Afriquespoir n. 13
Janvier -Mars 2001


 

Assez de querelles
Sommaire AE13
Éditorial
L'occasion  nous est donné
Au delà des  apparences
Un exercice très récent
Dot: la liste a changé
De l'ethnie à la nation
L'autre visage
Les yeux tournés vers le nouveau millénaire qui s'annonçait, on était frappés par des sentiments divers, qui allaient de l'appréhension de ce qu’aurait réservé l'avenir et l'espérance naïve que le changement du millésime aurait pu bien changer l'univers, le monde, la vie.

Or que nous venons de tourner effectivement le cap du 2e millénaire et que nous entrons dans le troisième, on peut bien dire qu'il n'y a eu aucun événement apocalyptique. Le soleil, la lune, les mers sont toujours là. 

Bien sûr, il y a eu des catastrophes, des accidents, des imprévus, des inondations, des forêts brûlées. Des choses que les ancêtres de nos ancêtres connurent, même s'il n'y avait pas la télévision pour les montrer immédiatement à tout le monde. On a entendu beaucoup de bons propos. À New York les représentants  de 190 pays – c'est-à-dire de la planète – ont promis qu'ils feront de leur mieux pour que le troisième millénaire soit différent de celui qui l'a précédé: assez de guerres, d'injustices, de pauvreté, de violence, de famine, ont-ils dit.

Ce numéro d'Afriquespoir consacre plusieurs de ses pages aux martyrs du siècle passé, un siècle grand, sanglant et déraisonnable comme peu. On a compté les victimes innocentes par millions, par dizaines de millions. 

Les noms qu'on a retenus dans les pages du Spécial ne représentent qu'un très petit nombre. Le récit de leur "passion" pourrait confirmer la conviction que nous vivons dans un monde où le dernier mot appartient aux violents et aux méchants. 

Or, c'est le contraire qui est vrai: apparemment vaincus, les martyrs sont les hommes et les femmes dignes de représenter la famille humaine, surtout les gens sans pouvoir et tous ceux qui sont épris de fraternité et de justice. 

Ils ont refusé de se plier au culte des idoles du 20e siècle et ont été sacrifiés par le communisme athée, par le nazisme, par l'idolâtrie de l'État et de la race. 

Ce numéro parle aussi du chemin que certaines églises font pour dépasser leurs divisions et retrouver l'unité, c'est-à-dire, de l'œcuménisme.

On a appris des deux millénaires précédents qu'on a perdu beaucoup de temps pour fabriquer des divisions souvent raisonnables mais contraires au projet du Christ: "Qu'ils soient un". Un vœu qui n'a rien perdu de son actualité. 

Assez de querelles doctrinaires: la crédibilité de l'évangile passe par là.

Tout au long du Grand Jubilé le Pape a répété dans plusieurs circonstances que "tout ce qui nous unit est certainement plus important que ce qui nous divise". 

Si le passage de ce millénaire au suivant est l'occasion d'en prendre conscience, grâces soient rendues à ce qu'on a dit et fait.

    afriquespoir@ic.cd