Le scandale


C'est surtout le scandale de l'incohérence, de la vie qui ne correspond pas à la foi, du comportement hypocrite, superficiel ou criminel des chrétiens (catholiques et protestants confondus) que soulignent beaucoup d'auteurs.
À vrai dire, certain auteurs musulmans (Ousmane Sembène, Ahmadou Kourouma, Mariana Ba), ne se sont pas montrés moins féroces à l'égard des représentants officiels de l'Islam.
L'évangile est appauvri par le contre-témoignage et les divisions de ses adhérents. La vie des chrétiens ne brille pas comme une "lampe sur le lampadaire" (Mt 5,15).
Dans
La Révolte  le Congolais Tchicaya U Tam'si crie:
"Que tu es sale Christ d'être
avec les bourgeois

leur luxe est un veau d'or au cou
de leurs bourgeoises."

Dans
Sur les traces de mon père, le prêtre et poète burundais Michel Kayoya (tué en 1972) écrivait à propos des chrétiens tièdes:
"Je veux demander à mon ami:
Est-ce que tu connais Jésus-Christ?...
Ce n'est pas Lui que tu connais.
Tu ne connais ni sa justice ni sa joie
Tu ne connais ni son amour ni sa loi
Tu ne connais ni sa vie ni sa mort
Tu n'es pas chrétien, tu mens."

Même plainte dans les oeuvres du Camerounais Mongo Beti, qui tout en dressant un procès sévère de la christianisation, ne cache pas son admiration pour l'évangile. Les protagonistes de ses romans affirment qu'"Il n'y a eu qu'un seul vrai chrétien: il l'ont pris et ils l'ont crucifié… Jésus est un prophète crucifié… Il est vrai qu'Il a été abandonné de tous et qu'il a été crucifié"…

Dans
Le Pauvre Christ de Bomba, - on a remarqué que ce livre pourrait s'intituler "Misères de l'évangélisation en terre camerounaise" - l'administrateur Vidal demande au missionnaire: "Père, tu crois vraiment que les noirs descendent de Cham?" Le missionnaire lève les yeux étonnés: "Ils ne semblent pas descendre de Cham plus que les autres. Bien, admettons qu'ils descendent de Cham, qu'importe? Le Christ est venu précisément pour rectifier tout cela. Il a dit: "Finis les anathèmes du passé… Il nous a confondus tous dans le même amour."

Le Sud-africain Njabulo S. Ndebele brosse le portrait de "madame" qui, dans l'espoir de trouver un remède à ses maux, envoie son enfant chercher une bouteille d'eau bénite auprès d'une 'prophétesse'. Et pourtant, elle est une chrétienne engagée dans la vie de sa communauté, c'est elle qui a "brodé la nappe de l'autel"!
C'est le pharisaïsme, propre du C
onseil des anciens de l'église qui décide d'exclure de la communauté un directeur d'école coupable d'adultère. "Son rôle principal consiste à séparer les brebis des chèvres pour le jour où la trompette du jugement dernier sonnera. Cette louable initiative épargnera une paperasserie inutile au Seigneur Jésus et à ses anges, puisque tous les dossiers auront déjà été alphabétiquement classés, n'attendant plus que la divine ratification" (Chroniques de Mvoutessi , du camerounais Guillaume Oyônô Mbia).

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