Des choses à dire

Le 21è siècle, qui vient de commencer, promet d'autres défis aux croyants à l'évangile.
Le théologien béninois Éfoé-Julien Pénoukou
nous met en garde: "Adhérer à la personne du Christ a été toujours un choix déchirant. Et il n'existe aucun peuple ni aucune culture, pour qui l'appartenance au Crucifié-Ressuscité ait été sans problèmes ni épreuves. Suivre Jésus présuppose une démarche et une vie de conversion."
Le Christ doit être redécouvert par chaque génération. L'histoire nous apprend qu'Il aime s'adresser à n'importe qui. Le chanteur français d'origine algérienne, Faudel Belloua, musulman, a interprété l'année dernière, dans le téléfilm
Jésus, sur TF1, le rôle de protagoniste. "Qu'elle a été votre réaction, lorsque on vous a proposé de jouer dans Jésus?", lui a-t-on demandé.
"Je me suis dit: 'Faudel, qu'est-ce qu'on va penser de toi?' C'était une chance pour moi et un beau message de tolérance à faire passer! Il m'a donné l'occasion de me poser des questions que je ne m'étais jamais posées: 'Qu'est-ce que je suis? Où vais-je dans la vie?' J'ai beaucoup appris sur Lui. Un homme moderne, tolérant, universel. J'ai eu l'impression, avec ce film, qu'il n'y avait qu'un seul Dieu. Et j'ai appris sur moi"
(La Vie, 27.1.2000)
Les violences perpétrées par des baptisés contre d'autres baptisés et la confusion qui règne dans la tête de nombreux chrétiens (prolifération des sectes, sorcellerie), pourraient nous pousser au défaitisme.
Dans les blocages que nous expérimentons, pourquoi ne pas avoir confiance en la capacité créatrice de l'évangile? "Quand on est avec le Christ, on est délivré de toutes les puissances maléfiques et de la peur. C'est question ici de faire un choix: ou on est pour le Christ ou on est pour Satan" (
Je ne suis pas un sorcier, du Congolais Tsibanda Wamuela Bujitu).
D'ailleurs, ce dont de nombreux auteurs avaient rêvé, est même devenu proposition assumée par le Synode Africain: "Pour les baptisés, le grand défi restera toujours celui de la cohérence (n° 74)… Un vrai témoignage de la part des croyants est essentiel aujourd'hui en Afrique pour proclamer la foi d'une manière authentique (n° 72)…. Une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n'est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement vécue" (n° 78)
En entendant un prêtre africain dire: "Jésus est encore un étranger en Afrique", Mgr Bernard Bududira, évêque de Bururi, a réagi: "Quand je vois un Burundais qui se refuse à prendre une deuxième femme, même s'il n'a pas d'enfants, je ne peux dire que Jésus soit un étranger pour lui. Quand je sais qu'au Rwanda des Tutsis sont morts pour défendre des Hutus et que des Hutus sont morts pour défendre des Tutsis, comment puis-je dire que Jésus n'est pas une présence réelle dans leurs vies? Quand je vois des femmes bien placées du point de vue social passer leurs week-ends en lavant et soignant des victimes inconnues du sida, je dois dire: "Jésus est là!" Et quand je vois des gens s'occuper gratuitement des enfants de la rue, et bien, là aussi je dois dire: "Jésus est présent".

L'espérance évangélique n'est pas un sentiment illusoire. Elle est une vertu qui invite à réagir, à aimer la vie, à lutter, comme l'héroïne de
Shaba deux, Les carnets de Mère Marie Geltrude, du CongolaisV.Y.Mudimbe, debout au pied des croix de tous les vaincus et les opprimés.

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Afriquespoir n° 11

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