Journée de la Mission

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Zone de Texte: Des Chrétiens persécutés
Tour d'horizon
Zone de Texte: Témoins 1
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Zone de Texte: Journée de la Mission
Témoinsspécial

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Tiberh Hagos, religieuse combonienne, originaire de l’Erythrée, étudiante à l'université Américaine de Sharjah, Emirats Arabes Unis.

 

- Tu étudies quoi?

Multimédia. Aujourd'hui le monde de la communication est omniprésent et pousse les peuples à entrer dans le "village global". Mais comment? Les moyens de communication tendent à imposer une vision de la vie qui n'est pas nécessairement celle qu'on a connue auparavant et qui souvent risque de laisser à côté la plupart des gens. Je crois que pour tout chrétien, pour une missionnaire en particulier, il y a beaucoup de travail à faire dans ce domaine.

 

- Qu'est ce que tu peux dire de ce centre d'études dans une société musulmane?

Le monde musulman qui nous entoure est très intéressant et t'oblige à réfléchir. Je profite de cet environnement culturel. Il me prépare à ma mission. Avant de venir ici, ma connaissance de l'islam était très limitée, et même un peu déformée, car les images qu'on voit d'habitude insistent sur les fondamentalistes d'Algérie, du Soudan ou en Palestine...

 

- Est-ce qu'on te pose des questions?

L'université m'offre l'opportunité de dialoguer et de connaître mieux les gens. Les étudiants m'arrêtent pour me demander qui je suis, quelle est ma religion. Notre sujet est toujours le même, puisque en regardant ma croix ils disent: "Qu'est que c'est ça? Qui est cet homme?". Quand je dis que c'est Jésus, ils répliquent: "Ah, Isa. Nous aussi nous croyons en lui; notre Coran en parle". Je suis très heureuse quand j'entends cela. Je sens qu'on n'a pas le droit de faire la guerre à ce propos.

Il y a des occasions où il est difficile de répondre à leurs questions et vice-versa pour eux. Mais je crois que c'est ainsi que tombent petit à petit les murs dressés durant les siècles entre les deux religions. Cela fait partie de ma mission, de contribuer à un dialogue réel et fraternel.

L'université n'est pas seulement un lieu académique, mais une terre d'annonce.

 

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Anna Olayemi Falola, nigériane, de la Congrégation de N. Dame des Apôtres, travaille depuis cinq années en Argentine.

 

- Un Nigériane au sud de l'Amerique du Sud?

Qu'est-ce que tu fais ici? …

Tu étudies?"

"Non, je suis une missionnaire"!

Voilà une de nombreuses questions auxquelles j'ai dû répondre, même plusieurs fois par jour, au cours de mes cinq années en Argentine. Je viens du Nigéria et j'ai vite compris le sens de ces questions. On est trop habitué à voir des missionnaires européens ou de l'Amérique du Nord. Mais qu'une missionnaire africaine puisse venir en Amérique Latine, un continent déjà catholique, on a des difficultés à le comprendre.

 

- Enfin, une idée nouvelle?

Il faut dire que lorsque les Sœurs de Notre Dame des Apôtres prirent la décision d'envoyer en Amérique Latine des religieuses africaines, cela représentait quelque chose d'audacieux. Une façon de montrer que l'Afrique ce n'est pas un continent seulement en condition de recevoir, mais prêt aussi à donner.

- Donner quoi?

Comme femme africaine je sens que je dois m'impliquer dans l'histoire du peuple argentin, surtout dans l'humble quartier de Cordoba, où j'habite. La pauvreté qui caractérise beaucoup de missions dans le monde, ici prend un visage nouveau, celui de la marginalisation sociale, économique, culturelle dont souffrent beaucoup d'enfants et de jeunes. À côté de gens qui peuvent se permettre tout, nombreux sont les vrais pauvres.

 

- C'est tout?

En plus je crois que j'ai le devoir de réveiller dans ces communautés la conscience missionnaire. Cela pourrait sembler un paradoxe. On me le remarque, parfois: "Tu appartiens à une église jeune et tu viens ici nous dire que nous devons être missionnaires?". Oui, c'est un peu ça. Alors qu'en Amérique Latine se trouve presque la moitié des catholiques du monde, les missionnaires qu'elle envoie sont peu nombreux, ils ne représentent que 2% des missionnaires du monde entier. Il faudrait donc arriver à transmettre un peu d'enthousiasme, un peu de passion pour l'évangélisation. Je suis convaincue que si nos communautés n'ont pas la même passion qui poussa les premiers apôtres et les premières communautés chrétiennes, elles ne peuvent pas exister.

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