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Solidarité pour le prochain millénaire: question de vie ou de mort.
Nous venons de terminer un siècle qui a été fortement marqué par la violence et la destruction de la vie humaine et de la société. Ce fut le siècle des deux guerres mondiales et d'une centaine de conflits armés entre 1945 et 1999. Nous constatons que dans cette civilisation de la violence institutionnalisée, une grande solidarité s'est tissée entre des peuples mais une solidarité dans le mal, une solidarité pour tuer la vie. Nous avons vu se faire et se défaire des alliances entre peuples au gré des intérêts souvent changeants des uns et des autres. Le cas le plus récent est celui de la République Démocratique du Congo où nous avons assisté en l'espace de deux années au renversement des alliances. Les amis d'hier deviennent les ennemis jurés d'aujourd'hui.
Pour reprendre l'expression du Pape Jean-Paul II, nous pouvons qualifier ce 20è siècle qui s'achève comme étant le siècle de la "culture de la mort". Or, la mort est considérée et vécue comme une rupture des liens entre les humains. En somme, la mort divise, sépare les humains. Face à cette "culture de la mort", le Pape en appelle à la "culture de la vie". Et la vie n'est possible que dans la communion et dans la solidarité entre les humains. Des efforts réels ont été réalisés au cours de ce siècle. Nous avons, par exemple, tout ce mouvement de réunification de l'Europe avec la Communauté Économique Européenne qui aujourd'hui est devenue l'Union Européenne à laquelle un bon nombre d'États européens ont adhéré. Même si cette solidarité de l'Europe n'est pas encore totalement centrée sur l'homme mais reste fortement motivée par les intérêts économiques, il n'empêche que c'est un grand pas vers une solidarité qui épanouit l'homme dans toutes ses dimensions existentielles. C'est vers cette solidarité fondée sur le respect de l'homme où qu'il soit que doit tendre l'Europe de demain. Et pendant que l'Europe s'efforce de créer son unité afin de devenir forte, l'Afrique s'enfonce dans la civilisation de la mort, de la division pour différentes raisons qui sont généralement d'ordre économique et politique. Les Occidentaux qui fabriquent les armes, instruments de la destruction et de la mort, font tout pour créer et entretenir des foyers de tension et des conflits armés en Afrique afin d'écouler leurs marchandises criminelles et s'assurer le contrôle du continent et de ses richesses. En cette fin du 20è siècle et début du troisième millénaire, il est grand temps que nous, Africains, dirigeants et peuples, nous comprenions que nous avons tout intérêt à tisser des liens de solidarité entre nous et à cesser de nous entre-tuer. C'est pour nous une question de vie ou de mort.
L'appel posthume que les deux jeunes guinéens, retrouvés morts le 2 août 1999 dans le compartiment du train d'atterrissage d'un avion en provenance de Conakry, adressent aux membres et responsables d'Europe, convient tout aussi bien aux dirigeants africains. Avec Yaguine et Fodé, les deux jeunes guinéens, j'aimerais dire aux "Messieurs les membres et responsables de l'Afrique, soyez solidaires entre vous et créez la solidarité entre vos peuples afin de sauver l'Afrique. Que le troisième millénaire soit pour l'Afrique un siècle sans guerres et sans conflits armés, un siècle de vie et de solidarité, un siècle de paix pour tous les enfants de ce continent!". Pour cela, il nous faut travailler au changement des hommes et des structures. Que les familles, les écoles et les Églises en Afrique deviennent des lieux d'apprentissage de la solidarité au-delà des différences tribales et ethniques ! José MPUNDU |
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