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Le card. Hyacinthe Thiandoum, archevêque de Dakar depuis 1962, vient de célébrer le 50è anniversaire de sacerdoce. Voici un extrait d'un long entretien avec la presse sénégalaise.

 

Faut-il considérer ce jubilé comme un couronnement?

Je ne considère pas cette célébration comme un couronnement de quoi que ce soit. Je ne m'occupe pas de couronnement, cela ne m'intéresse pas. C'est Dieu qui le connaît, c'est Dieu qui peut le faire, mais je peux dire que je célèbre un événement chargé de grâces, de signification avec tout un peuple, avec des croyants de toutes les confessions, c'est cela que je célèbre. C'est le fruit de tout un cheminement par une communauté.

 

Que signifie le choix de la devise: “Sur ta parole, je jetterai le filet” ?

J'ai passé des heures considérables à pratiquer la pêche dans mon enfance et même au séminaire. J'aurai même pu dire que j'étais un bon pécheur à la ligne et au filet, cela a été très déterminant.

 

Quelles sont vos relations avec les musulmans ?

Mes relations avec les musulmans ont connu deux phases. Au début, jeune prêtre, je n'avais pas du tout l'ouverture. J'étais resté dans une attitude assez fermée, malgré qu'une partie de ma famille soit musulmane. Avec mon séjour à Rome et mon passage à la centrale des œuvres, j'ai pu découvrir d'autres cultures et même d'autres confessions. Lorsque je suis devenu évêque avec les enseignements et la prise de position de Vatican II concernant le dialogue, j'y ai totalement adhéré.

 

Que pensez-vous des déclarations de l'hebdomadaire “Nouvel Horizon” concernant l'Église du Sénégal sans avenir ?

Je m'inscris en faux par rapport à ce qui a été publié dans ce journal, tout comme d'ailleurs ces statistiques qui sont dénuées de fondements solides. L'Église au Sénégal ne disparaîtra pas à moins que ce pays cesse d'être ce qu'il est, c'est-à-dire un pays de liberté, de dialogue et de justice, ou bien que les catholiques ne veuillent plus pratiquer. Au contraire, ce qui est constaté c'est le dynamisme de notre Église dont les populations sont témoins.

 

Comment exprimez-vous l'Africanisation de l'Église ?

Vous pouvez aussi dire l'incarnation du message chrétien dans une culture. C'est une œuvre qui n'est jamais achevée, quand nous aurons travaillé, d'autres viendront et verront que nous n'avons pas été loin ou apporteront des aménagements. La persévérance et la sagacité seront importantes car il y va d'une fidélité à la parole de Dieu. Donc une nouveauté sur un fond immuable.

 

Où en est-on à propos de votre retraite et succession ?

Je sais que beaucoup de gens se posent des questions sur mon départ. Par trois fois en me rendant à Rome j'ai rencontré le Saint-Père, lui demandant de me libérer de cette charge.

Et la dernière fois il m'a répondu qu'il fallait laisser cette question entre les mains de l'Esprit Saint. J'obéis à Rome, mais je continuerai à demander mon départ car je me sens très fatigué.

 

A quand un Pape noir ?

J'ai déjà répondu à cette question dans Jeune Afrique. Cela dépend de Dieu. Vous savez, l'accès au Souverain Pontificat se fait par élection et ce sont des hommes expérimentés et marqués par foi qui élisent… Je ne crois pas que le moment soit venu.

 

Que pensez-vous de l'intrusion des évêques en politique ?

Ce n'est pas la vocation d'un évêque.

 

Qu'en est-il de la rédaction de vos mémoires ?

J'ai commencé… mais je n'ai pas le temps d'écrire. Cela pourrait se faire sous forme d'interview ou sous une autre forme.       

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