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Les deux vertus

 

Tanzanien, membre de la Congrégation du saint Esprit, P. Nicetas Kyara est arrivé en RDC en 1993.

 

Si aujourd'hui je suis prêt à partager mon expérience, c'est parce que je suis heureux et même fier du travail que mes confrères ont fait au Congo. J'appartiens à la Congrégation du Saint Esprit (Pères Spiritains), fondée en 1703, en France. C'était en 1866 que le premier spiritain est arrivé à Boma. Vingt ans plus tard, était ordonné le premier prêtre congolais, l'abbé Maombe, originaire de Boma. Cent vingt-sept ans après l'arrivée du premier spiritain au Congo, je me suis trouvé dans le groupe des pères spiritains travaillant non plus à Boma, mais à l'est du Congo, dans les diocèses des Kindu, Kongolo, Manono et Lubumbashi.

C'est là que pendant cinq ans j'ai fait mon expérience d'évangélisation.

Je suis arrivé de Tanzanie, en 1993, pour rejoindre mes confrères spiritains de France, Belgique, Kenya, Ouganda et Cameroun, qui font de leur mieux pour annoncer la Bonne Nouvelle. Des tâches pastorales quotidiennes dans le service des communautés: enseignement, célébrations, visites, initiatives pour répondre aux besoins quotidiens essentiels et immédiats.

Des dizaines d'années de travail pour construire des écoles de tout genre à Lubunda, Malela, Kongolo, etc. Ainsi qu'un centre catéchistique et d'animation rurale à Katakokombe - Kindu.

La formation chrétienne et la promotion humaine pour le développement font partie intégrante

de l'évangélisation spiritaine au Congo. J'ai compris que l'évangile peut pénétrer en profondeur dans le cœur des gens, s'ils découvrent en nous ces deux vertus: la simplicité et la douceur.

Les chrétiens n'ont pas besoin de nos normes trop rigides et de nos structures trop systématiques, mais de trouver en nous des personnes qui s'efforcent d'être humbles et simples. C'est-à-dire, des pasteurs qui sont là avec eux et qui partagent leurs soucis. Des amis qui les visitent régulièrement, toujours disponibles à la rencontre et prêts à dire des paroles d'amitié dans les moments douloureux. Le missionnaire qui ne se solidarise pas avec les gens, les chrétiens bien sûr, mais aussi les autres, ressemble aux grands trous ou aux grosses pierres sur la route, qui rendent difficile le passage des véhicules et les obligent à réduire la vitesse. Les chrétiens ont une grande confiance dans leurs pasteurs. Ils savent que les missionnaires sont des étrangers dans leur pays. Malgré leur pauvreté et leurs moyens limités, en cas de problèmes, ils se donnent de la peine pour aider leur pasteur.

 

J'ai constaté que, généralement, le prêtre est très respecté et écouté. Lorsque les prêtres parlent, les chrétiens et les non chrétiens prennent cela très au sérieux. Ils peuvent avoir une grande influence sur la vie des gens où ils vivent et avec lesquels ils travaillent. Lorsqu'un prêtre semble ignorer ou oublier leurs attentes profondes, la réaction des chrétiens ne tarde pas à se manifester.

J'ai pu connaître davantage l'importance de la communication. Les déplacements difficiles à cause des routes impraticables, le courrier qui prend quatre ou cinq mois pour arriver, l'impossibilité d'entrer en contact avec la famille, tout cela peut devenir frustrant. Maintenir le contact, partager les expériences, pas seulement avec sa propre famille, mais aussi avec l'Église d’origine,

c'est une chose vitale.

P. Nicetas Kyara