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Grande fête |
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Testament de Mgr Isidore de Souza, archevêque de Cotonou (Bénin), décédé le 12 mars 1999.
Il s'agit bien de mon testament et non d'un poisson d'avril ! Il sera bref, mais c'est bien là mes dernières volontés, si volonté il y a. Le Serviteur, a-t-il d'autres volontés que celle de son Maître ?
1. Rendez grâce au Seigneur, car éternel est son amour! Je voudrais que mes funérailles soient une fête, une splendide fête d'action de grâce, dans la prière, la joie et l'exultation. Si je peux me permettre de faire une entorse aux dispositions liturgiques, je souhaiterais que soit dite la messe de Pâques avec les textes de ladite Messe. (éviter le latin; de préférence des chants populaires en fon et en français.)
2. Grande fête, oui ! Mais dans la simplicité la plus totale possible. Je dois disparaître pour laisser toute la place à Dieu. Ce que je n'ai pas su faire de mon vivant, je voudrais que ce soit fait à l'occasion de mon enterrement. Qu'on m'enterre comme épouse du Christ. Car c'est ce que j'ai la conviction d'être (Kristusi). Même si bien des fois je me suis prostitué à d'autres dieux que mon Seigneur et Maître... Qu'Il me pardonne, Lui qui est amour et miséricorde. Je demande aussi pardon à tous ceux et à toutes celles que j'ai offensés durant ma vie sur cette terre, spécialement à tous ceux qui ont cherché à découvrir le Christ en moi et qui ne l'ont pas vu en moi. Je n'ai rien à pardonner à qui que ce soit : j'ai toujours essayé de voir le Christ en chacun, faisant effort pour aller au delà des opacités humaines et rejoindre mon frère. Mais si quelqu'un a quelque chose à se faire pardonner, je lui pardonne en toute simplicité. Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons ... "
3. Je désigne l'Archevêque qui prendra ma succession comme mon légataire universel: tout ce qui pourra être trouvé chez moi au séminaire ou à l'archevêché dans mes comptes à Ouidah et à Paris, tout, tout, et tout reviendra à l'archidiocèse. Mgr l'archevêque verra s'il faut donner quelque chose à l'une ou l'autre de mes sœurs encore vivantes.
4. Je souhaite enfin que le jour de mon enterrement, un bon repas soit servi aux prisonniers de la prison centrale de Cotonou.
5. Qu'on m'enterre où l'on voudra. Un seul souhait à ce sujet: libérer mon cercueil de toute couronne de fleurs artificielles ou naturelles: je voudrais pouvoir y respirer seulement l'odeur de Dieu!
La vie ici-bas et dans l'au-delà est identique, une seule différence: celui que nous voyons ici comme dans un miroir nous le verrons face à face dans une profonde et éternelle éternité... Mais nous ne nous quittons pas! À toujours ! Christi Servus in Patris Spiritu.
Fait à Cotonou-Ouidah, ce 1er Avril 1984 + Isidore de SOUZA
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