Zone de Texte: Home page  - Qui est Afriquespoir - Comment avoir Afriquespoir 
Zone de Texte:   Numéros on line

 

"Bon succès à Jésus-Christ pour l'an 2000!" dit une affiche sur les boulevards de Kinshasa, annonçant une campagne d'évangélisation organisée par un groupe religieux. "Un troisième millénaire de miracles!", assure un autre. "Joie pour l'an 2000!", souhaite une célèbre brasserie…

L'an 2000 est finalement arrivé. Avec l'ouverture de la porte sainte, la veille de Noël, le grand Jubilé

a commencé. Cela représente pour les 210 millions d'Africains qui croient en Jésus-Christ et son message, une date unique, une invitation à reprendre l'affirmation de Saint-Paul: "Lorsque fut arrivée

la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme". Paul écrivait aux Galates, parce que

leur communauté était en danger. Trop de chrétiens connaissaient trop peu du Sauveur.

Certains mettaient de l'eau dans son message à tel point que du Christ il ne restait presque rien.

 

Le calendrier des chrétiens a pour point de départ la naissance de Jésus. Après vingt siècles,

l'Église se présente au seuil du troisième millénaire avec cette même annonce, qui constitue son unique trésor: "Un sauveur est né". Il convient de s'interroger sur ce que nous, chrétiens et chrétiennes, voulons faire de cette année hautement significative. L'année 2000 n'est pas d'abord un paquet de troubles

ou de peurs: c'est la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. S'inscrivant dans la grande tradition biblique

des jubilés, l'Église catholique veut faire de ce temps une célébration en vue d'approfondir le mystère

de Dieu entré dans notre histoire. Temps favorable pour mieux connaître le Christ, sa pensée, sa mission et la place qu'on peut lui faire dans la vie. Dieu nous sauve en se faisant l'un de nous: c'est le cœur du message des évangiles. Dieu n'est pas celui qui nous donne quelque chose selon son humeur ou qui s'intéresse à nous de temps en temps. Il a choisi de partager nos conditions de vie, de porter la croix que les humains portent. C'est la nouveauté du Christianisme. De nombreux pèlerinages jubilaires auront lieu

en Terre Sainte, à Rome et dans différents lieux de nos diocèses. Le temps du pardon commence.

Une année au cours de laquelle l'Église répétera une chose qu'on n'aime pas trop entendre: pardonne

et demande pardon. La vie quotidienne, le travail, les soucis, les souffrances sont souvent source

de tensions, de haine et de désirs de vengeance.

 

On a tous besoin de pardon. Tous aimeraient changer l'humanité, c'est-à-dire, les autres.

Presque personne ne pense à changer soi-même. Notre monde est plein de gens qui se considèrent

sans faute, presque parfaits, justes devant Dieu et les hommes. On a douze mois à disposition pour apprendre qu'on se trompe. Ce n'est qu'à partir du moment où on est conscient de ses propres forfaits

et limites, que s'ouvre la place aux autres. Tous ceux qui n'ont rien à se faire pardonner ou qui pensent qu'ils ne se sont jamais trompés ou qu'ils n'ont rien à se reprocher, sont des gens dangereux.

Le 16 novembre dernier l'armée et les majeures factions protagonistes de la guerre qui a ensanglanté

le Congo-Brazza, ont signé finalement un Accord de paix. Au cours de la cérémonie, un des leaders rebelles a publiquement reconnu les violences infligées aux gens en ces années. "Nous demandons pardon au nom de Jésus-Christ notre Seigneur" a-t-il dit. Voilà un geste qui, s'il est sincère, promet

qu'on veut tourner la page.

Son unique trésor

Éditorial