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Mécanicienne |
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Diambomba Matiego, 42 ans, mère de sept enfants, connaît le moteur d'une
voiture comme sa poche. Masisa Tiama, 22 ans, après avoir terminé ses études de mécanique en 1999, travaille actuellement dans un garage. Afriquespoir les a interviewées. |
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ß Pourquoi
ce choix? D. J'ai toujours rêvé d'être mécanicienne, depuis mon
enfance. D'ailleurs j'appartiens à une famille des mécaniciens: mon père
était chauffeur, mon oncle était mécanicien. Mon oncle, qui a été
aussi député de la 2è république, avait un garage et des voitures. Déjà
à l'âge de dix ans, j'avais l'habitude de fréquenter son garage. C'est
lui qui a supporté toutes mes études jusqu'au diplôme à l'école
technique, section diesel. ß Vos enfants que
disent-ils?
Ils sont contents d'avoir une mère mécanicienne. Actuellement je suis aussi étudiante à l'Institut National de Préparation Professionnelle, pour la spécialisation en pompe d'alimentation. ß Comment êtes-vous arrivée à vous intéresser aux
moteurs? T. Quand je voyais des garçons tripotant autour des
engins j'avais envie de faire la même chose. C'est pour cela que j'ai décidé
de fréquenter une école technique pour me préparer à ce métier. Les réactions
des autres jeunes filles et des garçons? Je leur disais que c'est un métier
passionnant. Aux jeunes filles qui me demandent mon avis, je réponds qu'elles
aussi peuvent faire comme moi, et qu'il n'y a pas de métier exclusivement
masculin ou féminin. ß Vos compagnons de travail, les hommes, comment réagissent-ils? D. Parfois ils nous dérangent. Mais, pour ce qui me
concerne, je crois que nous sommes comme eux. Nous travaillons ensemble.
Il n'y a pas de différence. ß C'est un chemin nouveau qui s'ouvre pour les femmes? Oui et non, parce que pour moi c'est depuis longtemps. J'ai
fait mon stage à l'Air Zaïre en 1978. Je pense que je suis la première
femme à avoir étudié la mécanique. Après je me suis mariée, mon mari
est décédé et je suis retournée à ce travail. ß
Et chez vous?
T. Mon père est chauffeur mécanicien. Quand je le voyais
conduire ou réparer une voiture, j'aimais être là pour voir. Mais quand
je lui ai dit que j'avais choisi d'étudier la mécanique, il s'est étonné
et il a refusé. Puisque j'aimais beaucoup ce métier et je voulais à
tout prix faire cela, j'ai commencé à étudier et j'ai fini par le
convaincre. Je suis allée moi-même faire l'inscription. Tout le monde était
étonné de voir une jeune fille dans un département où d'habitude on ne
voit que des garçons. ß Est-ce que tu as été bien accueillie par tes
camarades d'école? D. Au début ils me regardaient un peu surpris. Puis ils se
sont habitués à m'avoir comme leur compagne de classe. Au commencement
j'étais l'unique fille dans cette école; quatre ans plus tard deux
autres filles ont été admises. ß Les démarches pour être admise à la maison
Lokole, étaient difficiles? T. Quand je me suis présentée, j'ai rencontré le secrétaire
du garage: il était stupéfait de voir une fille chercher du travail dans
un tel endroit. Une femme mécanicienne? Il m'a donné plusieurs
rendez-vous, mais je ne me suis pas découragée, tellement j'avais envie
de faire ce métier. Ensuite on m'a posé des questions, un petit texte.
J'ai réussi et alors j'ai été admise dans ce garage. ß Et dans votre cas? D. Le chef` de ce garage était un camarade de la même
classe. Nous avons étudié ensemble et fait ensemble les exercices
pratiques à l'école. Je travaillais avec les hommes, sans complexes. Je
m'habillais avec la salopette de mécanicien comme eux, je jouais au foot
avec eux… Je n'avais pas peur des hommes et surtout pas de sentiments d'infériorité. ß
Les clients, qu'est-ce qu'ils disent
lorsqu'ils confient à une femme leur voiture à réparer?
Ils s'étonnent, c'est clair! Mais je peux dire qu'à la
fin, ils préfèrent que leur voiture soit réparée par nous, les femmes.
Ils voient que nous connaissons notre métier. ß Mais il y a des tâches plutôt lourdes: changer un pneu d'un camion ou déplacer un moteur, par exemple. Vous pouvez le faire?Changer un pneu c'est très facile. Il y a des travaux
difficiles, où il est question de force physique. Mais il y a des leviers
qui permettent de soulever n'importe quoi. Même un homme ne peut pas déplacer
un moteur tout seul! Nous le faisons ensemble. Si les hommes disent qu'ils
le font seuls, c'est un mensonge. ß Quels conseils donneriez-vous à
une jeune fille qui veut choisir la
mécanique? D. J'ai trois filles et je serai très heureuse si l'une ou l'autre choisira d'être mécanicienne. Je dirais à ma fille "ne crains pas. Moi aussi j'aime la beauté, mais la profession de mécanicienne n'est pas incompatible avec la beauté. T. Puisque j'aime ce travail, je n'ai pas peur de me salir d'huile de
moteur, de descendre dans la fosse sous une voiture. Après le travail, je
me fais belle, j'arrange mes cheveux pour redevenir présentable! Si
une jeune fille me dit qu'elle veut être mécanicienne, je l'encouragerai
et je lui dirai que la mécanique n'est pas un travail réservé aux
hommes. Qu'elle n'ait pas peur de se salir les mains. ß
L'avis de M. Lokole.
Vous êtes le patron du garage: qu'est-ce que vous en
pensez?
Qu'il y ait des femmes mécaniciennes, je crois que
c'est quelque chose d'original. Il y a encore d'autres femmes qui
aimeraient travailler ici. Souvent on invoque contre les femmes leurs
problèmes, la grossesse, le congé maternité etc. Avec notre méthode de
travail cela n'est pas un grand obstacle. Nous sommes bien organisés, il
y a toujours un remplaçant disponible. Ces
mécaniciennes n'ont pas de complexes et nous n'avons rien à craindre,
car elles ont étudié comme les autres, comme les garçons, dans les mêmes
écoles. Elles peuvent travailler ensemble avec les hommes, sans problèmes.
On ne peut pas dire qu'elles se sentent inférieures aux hommes. Elles
connaissent ce métier beaucoup mieux que de nombreux garçons. Je suis
content de leur travail. Sr.
Betty Imperial |
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