Journée de la Mission

Zone de Texte: En bref
Zone de Texte: Des Chrétiens persécutés
Tour d'horizon
Zone de Texte: Témoins 1
Zone de Texte: Témoins 2
Zone de Texte: Journée de la Mission
TémoinsZone de Texte: On pourrait les appeler 
'les missionnaires du 3ème millénaire'. 
Des hommes et des femmes de notre continent qui, 
en toute simplicité, annoncent l’évangile ailleurs.

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P. Charles Ilunga, congolais, missionnaire CICM (Scheut), est parti au Sénégal pour la première fois en 1983.

 

- Au Sénégal?

C'est un pays en majorité musulman, cependant il y a des communautés chrétiennes vivantes. C'est avec celles-ci que nous travaillons, en faisant des efforts  pour assurer les liturgies dans la langue wolof, plutôt difficile pour nous et encourager le dialogue. La constitution sénégalaise est laïque, elle n'impose pas sur une religion particulière. Cela joue sans doute un rôle stabilisateur. Dans l'islam il y a des courants, comme les Tidjannes, les Layennes ou les Mourides... Ces derniers, surtout, insistent pour la création d'un État musulman. Avec eux le dialogue n'est pas facile.

 

- En passant d’ici au Sénégal, est-ce qu’il y a quelque chose qui t’a frappé?

Ce qui frappe davantage dès qu’on arrive là-bas, c’est la sécheresse. C'est un milieu un peu dur, avec beaucoup de sables et des périodes de grande chaleur. Ce qui frappe encore c’est le régime alimentaire. Au Congo on mange parfois très mal, mais il y a de la variété, tandis qu'au Sénégal le régime alimentaire de base c’est plutôt monotone, du riz du matin au soir.

 

- Vous vous sentez accueillis?

Oui, on se sent accepté par les gens. Dans ma communauté il y a un Philippin, un Camerounais et un Belge. Les gens voient que nous venons d’horizons divers et que nous vivons ensemble et cela peut être aussi un témoignage positif. Ils ont, naturellement, leur opinion d'eux-mêmes. Grâce à leur longue histoire de contacts, peut-être se considèrent-ils comme un peu plus avancés que les autres, que d’autres pays d'Afrique, surtout les pays de l’intérieur. La stabilité politique est aussi une chose positive. Ils aiment bien la paix, on sent ça même dans leurs salutations: ils y insistent beaucoup.

 

- Il n'y a pas de conflits?

Oui, en Casamance. Mais c’est une histoire locale, d'une population qui croit d'être oubliée par le centre. Il y a même un prêtre, Augustin Diamacoune, à la tête du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance. Maintenant il  revient au bon sentiment, il ne veut pas de sang, il demande aux rebelles de sortir du maquis pour des négociations avec le gouvernement.

 

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P. Janvier Kabeya, congolais, missionnaire combonien, travaille depuis trois ans au Soudan, comme vicaire dans une paroisse située à 200 km au Sud de Khartoum.

 

- Où est-ce que tu te trouves, exactement ?

C’est un milieu essentiellement arabe et musulman. On y parle beaucoup de la loi islamique (Sharia) et ces dernières années on a vu se développer des courants fondamentalistes qui dans leurs actions terroristes échappent souvent au contrôle gouvernemental. Mais, à part cela, les gens sont très accueillants, généreux et sociables. Ils entrent facilement en contact avec les étrangers. Ils sont prêts à assister quelqu’un en difficulté.

 

- Comment sont-ils ?

On dirait que les musulmans semblent plus cohérents que nous les chrétiens. Le respect de certaines normes claires et fixes que tout le monde peut contrôler rassure les individus qu’ils sont sur la bonne route. Naturellement, il y a aussi ceux qui  suivent l’Islam de loin. La société protège de façon mordue la vie des femmes et des enfants. On les voit comme des êtres faibles et cela est critiqué par les gens modernes, qui l’interprètent comme un manque de respect pour les droits des femmes, léguées toujours à l’arrière-plan, au service de la maison.

 

- Votre présence ?

Ma paroisse est dans l’archidiocèse de Khartoum, où les chrétiens dépassent les deux millions. La plupart ce sont des gens qui ont fui la guerre au Sud, qui en est maintenant à sa 18è année. Une communauté chrétienne très jeune, car nombreux sont les fidèles ayant reçu les sacrements d’initiation au cours de ces 10 dernières années. Nous pouvons dire en toute vérité que notre Eglise est «jeune»! Mais c’est aussi une Eglise qui connaît des jours difficiles. Nos chrétiens souffrent sérieusement. Ils n’ont droit à rien. Réfugiés, sans travail, à la recherche d’un endroit sûr où habiter, de nourriture (la capitale soudanaise est entourée par le désert), d’une école, d’assistance sanitaire. Ils sont souvent objets de tracasseries et bouc-émissaires de toute tragédie. Les écoles en bambous de temps en temps sont sous les coups de bulldozers envoyés par des autorités intolérantes. L’année passée on a même emprisonné et torturé deux abbés soudanais.

 

- Enfin, le travail ne manque pas!

Nous avons une vingtaine de centres de prière, dont certains sont aussi de jardins d’enfants. Moi, je suis chargé de la formation hebdomadaire des catéchistes et de la pastorale des jeunes. Avec une religieuse je travaille aussi dans la commission Justice et Paix  et dans la coordination des CVEB. A cela il faut ajouter les visites aux  malades et aux  familles. Vraiment, je ne suis pas sans emploi !

 

- Comment vois-tu l'avenir?

En ce moment on constate que les Eglises sœurs qui nous ont aidés, sont fatiguées. Elles ne peuvent plus tenir le coup d’une émergence indéfinie provoquée par la guerre qui dévaste le sud du pays, y perpétuant des injustices terribles et même des formes d’esclavage, que les institutions pour les droits de l’homme ne manquent de dénoncer.

Je peux dire que malgré toutes les difficultés, l’Eglise du Soudan garde sa vitalité. J’admire les chrétiens soudanais – ils sont nombreux – dans leur effort quotidien de vivre leur foi avec courage. Leur cohérence est une invitation aux autres chrétiens du continent, à  être  authentiques et 'vertébrés'.

 

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Mgr Miguel Sebastián Martinez, évêque de Laï, Tchad, vient de visiter Kinshasa, lors d'un tour qu'il a fait dans différents pays à la 'recherche de missionnaires'.

 

- Un diocèse nouveau!

Oui, il a été créé en même temps que ma nomination, parce que je suis le premier évêque, il y a deux ans et demi. Un diocèse enclavé, de 600.000 habitants, dans ce pays enclavé qui est le Tchad. Dix paroisses, des communautés chrétiennes très jeunes avec très peu de personnel local. L'évangélisation a commencé surtout après la deuxième guerre mondiale. Voilà la parcelle qui m'a été confiée!

 

- Votre visite ici?

Je me suis mis à la recherche de collaborateurs. Je n'ai que 10 prêtres tchadiens, dont quatre vont travailler ailleurs. J'ai cherché à droite et à gauche. Il y a deux prêtres nigérians, du diocèse d'Onitsha, deux indiens, 4 polonais. Je me suis aperçu qu’en Europe il est très difficile de trouver des prêtres disponibles.

Voilà la raison qui m’emmène à visiter les pays voisins.

Les vocations se trouvent au Congo, au Nigeria, au Burkina Faso!

Le Cardinal Etsou m'a invité et assuré qu'il demandera aux prêtres de son archidiocèse: "Qui d'entre vous veut aller au Tchad?"

Le même problème pour les sœurs. Il y a seulement 4 communautés de religieuses, avec des sœurs canadiennes, japonaises, mexicaines. Pour l'instant, il n'y a aucune tchadienne. Je suis venu donc frapper aux portes des communautés féminines de Kinshasa.

- Beaucoup de pain sur la planche?

Je pense que les années dans lesquelles nous vivons sont un temps favorable et important. Il faut consolider les communautés existantes, répondre aux défis de l'islam, former les animateurs des CEB et les catéchistes, faire davantage pour le développement du pays, préparer les catéchumènes, accueillir les sympathisants, qui sont très nombreux,

Il y a beaucoup à faire dans le domaine de la santé, de la lutte contre le sida. La ville avec le plus grand pourcentage de séropositifs se trouve dans mon diocèse. Kello, 40.000 habitants, un carrefour sur la route principale entre le Tchad et le Cameroun. Nous cherchons du personnel compétent pour l'accompagnement des sidéens et aussi sur le plan de l'éducation à la vie, à l'amour, dans les écoles. Notre région souffre à cause de l'insuffisance de médecins et d'autres agents sanitaires. Après tout, la Banque Mondiale n'encourage pas la formation de ce gendre de personnel, car cela va contre le programme d’ajustement structurel.

 

- Lors des récentes élections, les évêques ont levé leur voix…

C'était un document signé par les responsables de l'Église Catholique, de l'Alliance Évangélique des Églises de la Pentecôte et de l'Entente des Églises et des Missions Évangéliques, le mois de juin dernier.

On a affirmé que la proclamation des résultats provisoires a profondément humilié et découragé les citoyens quant à l'espoir de voir s'instaurer dans le pays un véritable État de droit. On a demandé aussi que la découverte du pétrole, une bénédiction pour le pays, ne devienne objets de toutes les convoitises et de la corruption.

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