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Chanika, une femme pour les droits de l’homme |
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Beaucoup de pays, dont le Malawi n'ont pas encore abrogé la peine de mort, malgré les campagnes que mènent ces temps-ci les organisations pour la défense des droits de l'homme.
Au Malawi, c'est une femme qui s'est engagée dans la lutte pour la protection des droits des prisonniers. Mme Emmie Chanika, a 42 ans. Toute jeune déjà, elle débuta dans son travail d'activiste pour les droits de l'homme. Elle se souvient encore qu'elle commença à s'intéresser aux problèmes de l'égalité des sexes en travaillant avec son père. Elle dit: “Quand j’étais jeune, en l’absence de ma mère, j’aidais mon père à la cuisine. De même, mes frères de leur côté aidaient ma mère. C’est un bel exemple pour nous les jeunes, car il n’y avait pas de différences entre nous”. Quant à la situation actuelle de beaucoup de femmes au Malawi, elle fait remarquer: "Elles doivent allaiter les bébés, les soigner, s'occuper aussi des travaux domestiques. Il ne leur reste pas beaucoup de temps libre". On pourrait penser que Mme Chanika nourrit des ambitions politiques cachées, car elle défend ses opinions lors des assemblées. Mais ce n'est pas le cas. Elle dit: "Je suis au-dessus des partis politiques. Ce que je veux, c'est inciter les femmes du Malawi à participer à la vie politique, plutôt que de vivre sous l'influence des partis politiques". Femme éveillée, Mme Chanika ne s’est pas croisé les bras. Elle s’est engagée dans la lutte pour la protection des droits des prisonniers. Le Comité pour les libertés civiles (CILIC), dont elle est la secrétaire exécutive, est une organisation non gouvernementale, dont le but est de promouvoir les droits de l’homme au Malawi. Fondé en 1992 par un groupe d’avocats et d’autres personnes intéressées, le CILIC offre une assistance légale à ceux qui ont des problèmes concernant les droits de l’homme, en exerçant de fortes pressions sur qui de droit et en faisant entendre sa voix quand c’est nécessaire. Il organise des programmes appropriés d’éducation civique et des ateliers sur les problèmes de base des droits de l’homme et d’autres services de conseils dans ce domaine. Mme Chanika s’intéresse des problèmes de toutes sortes, des problèmes de terre, de travail, de sexe, de reforme des prisons, de violences sur les femmes et enfants, et surtout de réforme des prisons. On doit trouver des avocats pour bien des gens. Elle sait que la plupart des femmes qui ont été abusées, refusent d'aller en justice pour protection et réparation. Récemment elle a traîné le gouvernement en justice pour un terrain à Blantyre. Il s'agissait d'une parcelle appartenant à des villageois et que le gouvernement avait expropriée. La cause est encore en cours. "En tant que défenseurs des droits de l'homme, nous devons persévérer, tant que Dieu nous aide", dit-elle.
La lutte pour les droits des prisonniers n'est pas facile. "C'est attristant quand aucun avocat n'accepte la défense de gens qui sont pauvres et vulnérables", dit Mme Chanika. Dès qu'on est classifié de provocateur, cela devient difficile de faire passer le message. Patrick Mawaya, BIA |