L'Afrique 
et
la pêcheVenus d’ailleurs

L'Afrique et la pêche

On a demandé un jour à une vendeuse de poissons à Dakar: "Pourquoi tu n'as plus de poisson de qualité, comme autrefois?". Elle a tout simplement répondu: "Le bon poisson est pris au port pour être envoyé ailleurs". Le continent africain, avec ses dizaines de milliers de Km de côtes maritimes dispose de plates-formes très riches en poisson. Des ressources très convoitées. Les captures ayant diminué dans le Nord, les bateaux se sont dirigés vers le Sud d’où proviennent actuellement une grande partie des produits de la mer consommés en Europe. L’UE est le plus grand importateur des produits de la mer. Afin de subvenir à tous ses besoins, l’Union Européenne a signé des accords de pêche avec presque tous les pays côtiers d’Afrique. Ceci permet à quelque 300 navires européens de travailler dans des zones de pêche africaines. Entre 1993 et 1997, une moyenne de 240.000 tonnes/an (surtout du thon et des crevettes) sont arrivées en Europe, venant des pays d’Afrique (surtout Maroc, Mauritanie, Guinée Bissau, Sénégal et Angola). Les pays les plus présents dans les eaux africaines sont: la France, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, le Japon, la Chine, la Russie, l'Italie. En 1997, l’Afrique a exporté des produits maritimes de l’ordre de 445.053.000 U$.

 

La pêche intensive entraîne la diminution des ressources et porte atteinte à la survie de petits  pêcheurs africains. Une grande partie de la population africaine dépend de la pêche pour vivre. Selon la FAO, les produits de la mer donnent une proportion de 19% des protéines animales consommées par les Africains. Le poisson fait de plus en plus partie de la nourriture des Africains, mais dans de nombreux pays il y a une demande locale insatisfaite; celle-ci se tourne vers les produits d’importation à bas prix. Le marché africain est inondé de maquereau et de chinchard congelé, poisson de qualité inférieure. Le chinchard, pêché dans l’Atlantique Nord, est devenu le poisson le plus consommé en R. D. Congo. Au Togo, des chambres froides sont réservées à des poissons venus d’ailleurs, tandis que les poissons locaux de meilleure qualité, n’ont pas cette chance.

Au plan écologique et de réserves de la pêche, la surexploitation des ressources de la mer, diminue la population marine et met en danger la reproduction des espèces. Ceci est un grand danger pour l’avenir. D’énormes quantités de poissons sont rejetées en mer parce qu’elle n’ont pas de valeur marchande, elles sont donc perdues. La fabrication de nourriture animale et de farine de poisson pour l’alimentation du bétail, consomme une grande partie des poissons.

 

Quelques pays comme la Namibie, le Maroc, le Sénégal sont très conscients des conséquences nuisibles des accords de pêche, et exigent des mesures pour éviter la surexploitation des mers, et pour favoriser la flotte et l’industrie locales. Ce sont les accords de 3e génération, où les pays africains donnent  priorité à leurs flottes nationales et à une plus grande participation dans le traitement du poisson.

 

Tiré d’A-E Faith and Justice Net par Félly Wondo- Mawondo

Consommation de poisson annuelle

Pays africains

kg/habitant

R D Congo

36.3

Ghana

26.0

Senegal

21.3

Tchad

20.5

Côte d’Ivoire

18.3

Cameroun

18.3

Namibie

17.5

Guinée Conakry

16.9

Maroc

14.4

Autres pays

 

Japon

71.2

France

29.0

USA

20.5