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C’est une longue expérience! |
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Entretien avec André Missoh Sokemawu, responsable de la communauté chrétienne d'Agbleta et de la formation des catéchistes à Afagnan (Togo).
Parlez nous de vos activités. Oui, depuis presque vingt ans. Je dirige la prière de la communauté, quand le prêtre est absent, et j'anime les fidèles dans les différentes activités. Comme ministre extraordinaire de l'Eucharistie (Fidei custos), je visite les malades et les personnes âgées, en leur amenant le Seigneur. Mais surtout je m'occupe des catéchumènes. La période de catéchuménat dure trois ans, à raison de trois heures de catéchisme par semaine, et se termine par la réception des sacrements de l'initiation chrétienne. Une quatrième année de catéchisme est prévue avant la Confirmation.
Quel est le déroulement d'une séance de catéchisme? La catéchèse doit partir de ce qui touche maintenant les candidats. Écouter le points "chauds" de la vie quotidienne permet d'éveiller des énergies. Les catéchumènes sont prêts à s'engager dans les domaines auxquels il sont sensibles: ce qui les émeut davantage les pousse à réfléchir et à agir. Ensemble on écoute la parole de Dieu qui vient illuminer l'expérience de tous les jours. Après avoir demandé l'aide de Dieu dans la prière, on mémorise quelque chose de la parole de Dieu et des questions-réponses du catéchisme. La mémorisation reste importante du fait que les illettrés sont encore nombreux.
Vous-vous occupez aussi de la formation des catéchistes et des enseignants de l'école primaire… Avec l'équipe du centre catéchétique d'Afagnan je passe mes week-ends dans les différentes paroisses pour y former les catéchistes. A nos évêques qui le visitaient début juillet à Rome, le Pape a dit de transmettre aux catéchistes sa reconnaissance "pour leur travail généreux au service de l'Évangile"; mais il a souligné aussi que "leur formation spirituelle et doctrinale est une exigence première". Quant aux enseignants catholiques, je suis moi-même un instituteur et depuis deux ans j'apprends à mes collègues la nouvelle méthode catéchétique, afin qu'ils s'en servent dans la demi-heure de "religion" qui ouvre les cours de la matinée.
L'année passée, avec une vingtaine d'autres catéchistes des "pays du sud", vous avez été en France. C'était la première fois que je m'adressais à des communautés d'Europe, sous invitation des Œuvres pontificales missionnaires de l'Hexagone. J'ai parcouru surtout les diocèses de Borges, Blois et Sens Auxerre et rencontré des catéchistes (c'est surtout des femmes, alors qu'ici c'est surtout des hommes!), des communautés chrétiennes et religieuses, des mouvements d'enfants et de jeunes. Pour moi, une occasion inespérée d'expliquer mon rôle au service de l'église, mon église qui vient juste de célébrer son centenaire! "Il faudrait que les Africains deviennent missionnaires en Europe", s'est exclamé un catéchiste de la Nièvre, qui exprimait toute l'admiration suscitée par notre témoignage. P. Elio Boscaini |