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Religiosité
Dans les oeuvres des auteurs africains on trouve souvent des personnages de foi, croyant en Dieu, dans la Providence, dans la puissance des esprits. La réalité apparaît comme un mystère infini, sacré, qu'on peut saisir en quelque sorte. Devant le décès d'une personne aimée, quelqu'un dit: "Du courage, on n'y peut rien. Le monde est vaste. Le monde est grand et mystérieux. Reste calme. Ça ira mieux. Après avoir prié, Dieu te confortera" (IDU, de la nigériane Flora Nuapa). Au moment d'enterrer Luzingu, son frère fait la prière suivante: "Si c'est Dieu qui t'a appelé, nous n'y pouvons rien." (Bandoki, du Congolais Zamenga B.). Nombreux sont les écrivains qui montrent un intérêt explicite pour Jésus et son évangile. Ils ont été frappés par l'un ou l'autre aspect de son enseignement, mais surtout par le fait qu'il a voulu partager la condition humaine. Son incarnation donne l'assurance définitive: Dieu est avec nous. La croix apparaît comme le symbole de la souffrance de tous les opprimés et le lieu où la haine peut se transformer en pardon. C'est en contemplant des images du Chemin de croix que Climbié, de l'Ivoirien Bernard Dadié, comprend que le "Christ est tombé sous le poids de sa croix, sous le poids d'une société qu'il aurait voulu meilleur, ouverte à tous, fraternelle." Au cours d'une interview sur sa perception du christianisme, le Nigérian Chinua Achebe a dit: "Je le vois résumé dans le Sermon de la Montagne: attention aux oubliés de la société, solidarité avec ceux qui sont exclus. S'occuper de ceux qui souffrent, qui est aussi capacité d'écouter les autres, d'apprécier leurs sentiments: voilà le coeur de l'enseignement du Christ" (1996). "La narrative africaine moderne, écrit P. A. Shorter, est loin d'être sympathisante avec le christianisme ou l'Église. Il suffirait de citer quelques lignes de l'ougandais Okot p'Bitek. Après avoir exalté sa profession, la prostituée de la Chanson de Malaya affirme que l'Afrique est affligée par deux sortes de peste: les maladies vénériennes et la morale Chrétienne qui prône la monogamie! On peut néanmoins affirmer que bien des écrivains ont été influencés par le christianisme et par des thèmes empruntés à la Bible ou à des recueils d'hymnes chrétiens. Plus encore: les auteurs africains partagent beaucoup les contenus moraux, sociaux et spirituels du christianisme… Même quand ils critiquent sévèrement le missionnaire ou l'homme qui représente l'église, ces écrivains témoignent positivement de la libération culturelle, une des conséquences de l'évangélisation chrétienne". (Christianity and the African Imagination, Paul. Pub.)
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