Education

En effet, ceux-ci continuent à penser qu'on leur devrait permettre d'utiliser cette manière forte de correction. Et ils ont demandé au Ministre de l'Education, Mr. Henry Kosgey, de lever l'interdiction qui avait été imposée par son prédécesseur, Mr Kalonzo Musyoka. Au cours d'une conférence qui a regroupé tous les responsables des lycées du pays, les enseignants ont soutenu que le bannissement de la canne augmenterait les cas d'indiscipline dans les écoles. Ils ont même ajouté que les punitions qu'on inflige habituellement dans les écoles, sont critiquables: mettre à genoux et longtemps un élève indiscipliné, pour le ridiculiser ou l'humilier, est une mesure qui se révèle même dangereuse, vu l'état sale et pierreux des sols des classes! Le résultat de telle punition, ce sont des genoux meurtris et enflés.

Les autorités gouvernementales, de leur côté, insistent en disant que toute forme de châtiment des élèves doit être pratiquée en petites doses, tandis qu'il est de plus en plus évident que les enseignants en abusent. Après tout, c'est du temps gaspillé et la correction renforcée par le bâton n'obtient pas toujours l'effet dissuasif souhaité. La punition corporelle est cruelle, inhumaine et dégradante, en contradiction avec le droit de l'enfant à recevoir une éducation et à être protégé de la violence. Elle viole à la fois la loi kenyane et internationale des droits humains. Le Kenya a ratifié en 1990 la Convention internationale des Droits de l'Enfant. L'article 37 de cette Convention dit que «Les Etats parties veilleront à ce que: Nul enfant ne soit soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants».

Cependant

Les dispositions gouvernementales en vigueur prévoient que la punition corporelle peut être imposée uniquement en cas d'indiscipline grave, d'actes indécents ou d'absentéisme; seulement en présence du directeur ou du responsable principal, après enquête exhaustive et non en présence d'autres élèves. Les enseignants n'ont jamais adhéré à ces réglementations et n'importe quel enseignant bat les élèves, de son gré et en présence d'autres élèves.
Le rapport 1999 de Human Rights Watch (Observatoire des Droits Humains) a exposé le Kenya à la risée de la communauté internationale. Le texte intitulé
Epargnez l'enfant. Punition corporelle dans les écoles kenyanes, est une mise en accusation des méthodes disciplinaires en vigueur dans les écoles kenyanes.

Pour maintenir la discipline dans leurs classes et punir les enfants pour des résultats scolaires peu performants, les enseignants font recours aux mesures rudes: bâtons, gifles et fouets. «Infliger des punitions corporelles est une espèce de routine arbitraire et souvent brutale», dit le rapport, en ajoutant que maintes fois les effets des mauvais traitements, ce sont des bras cassés, des dents brisées, l'invalidité et même la mort. Les élèves qui ont le courage de protester sont obligés de quitter l'école.
Ironiquement, ceux qui réclament la réintroduction des punitions corporelles sont des gens de l'élite. Joseph Nyasany, par exemple, un professeur de philosophie à l'Université de Nairobi. Dans un quotidien de la capitale il a écrit que ce sont les coups de canne qui ont fait de lui ce qu'il est aujourd'hui. Geoffrey Griffings, directeur de l'école Starehe Boys, ajoute que l'interdiction du bâton favorisera la multiplication rapide de troubles et d'agitations dans les établissements scolaires.
En dépit de l'interdiction, le bâton est toujours employé dans les écoles et il le sera encore si on n'introduit pas des contrôles sévères. Après tout, beaucoup d'élèves ignorent leurs droits et en plus, l'Union Nationale des Enseignants du Kenya (KNUT) et les autorités gouvernementales, protègent souvent les éducateurs coupables d'avoir frappé des étudiants.
La psychologie moderne montre que la punition a des conséquences aussi bien sur les victimes que sur ceux qui la pratiquent. Des experts soulignent que la punition corporelle peut produire chez les enfants des réactions telles que la dépression, le repli sur soi, le conflit avec l'école et des troubles affectives.
Si on veut que les enfants du Kenya grandissent et deviennent des adultes responsables, on ne doit pas permettre à cette pratique de ressusciter.


Zachary Ochieng, NPFS

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