopie, Soudan, Algérie, Sierra Leone, Liberia, Grands Lacs, Angola ne sont que des noms modernes pour des souffrances millénaires.
Comment faire alors pour que le cours de l’histoire change ? Le prochain Jubilé pourrait être l’occasion d’un renversement de courant. Dans un monde de duretés et de rivalités on pourrait ramener le compteur à zéro : annuler les dettes, se réconcilier, renoncer à la violence et à la corruption, redistribuer les terres … La germination d’un nouveau monde passe par là. Ae |
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Compteur à zéro |
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Éditorial |
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