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Dès les premières pages des Évangiles, l'Égypte apparaît comme le lieu où la sainte Famille se dirigea pour fuir la persécution d’Hérode (Mt 2,13-21). Selon la tradition, la sainte Famille se réfugia en Hermopolis (aujourd'hui Ashmunain), à 400 km au sud d'Alexandrie.
Dans le livre des Actes des Apôtres on cite fréquemment l’Afrique et les Africains. Alexandrie, par exemple est citée plusieurs fois. On y trouve aussi confirmée la présence dans la première génération chrétienne d'origine africaine, de Simon, mentionné dans le récit de la passion comme celui qui avait aidé Jésus à porter la croix. Les trois synoptiques affirment qu’il était originaire de Cyrène (Mt 27,32; Lc 23,26). Marc ajoute qu’il s’agissait du “frère d’Alexandre et de Rufus” (Mc 15,21). Cela indiquerait que ces deux derniers étaient connus par la communauté de Rome, pour laquelle Marc écrivait son évangile (Rm 16,13). Mais concentrons-nous sur les trois textes suivants.
Dès le début Le jour de Pentecôte, les apôtres sortirent du Cénacle, parlant en différentes langues. Parmi la multitude de gens venant de tous les coins de la terre et qui, étonnés, écoutaient les apôtres, il y avait des "habitants d’Égypte et de la Libye en allant sur Cyrène". (Ac 2,10) Les spécialistes affirment que l'énumération des peuples du monde méditerranéen, s'inspire sans doute de la description d'une carte géographique juive connue à l’époque. Luc l'aurait adoptée comme une description commode pour les gens de son temps. En tout cas, il est clair que, pour les chrétiens, l’Afrique est importante dès le début. On trouve moins de difficultés pour le texte dans lequel Philippe baptise un eunuque éthiopien, haut dignitaire de la reine de ce pays d’Afrique (Ac 26,39). Il s’agit d’un châtré, chose habituelle parmi les serviteurs des reines et dans les harems de cette époque. Bien qu'il sympathise avec les juifs, il ne peut pas être l’un d’eux à cause de sa condition d’étranger et surtout à cause de sa diminution physique. Luc dit clairement que ces interdits de la religion juive ne le sont pas définitivement pour les chrétiens. Philippe décide donc de le baptiser.
Apollos l’Africain Le thème de l’Afrique devient important dans le cas d’Apollos, “originaire d’Alexandrie”, un vrai orateur, très fort sur les Écritures. Il avait été instruit dans le christianisme et parlait avec grand enthousiasme. Il enseignait de façon correcte ce qui se rapportait à Jésus, même s’il "ne savait pas plus loin que le baptême de Jean" (Ac 18,24-25). Paul parle de lui dans ses lettres, lorsqu'il fustige les divisions dans l’Église d’Alexandrie, triste anticipation des schismes qui suivront (1Co 1,12; 3,4; 4,21; Tit 3,13). Les spécialistes affirment que le texte des Actes qu' on vient de citer, peut être considéré comme fondamentalement historique, même si tout le texte est entouré de mystère. Quel missionnaire serait-il celui qui ne saurait pas unir la vocation à la foi chrétienne et à l’exigence du baptême? Ces contradictions ne pourraient-elles pas être le reflet d’une hésitante Église d’Alexandrie qui vient d’être fondée et qui lutte entre l’enthousiasme des premiers résultats et l’ignorance de quelques principes doctrinaux de base?
Indispensable Laissant de côté la fantaisie, il est probable qu'Apollos était un juif d’Alexandrie qui eut des contacts avec les disciples de Jean-Baptiste, et qui s’approcha du christianisme après la résurrection de Jésus. Après avoir été catéchisé et baptisé, il se mit au service de la mission comme prêcheur itinérant, pour des chemins différents de ceux de Paul. Il ne semble pas téméraire de conclure qu'Apollos fut un des agents principaux de l’évangélisation de l’Afrique et, plus concrètement d’Alexandrie, berceau de tout le christianisme africain oriental. On sait que la lettre aux Hébreux a été écrite de Rome, peut-être vers l'année 66, quand s'annonçait la guerre au cours de laquelle Jérusalem allait être détruite. Paul était en prison à Rome, pour la deuxième fois. Il est fort possible qu'Apollos soit l'auteur de la lettre aux Hébreux. L’Afrique est toujours indispensable pour la connaissance du Christianisme. Ce n’est pas par hasard que la terre d’Égypte est riche en anciens manuscrits en rapport avec la Bible. Certains d’entre eux sont très importants, comme les différentes traductions de la Bible en langue copte datées du III siècle ou la seule copie complète de l’Évangile apocryphe de Thomas, écrite il y a plus de 1600 ans, indispensable pour étudier l’influence du gnosticisme sur les premières communautés chrétiennes. Josean Villabeitia |
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L’empreinte africaine |