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Lumière
Deux écrivains méritent une mention spéciale, Wole Soyinka et Ngugi wa Thiong'o, les plus grands peut-être, de la littérature africaine moderne. Le prix Nobel nigérian demande lumière pour comprendre un peu mieux le problème de la souffrance, de la mort, de la justice divine, de l'injustice humaine: "Le riche, il meurt. Le pauvre, il meurt. Dieu n'accepte pas de pots de vin. Il est impartial." (The interpreters) "L'influence du Christianisme sur les œuvres de Soyinka est incontestable. La vie du Christ doit l'avoir impressionné profondément, car il y a des figures du Christ dans toute l'œuvre de Soyinka, souvent avec des mots pris directement de la Bible", écrit Eldred Durosimi Jones (The Writings of Wole Soyinka). Nous retrouvons une figure frappante du Christ dans The Strong Breed, où Eman, un enseignant remplace, pour le sauver, un pauvre idiot que les villageois voudraient sacrifier au cours d'une fête. Comme le Christ, Eman est victime des gens pour lesquels il travaille: les deux meurent sur un poteau, laissant les villageois étourdis. The Dreamer s'inspire aussi de la figure du Christ: le 'rêveur' voit des choses que la société ne voit pas et finira crucifié. Tout en se présentant comme un critique sévère du christianisme, Ngugi wa Thiong'o, estimé comme le meilleur écrivain de l'Afrique de l'Est, est grandement influencé par la Bible et par les thèmes chrétiens "La religion, la foi, avaient besoin de nettoyage, d'être débarrassées de toutes les scories pour ne laisser subsister que l'éternel" écrit-il dans The river between. Dans son roman Et le blé jaillira (titre tiré de la Iè aux Corinthiens 15,36) Ngugi s'interroge longuement sur le mystère de la croix. Chaque individu et chaque société a le devoir de travailler à sa propre délivrance, par le sacrifice. Ngugi voit en Jésus-Christ le modèle du lutteur pour la liberté. "Si le Christ avait vécu au Kenya en 1952, en Afrique du Sud ou en Rhodésie, il aurait été crucifié comme un terroriste Mau Mau ou comme un communiste"!
En 1970 il publia un livre, Homecoming, dans lequel il répudiait, au nom de ses convictions marxistes, son nom de baptême, James. De l'autre coté du continent le gén. Mobutu invitait les chrétiens à en faire autant, mais pour des raisons bien différentes!
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