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Mme Ngoto Mizolo Marie José

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Quel est votre travail?
Notre travail spécifique c'est l'accompagnement des personnes vivant avec le VIH et puis l'information. On s'adresse aux jeunes, on propose un changement de comportement. Et surtout aux femmes. C'est la femme qui est souvent seule devant ce problème et c'est elle qui est la première à éduquer une famille. Ensuite nous accompagnons les personnes avec le VIH en faisant des visites à domicile, en les accompagnant pour les aider à accepter cette maladie et à vivre avec elle. Si elles sont chrétiennes, à se réconcilier avec Dieu.

Vous travaillez  dans ce domaine-là donc depuis presque dix ans?
L'idée m'est venue parce que, depuis mon enfance, j'étais engagée dans le scoutisme, en tant que guide. Chaque samedi on allait dans les villages plus proches pour aider les vieilles personnes. Je suis restée un peu dans ce souci-là d'aider les autres. Quand est venue cette pandémie de VIH, j'ai compris que là il y avait un nouveau défi. 

Vous l'appelez pandémie?
Oui, parce que vous voyez comment le VIH tue, se répand rapidement et laisse beaucoup de gens abandonnés pour leur compte. J'ai senti ça lorsque ma cousine tomba malade et ses parents l'avaient rejetée. Nous l'avons assistée et nous l'avons accompagnée jusqu'à sa mort. Chaque jour je fais l'expérience qu'il y a tant d'autres qui sont dans la même situation.

Et vous intervenez comment?
Nous intervenons aussi dans le cadre de l'assistance médicale. La situation de notre pays est catastrophique pour ce qui concerne l'assistance sanitaire. Au fur et à mesure que la maladie avance, la situation devient insoutenable, surtout pour la famille. Avec les structures sanitaires de l'archidiocèse, on essaye de venir en aide. Les médicaments font défaut, il y a pas mal d'opportunistes qui exploitent les maladies pour faire de l'argent. Nous faisons de notre mieux pour soigner les gens. 

Pour ce qui concerne le HIV, on entend des choses contradictoires. Tandis que certains affirment que le phénomène est grave, d'autres disent qu'il ne faut pas exagérer.

Non, c'est sérieux partout. Dans les paroisses de notre quartier, nous avons eu à sensibiliser beaucoup là-dessus. Nous prélevons le sang des jeunes volontaires pour une analyse et l'on trouve que les cas de séropositifs sont nombreux.
Nous sommes aussi confrontés à un problème de tradition. Alors qu'il y a des gens qui ne veulent pas qu'on en parle, nous sommes persuadés qu'il faut en parler. On rejette les malades de sida comme on rejetait les lépreux. On les éloignait de la société, on a peur d'attraper la maladie. C'est pour cela que nous tenons à l'information et à l'accueil.

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