|
Pourquoi pas?
Ce que l'Afrique a expérimenté au cours des dernières décennies a déplacé l'attention de nombreux auteurs - les écrivains de la seconde génération (à partir des années '70) - vers d'autres thèmes: l'exaltation pour les indépendances, la fin du colonialisme, la recherche d'identité et d'un projet de société. Des réalités nouvelles se sont imposées, porteuses de nouvelles aspirations et contradictions. Dans les œuvres de pas mal d'auteurs la description des maux de la société est parfois si négative que l'on pourrait se demander si nos sociétés gardent encore des valeurs ou si elles ont un avenir. "Notre génération a peur d'être courageuse malgré les occasions qui lui sont données. Une chose pourtant est à savoir: nous sommes la génération qui risque de tuer l'espèce humaine. Cette chose fait peur et honte" (Sony Labou Tansi, auteur Congolais, interviewé en 1980). D'une littérature glorifiant les pouvoirs en place on est passé à des textes tellement critiques que la vie même des auteurs a été quelque fois en danger. Ils nous ont régalés de subtiles parodies du pouvoir, telle que la parabole de Zeyang, le footballeur de Perpétue de Mongo Beti, condamné à mort parce que coupable d'avoir comploté contre "Son Excellence Bien-Aimée, son Altesse Magnanime, Sheik Baba Tura…". Et L'exil ou la tombe du Congolais Tchichelle Tchivela à l'adresse du "Président Nzasi Makandi, de la Rép. Dém. du Bas-Kolo s'attribuant des titres chrétiens: Pasteur Suprême, Sauveur, Messie, Envoyé de Dieu"…
|
|