Comment as-tu pris la décision de te faire missionnaire?

Je crois que ma vocation est née de l'exemple des missionnaires du Verbe Divin. Je me souviens surtout du Fr. Boni, Allemand, qui se donnait beaucoup à l'éducation à travers l'école technique. Son témoignage m'a frappé et un beau jour j'ai décidé de devenir Frère moi aussi.
Puis, à la paroisse St. Martin, à Ndjili, j'ai connu les Comboniens. La vie de leur fondateur, Daniel Comboni, m'a touché, vraiment.

Qu'est-ce que tu fais concrètement en Equateur?

Je suis à Esmeraldas, une ville au nord du pays, et je consacre tout mon temps à la
Ciudad de los muchachos, la cité des garçons, une institution diocésaine qui s'occupe de l'éducation des enfants de la rue. On leur donne une formation professionnelle (mécanique, menuiserie, agronomie, électricité, imprimerie) et chrétienne.

Pourquoi ce choix?

On a voulu donner une réponse concrète à la situation et aux problèmes que connaît Esmeraldas. Les familles se brisent facilement et les garçons partent à la rue. Ceux que la cité accueille sortent après dix an environ de formation, vers 18, 19 ans, pour aller prêter le service militaire. Après quoi, ils rentrent dans leur famille. On se préoccupe toujours de trouver un parent ou quelqu'un auprès duquel le garçon puisse vivre, comme au sein d'une famille.

Est-ce que dans la vie des gens il y a des choses qui ont attiré d'une manière spéciale ton attention?

Oui, leur dévotion, par exemple. C'est ce qu'on appelle la religiosité populaire. Elle saute aux yeux, surtout lors des jours de fête. Pour la procession du vendredi saint on arrête la circulation des voitures dans toute la ville. Ils ont une grande dévotion aux saints, aux pieds de leurs statues ils déposent des lettres de pétition. Une vie religieuse parfois très intense, avec des manifestations qui se ressemblent aux nôtres.

Des difficultés particulières?

Oui, j'ai eu des difficultés. D'abord à cause de la langue et après parce que même de ce côté du Pacifique, quand on parle de l'Afrique, on ne voit que ce que le média proposent: savanes, animaux sauvages, guerre, misère, famine. Au début ils ne voulaient pas croire qu'un missionnaire, un Frère, pût venir de l'Afrique pour évangéliser le peuple équatorien. On se sent étranger et au début cela m'a fait souffrir. Mais je crois que c'est l'expérience de tout missionnaire.

Et des moment heureux?

Oui, naturellement. Surtout l'ambiance de fraternité qui se crée quand il y a des danses qu'on appelle Marimba. Les familles noires - à Esmeraldas les noirs et les métis sont nombreux - se rappellent qu'il y a là un Frère africain. On vient me chercher, on m'invite à partager le repas, ils me posent des questions sur l'Afrique, ils voudraient savoir si réellement ils sont venus de l'Afrique.
Ces moments de partage et le travail à la
Cité des garçons fortifient en moi la conviction que les Africains aussi ont des choses à partager et du travail à faire dans les autres continents, au nom de l'Évangile.

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