Terrorisme

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Le choix du Kenya

Il y a plusieurs réseaux. D'abord celui de l'Afrique de l'Est. Sur la liste des 22 terroristes plus recherchés, y compris les suspects des bombardements des ambassades américaines de Nairobi et de Dar Es Salam, figurent 12 d'origine africaine: 7 Égyptiens, 1 Libyen, 2 Kenyans, 1 Tanzanien et 1 Comorien. Juste après le nom de Osama bin Laden, on trouve ses deux adjoints: Ayman al-Zawahri et Mohamed Atef, tous deux Égyptiens. Une récompense de 25 millions de dollars Usa a été promise à quiconque fournirait des informations conduisant à leur arrestation.
"La base" (
al-Quaïda) de bin Laden est soupçonnée d'avoir une forte présence dans des pays de l'Afrique de l'Est notamment au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda tout comme au Soudan.
Depuis 1992,
al-Quaïda a crée au Kenya un réseau spécial, qui plus tard s'est étendu aux pays voisins. Le choix du Kenya ne serait pas casuel. De potentiels terroristes islamistes peuvent se cacher parmi la grande communauté islamique du Kenya. Il est possible de trouver des officiers de police complaisants et des banques locales prêtes à transférer de l'argent sans trop d'enquêtes sur son origine. Dans une certaine mesure, on peut dire que les attentats presque simultanés d'août 1998 aux ambassades américaines de Nairobi et Dar Es Salaam étaient le test final pour les attaques à New York et Washington. Ils ont fait 224 morts et plus de 5000 blessés. Le camion-bombe explosé à Nairobi transportait 6 caisses en bois, contenant chacune près de 40 kg de TNT mélangés à du nitrate d'aluminium. L'explosif était arrivé à Nairobi par la voie de terre deux semaines auparavant, probablement de Somalie.
Le 19 octobre 2001, à New York, trois personnes ont été condamnées à la prison à vie, accusées d'implication directe dans l'attentat à la bombe: parmi elles, Khalfan Khamis Mohamed, tanzanien de 28 ans.
Toujours en connexion avec les attaques de New York et Washington, en octobre dernier, la police kenyane a reçu du FBI une liste de 200 suspects liés à de possibles activités terroristes. La police est actuellement en train de surveiller les mouvements d'un certain nombre des Ong Islamiques et des groupes d'affaires basées au Kenya dans le domaine surtout de l'exportation du poisson. Ont reçu une liste similaire aussi l'Ouganda, la Tanzanie et l'Afrique du Sud.

D'autres

Afrique de l'Est. La Tanzanie est parmi les pays qu'on croit abriter des fondamentalistes islamiques. On pense que les partisans de bin Laden œuvrant dans ses camps au Soudan sont basés à Dar es Salaam et au Zanzibar. La police a concentré ses investigations sur la côte et à Mwanza, Tanga et Lindi, où beaucoup de Pakistanais, Indiens et Afghans ont acheté des fermes agricoles et construit des écoles islamiques.
En 1991, bin Laden s'était déplacé au
Soudan, où il fut accueilli par le leader du Front Islamique National, Hassan El Turabi. A Khartoum, bin Laden a créé un immense business, regroupant des compagnies présentes dans des entreprises immobilières, des travaux publics, le bâtiment, des projets agricoles et des banques. La Compagnie de Construction Al Hijrah a construit la route «révolution-naire» (Twari) de Khartoum à Port Soudan, et une tannerie à Khartoum. Une autre compagnie est la Khudarat Transport Company et une troisième est Al Thamar Al Mubaraku, un géant dans le secteur agricole (arachides, fruits, sésame, maïs, légumes et blé). Ces produits ont été exportés à travers d'autres pays pour échapper aux sanctions internationales contre le Soudan, procurant de très grands profits de la vente en Europe et en Amérique.
En 1994, bin Laden finança trois camps terroristes au Nord Soudan, où des militants provenant de l'Algérie, de la Tunisie, de la Palestine étaient entraînés. En juin 1995, la tentative d'assassinat du Président égyptien Hosni Mubarak par la Gama'a Islaiyya, qui a des bases au Soudan, avait provoqué une forte réaction internationale. Washington et l'Arabie Saoudite avaient exercé des pressions sur Khartoum pour qu'il expulse bin Laden. En mai 1996 bin Laden quitta le Soudan pour passer en Afghanistan.
En
Somalie, l'attention a été attirée sur le Groupe Al-Itthad al-Islamiya, qui a des intérêts dans le secteur bancaire. La Somalie peut se révéler un refuge attrayant pour les militants islamistes à cause de la faiblesse de son gouvernement et la non-existence de police et de systèmes judiciaires.
En
Afrique du Sud, un rapport de 1998 révéla "des plans islamistes secrets". Le rapport écrit par les Services secrets sud-africains, montra que la Fondation Internationale Al Aqsa, qui finance le Hamas palestinien (un mouvement terroriste anti-israélien), a été active dans le pays depuis 1992.
En attendant, la police sud-africaine a reçu une liste d'individus recherchés par leurs collègues américains. L'Afrique du Sud a déjà donné sa collaboration dans la capture de Khalfan K. Mohamed, un citoyen tanzanien, qui avait cherché à se cacher en Afrique australe après les bombardements des ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie. Il fut découvert grâce à une photo sur sa demande d'asile.

Pas d'alarme

Al-Quaïda serait présente dans plus de trente pays à travers le monde. En Afrique elle est présente en Algérie, en Égypte, en Erythrée, Éthiopie, Libye, Kenya, Mauritanie, Somalie, Soudan, Tunisie, Ouganda et en d'autres pays pas encore spécifiés. Elle aurait acheté des quantités respectables de diamants en Sierra Leone. Le diamant ne déclenche pas d'alarme dans les aéroports, les chiens n'arrivent pas à le détecter, on peut le cacher facilement et le changer sans problèmes en devise.
En particulier, avec des groupes terroristes en Égypte et en Algérie:
Egypte. Jihad Islamique : Fondée en 1973. Il a pour objectifs de renverser le gouvernement égyptien et de le remplacer par un régime islamiste. Il est responsable de l'assassinat du Président Anwar Sadat (1981) et auteur aussi des bombes aux ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie.
Al-Gama'a al-Islamiyya: Formé en 1990, en se séparant du Jihad islamique, ce groupe a pour but de renverser le gouvernement égyptien. Il est responsable de: l'attaque au World Trade Center à New York en 1993, qui fit 6 morts et 1042 blessés; l'atteinte à la vie du Président Hosni Mubarak en Éthiopie, en 1995; le massacre de touristes à Luxor, avec 62 victimes, en 1997.
Algérie: Groupe Armé Islamique (GIA). Fondé en 1992, il vise à créer un État islamiste en Algérie. Ce groupe est responsable, entre autre, du meurtre du Président Boudiaf (1992); de l'attentat à la bombe à l'aéroport d'Alger (1992); des bombes dans le métro de Paris (1995) etc.
Et le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat. Fondé en 1998, dissident du GIA.

Edward Malei
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