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Notre siècle a vu la science remporter des succès parfois spectaculaires. Qu’est-ce qu’elle nous réserve pour le XXIè siècle? Du 26 juin au 1er juillet 1999 se tiendra à Budapest (Hongrie) une conférence mondiale qui amorcera une première réponse à cette question. Dans l’introduction au Rapport mondial sur la science 1998 que l’UNESCO vient de publier, le savant Sir John Maddox a déjà avancé certaines réflexions. D’abord il nous invite à ne pas cultiver trop d’illusions. Notre siècle a vu tellement de découvertes scientifiques et d’innovations techniques qu’on serait tenté de croire qu’on connaît presque entièrement le monde, finalement! Il y a un demi-siècle, l’optimisme était général et l’on pensait que la recherche et le développement résoudraient rapidement des problèmes sociaux et économiques. Eh bien, c’est une illusion!
Des choses à faire Il y a des secteurs où «des pans entiers d’ignorance exigent notre attention. Par exemple, comment le cerveau emmagasine la mémoire? Comment fonctionne le système de la parole ou de l’imagination? Il y a 1000 milliards de cellules nerveuses dans chaque tête humaine – autant que d’étoiles dans dix galaxies comme la nôtre. La perspective du pouvoir appréhender le fonctionnement d’un cerveau humain par les moyens dont on dispose actuellement, est à tout le moins lointaine». Les recherches faites actuellement pour comprendre l’origine de l’Univers et de la vie à la surface de la Terre sont encore loin du but. Par exemple: qu’est-ce qui se passe réellement à l’intérieur de la Terre? «L’exploration approfondie des objets du système solaire pourrait occuper des gouvernements disposant d’un gros budget pendant des siècles et des siècles … L’optimisme qui avait cours dans les années 1950 quant à la facilité avec laquelle la fission nucléaire pourrait être exploitée sans danger comme source d’énergie apparaît aujourd’hui excessif».
Irritation «L’illusion fait place à l’optimisme et celui-ci à l’impatience. Quand on prévoit qu’un certain type de cancer pourra être guéri, il est naturel que ceux qui en sont atteints éprouvent du désespoir devant les retards. Ou que les habitants des pays en développement s’impatientent de voir que la prospérité qu’ils observent ailleurs ne leur est pas plus rapidement transférée. Aujourd’hui le public éprouve un sentiment d’irritation du fait que la science est apparemment incapable de fournir les recettes précises qui permettraient de gérer le monde, de réduire le réchauffement de la planète, le fléau du sida, la résurgence du paludisme et l’apparition de souches virulentes du bacille de la tuberculose. Les chercheurs doivent aussi être plus patients. Ils tendent à oublier que les étapes séparant la découverte de leurs applications sont toujours plus longues – et parfois plus douloureuses aussi – que ne le voudraient les enthousiastes». |
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Les secrets du XXIe siècle |
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