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L’homme mystérieux

 

Le Saint Suaire conservé à Turin proviendrait de Jérusalem, selon les travaux d'un botaniste israélien, présentés le 2 août dernier dans le cadre du 16è Congrès international de botanique organisé à Saint-Louis aux États-Unis.

 

Avinoam Danin, botaniste de l'Université hébraïque de Jérusalem, rapproche de la Ville Sainte l'origine du fameux linceul en s'appuyant sur l'analyse de grains de pollen et des traces de plantes et de fleurs relevées sur le Saint Suaire. Pour le botaniste et son équipe, ces indices proviennent d'espèces que l'on ne peut trouver qu'à Jérusalem et dans les environs immédiats en mars et en avril.

Si l'origine historique du Saint Suaire devait être confirmée à Jérusalem par les scientifiques, cela conférerait évidemment un poids de signification supplémentaire à l'empreinte mystérieuse d'un corps crucifié que conserve cette pièce de lin de 4,36 m de long sur 1,10 m de large, qui porte naturellement les chrétiens à évoquer l'image du Christ, qui fut crucifié à Jérusalem à une date généralement située au 7 avril 30.

On sait avec certitude que le Saint Suaire est conservé depuis 1578 dans la cathédrale de Turin où il est arrivé en provenance de Chambéry, ancienne capitale du duché de Savoie. On sait même qu'au milieu du 14è siècle, le linceul se trouvait à Lirey en France, mais pour l'histoire antérieure, on doit supposer qu'il a pu être transporté d'Orient en Europe au cours des Croisades. C'est en 1453, qu'il fut confié à la famille de Savoie. Il suivit alors cette famille royale jusqu'au Piémont, où elle s'installa, avant d'aboutir à Turin, où il est conservé, depuis 1694, dans la splendide chapelle construite par Guarino Guarini.

Si l'église continue à entourer cette sainte relique de toute sa vénération, elle invite toutefois à faire la part des choses entre la signification spirituelle du précieux objet, laquelle échappe à la loupe du savant, et sa stricte valeur historique, qui relève légitimement de la méthode scientifique.

 

La recherche

Mais la science n'a pas encore donné d'explications plausibles. Les résultats les plus sûrs des recherches tiennent en quatre points.

D'abord, l'image offerte par le linceul n'est pas une peinture, mais l'empreinte réellement laissée par le cadavre d'un homme flagellé et crucifié.

Ensuite, sur le linceul, on a retrouvé les pollens de fleurs qui constituent de forts indices en faveur d'une présence du Saint Suaire non seulement en Europe, mais aussi au Proche-Orient.

En outre, les analyses sur les traces de sang ont révélé la présence de sang humain de type AB. En revanche, le linceul ne porte aucune trace de pigments colorants.

Enfin, en 1988, un tout petit fragment du linceul a été soumis aux laboratoires des universités d'Arizona aux États-Unis et d'Oxford en Grande-Bretagne, ainsi que de l'Institut Polytechnique de Zurich en Suisse. Après mesures de datation au carbone 14, ces trois laboratoires sont parvenus à la conclusion probable à 95%, que le tissu daterait des années 1260 à 1390 après J.-C.

Cette datation reste cependant controversée. Et elle vient d'être mise en question par le botaniste israélien qui se dit “sûr que le linceul est antérieur au 8è siècle ” de notre ère. Car le pollen qu'il a analysé, explique-t-il, est celui d'une espèce particulière de chardon “Gundelia tournefortii”, le même que le pollen identifié en Espagne sur le Suaire d'Oviedo, une pièce de tissu de 83 x 52 cm qui présente de nombreuses taches de sang symétrique et qui conserverait, selon la tradition, l'imprégnation de la Sainte Face. Une étude avait montré, en 1983, que le Saint Suaire de Turin et le Suaire conservé depuis le 8è siècle dans la cathédrale d'Oviedo portaient des traces de sang du même type.