Afriqu
espoir n. 14
Avril - Juin 2001


 

    
Sommaire AE14

Éditorial


La tranche du gâteau
Es-tu du nord 
           ou du sud?

Les médicaments
            sont au Nord
            les malades au Sud

Tu as fait de ton mieux
Mécanicienne:
            pourquoi pas?

Nos forêts

Situation

Plus d'un quart des forêts tropicales du monde se trouvent en Afrique. La forêt équatoriale du bassin du Congo (Cameroun, Gabon, Rep. Centrafricaine, Congo-Brazza-ville et R.D. du Congo) est la deuxième au monde, en terme de superficie, après le bassin amazonien. Elle constitue l’écosystème le plus riche de la région et abrite plus de la moitié des plantes et des animaux sauvages du continent. Les forêts africaines contiennent 45% de la biodiversité globale. Mais…

Cette richesse est de plus en plus menacée par l’exploitation abusive des vastes espaces boisés. L’Afrique a perdu plus de 39 millions d’hectares de forêt tropicale dans les années 80, et 10 millions d’hectares en 1995. Quatre millions d'hectares de forêts sont détruits chaque année en Afrique et cette destruction est irréversible. Si des mesures drastiques ne sont pas rapidement prises, les forêts africaines risquent de disparaître à jamais.

Causes

Les forêts africaines disparaissent surtout à cause de la coupe commerciale des arbres. (Cameroun, Gabon, Rep. Centrafricaine, Congo-Brazzaville et R.D. du Congo), la prospection minière, la production d’énergie hydraulique, la construction d’oléoducs et le plus souvent encore le développement de l’agriculture et le besoin de terre cultivable qui s’ensuit. On brûle la forêt pour la reconvertir en plantations de palmiers à huile, de cacaoyers ou de caféiers. Le Ghana et le Madagascar ont déjà perdu plus de 90% de leurs forêts. La forêt de la Côte d’Ivoire est passé de 21 millions d’hectares avant 1960 à 2,5 millions d’hectares à peine aujourd'hui. Un cacaoyer rapporte, à ce jour, plus qu’un arbre, donc on coupe l’arbre qui a eu besoin parfois de plus de cent ans pour grandir, pour planter quelques pieds de café ou de cacao. Les 76%, des 22,8 millions d’hectares des forêts camerounaises (donc 17 millions d’hectares), ont été coupés ou ont été alloués à des concessions d’abattage. Seulement 6% des forêts camerounaises sont protégées comme des réserves, mais l’agriculture menace même ces forêts protégées. Selon les régions, il y a aussi d’autres facteurs tels que la densité croissante de la population, le besoin de terres pour bâtir et surtout le besoin de bois pour la consommation domestique. En Érythrée, Éthiopie, Soudan, Somalie, Kenya et Tanzanie des forêts subtropicales sont en train de disparaître sous la pression pour obtenir des terres pour l’agriculture, les pâturages et pour le bois de chauffage. Au Maroc, en Algérie et en Tunisie, ce sont les forêts de conifères qui sont en train d’être dégradées.

L’Afrique du Sud, qui est le plus grand exportateur africain de produits forestiers, est le seul pays africain où la surface forestière est en croissance, grâce à des politiques de conservation. Les conflits armés et le déplacement des réfugiés qui s’ensuit, ont aussi une influence négative sur les forêts.

Effets irréversibles

La coupe d’arbres par les populations réfugiées au Malawi, à l’Est de la R.D. du Congo et en Tanzanie, a été la cause d’une grande perte de la masse forestière de ces régions.

L’Afrique est un continent qui manque d’eau. Or les forêts jouent un rôle crucial dans la régulation des grands cycles naturels (humidité, pluies). La déforestation a des effets irréversibles sur le climat, la désertification (les plus grands déserts se trouvent en Afrique) et l’environnement. Dans 20 ans le glacier du Kilimandjaro ne sera qu'un souvenir. Les forêts contribuent à protéger les sols et à réduire l’érosion.

Il y a aussi une tendance à couper la forêt primaire pour replanter des espèces de moindre qualité mais de croissance rapide, ce qui produit aussi une détérioration de la masse des forêts. Beaucoup de ces espèces à croissance rapide consomment une grande quantité d’eau, asséchant les ruisseaux et rivières existantes, et même les couches d’eau souterraines, ce qui a des conséquences pour l’agriculture de la région. La diminution intensive des forêts a ouvert les yeux de quelques gouvernements africains qui ont vu le besoin de protéger cette ressource. Par contre, dans d’autres pays, les défenseurs de l’environnement sont persécutés. À la coupe légale des forêts s'ajoute l'abattage illégal. Les marchés d'Europe et d'Asie sont la plus grande menace pour la survie des forêts africaines les plus anciennes.

La destruction des forêts est une des conséquences principales de la dette extérieure de certains pays. Pour  payer le service de la dette, les pays sont obligés de vendre plus de concessions (plus d’abattage), d’exporter plus de bois ou d’augmenter leurs exportations agricoles (plus de terres arables au dépens des forêts). Les gouvernements n’ont pas d’autres alternatives que la vente du bois aux grandes compagnies, surtout européennes et asiatiques, pour des devises obtenues au prix de la destruction des forêts.

Africa-Europe Faith and Justice

       

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