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Un soir |
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Maman Sogbossi Djinofoun est originaire de Avévé, un village de la préfecture des Lacs (sud-est du Togo). Lors du baptême elle a pris le nom de Marie Madeleine
Quelle a été votre enfance? Ma famille était une famille de personnes consacrées aux différents fétiches de chez nous. Alors que j'étais encore dans le sein de ma maman, j'ai été consacrée à Sogbo, un vaudou dérivé de Héviesso, le vaudou de la foudre. Sogbo aurait dû me protéger de la mort. En effet, la mort avait emporté tous les enfants nés avant moi.
Comment êtes-vous arrivée à prendre la décision de devenir chrétienne? J'étais déjà grande et mère d'enfants, quand une de mes nièces, qui voulait devenir religieuse, commença à me parler de Jésus. Puisque j'étais consacrée à mon Sogbo, j'ai réfléchi longtemps. Et puis, petit à petit, j'ai senti que le Seigneur m'appelait. Mes enfants aussi m'encourageaient, eux qui avaient déjà adhéré à l'évangile. C'est peut-être la maladie qui m'a poussé d'une manière déterminante: des cauchemars et des fréquentes insomnies, sans compter l'argent que je dépensais chez les féticheurs pour guérir, sans y parvenir!
Vous y êtes arrivée toute seule? Je dois ma reconnaissance surtout aux chrétiens qui venaient me voir. Au début de cette année, je suis tombée de nouveau gravement malade. Un soir, deux femmes légionnaires de Marie entrèrent chez moi. "Maman, qu'est-ce que vous attendez encore pour devenir chrétienne?", fut leur question.
Et après? Les deux légionnaires multiplièrent leurs visites, pour me préparer au baptême. Ma décision était prise. Et c'est le 16 juillet, fête de Notre Dame du mont Carmel, qui fut retenu comme jour de mon baptême. Entourée de nombreux légionnaires qui remplissaient ma maison, le père Elio m'a fait renaître de l'eau et l'Esprit à la vie nouvelle. Je me sens guérie de tous mes maux, tout en étant âgée et avec une démarche lente. Mais surtout je me sens libérée de l'emprise de Sogbo. Je goûte moi aussi à la liberté des enfants de Dieu! Propos recueillis par Michel Djata
Le grand rêve de Claudine
Pour les nombreux malades du sida qui croient que leur maladie est une barrière.
Vous savez que la vie est plus belle quand nous entendons la mélodie mystérieuse de ce que Dieu est capable de faire dans les cœurs des hommes. Je vous ai beaucoup parlé de Claudine, séropositive et responsable du “Centre Nouvelle Espérance”, qui s’occupe des malades de sida. J'ai visité ce Centre, il y a quelques jours, et Claudine m’a dit toute souriante: “Je te demande une prière pour moi, le jour de Pâques”. Puis elle m'a expliqué: “C’est le jour de mon saint patron et cela fera 5 ans que je suis séropositive. J’avais 24 ans et je pensais que j’allais mourir et voilà que maintenant j'ai 29 ans”. Cela faisait deux semaines que Claudine était venue me voir. Elle ne savait pas quoi faire. L’archevêque de Bujumbura, Mgr Simon Ntamwana, lui donnait l’autorisation pour prononcer ses vœux religieux au mois de juillet. Dieu est extraordinaire, disait-elle, depuis mon enfance, j’ai toujours désiré être religieuse. C’était son grand rêve.
Je ne sais pas si elle était aspirante ou novice quand elle a su de sa maladie; avec humilité, elle a exposé son problème à la responsable. La réponse était qu’elle devait quitter la Congrégation. La nouvelle lui fit un coup au cœur. La vie n’avait plus de sens et elle a cru qu’elle ne pouvait plus vivre. Elle est allée raconter cela à sa belle-sœur. Son mari (frère de Claudine) avait été assassiné; et elle était malade d’un cancer à un stade très avancé. Sa belle-sœur lui a rappelé que Dieu l’aime beaucoup et qu’il est en train de lui apprendre le vrai chemin qui mène à la vie et qui passe par le dépouillement des biens de la terre. Après cette rencontre tout a changé pour Claudine. Sa nouvelle espérance s’appelle Jésus de Nazareth, qui a souffert et est ressuscité. À mon avis, si les vœux ne sont pas nécessaires pour elle, ils sont importants pour les nombreux malades de sida qui croient que leur maladie est une barrière pour entrer dans le Royaume de Dieu. M. V. |