Il n'y a pas de paix sans justice;
il n'y a pas de justice sans pardon. 
Jean-Paul II

Caïn et Abel, une histoire vielle de millions d'années relatant un événement à reléguer au rang des souvenirs d'un passé désormais révolu? En fait, ne sommes-nous pas nous autres du troisième millénaire, des citoyens civilisés, respectueux et respectables avec nos "déclarations" universelles des droits de l'homme et bien d'autres conventions relatives à la vie, aux libertés, à la démocratie, à la bonne gouvernance et à la justice pour tous?
L'histoire de Caïn et Abel est bien actuelle et traverse tous les pays, toutes les communautés, toutes les religions. Il suffit de jeter un coup d'œil, même rapide, sur les différents rapports des organismes internationaux ou locaux de défense et promotion de droits de l'homme ou d'écouter les nouvelles à la radio et de regarder la télévision!
Que le verbe tuer, torturer, tendre un piège à l'autre pour le noyer, lui faire du mal ou s'approprier injustement de son dû, se conjugue plus au présent qu'au passé, la réalité quotidienne le démontre.
Cette nouvelle page d'Afriquespoir voudrait bien être un espace dédié aux valeurs dans lesquelles tout le monde se retrouve: respect des droits des personnes et des peuples, paix,  justice sociale. Malgré tout ce qui oppose les membres d'une société entre eux ou avec ceux d'autres communautés, la volonté de vivre dans le respect de l'autre qui n'est pas un diable mais un frère ou une sœur, est plus forte que les démons de la division et de l'affrontement. Un autre monde est possible.
La question posée à Caïn: «Où est ton frère?», ne cesse d'interpeller les êtres humains sur leurs responsabilités individuelles et communautaires en tout ce qui touche la vie. La réponse ne peut être: «Suis-je le gardien de mon frère?» ou bien «Je n'en sais rien!». Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature, a dit: «Un homme meurt chaque fois que l'un d'entre nous se tait devant la tyrannie».
Caïn avait tué son frère poussé par des sentiments de jalousie. La Bible des Communautés remarque que "dans cette histoire les anciens Israélites, encore nomades, projettent leurs propres affrontements avec les cananéens sur le territoire desquels ils passent avec leurs troupeaux. Eux sont les bons, et les cultivateurs, les méchants. Si on les attaque, ils sont des victimes, s'ils écrasent les autres, ils défendent les droits de Dieu. Dans tout groupe humain, on sait qu'on est les bons: même aujourd'hui, dans les films d'aventures, les bons sont typiques de la race qui s'est imposée, et les mauvais se reconnaissent à leur teint et la forme de leur visage".
"Caïn se jeta sur son frère et le tua", dit la Bible (Gn 4,8).

Un meurtre qui au cours des millénaires prendra des noms différents: guerre sainte, autodéfense, leçon à donner, mission civilisatrice, devoir sacré, exigence de l'histoire, protection de la culture... Ce n'est pas l'imagination qui manque aux stratèges militaires, jusqu'à la "tempête du désert" et à l'actuelle "croisade" contre le terrorisme ou contre les "infidèles".
Mais à ceux qui projetaient de liquider physiquement Caïn pour faire justice à Abel, rétablir le droit et nettoyer la société des éléments nuisibles, Dieu rappelle le caractère sacré de toute vie et aussi de celle des ennemis. Le cercle de la violence est rejeté comme vicieux et remplacé par d'autres manières de régler les inévitables problèmes. Ainsi que l'affirme le théologien congolais Bénézet Bujo, "La plupart du temps la misère d'Afrique, mis à part les structures économiques injustes entretenues par l'Occident, provient de ce que d'une part les responsables politiques ne reconnaissent pas le mal qu'ils font subir au peuple, et d'autre part aussi bien dans le milieu politique que populaire on n'est pas prêt à se pardonner mutuellement.
La question de pardon et justice concerne tout particulièrement l'Afrique d'aujourd'hui.
Ceux qui ont commis le génocide, les viols et d'autres actes barbares devraient être punis afin que plus jamais de tels crimes ne se répètent. Les membres de la famille des victimes de ces actes ne pourront jamais les oublier. Mais même eux aussi  sont conviés par Dieu à pardonner… Sans vouloir rayer la justice, la miséricorde doit précéder. Quand bien même nous poursuivons quelqu'un en justice, il faut que tout se fasse dans le respect de la dignité humaine et dans la charité".
(Le Notre Père, Paulines)
Certes, cette voie est plus difficile à parcourir mais c'est l'unique en mesure de panser les plaies et d'éviter de nouvelles misères.

P. Kouévi Adjétey Louis 

Home page

Ae 18
Point de vue
Courrier
Des libérateurs, libère-nous, Seigneur
Musulmans et Chrétiens en Afrique
Vous êtes optimiste
Dites-le sur Internet
Spécial: Qu'est-ce qu'ils cherchent?
Rouge est le sang
Caïn et Abel
Religion et fraternité
Oh! Les amis
Afrifemme1
Afrifemme2
Des bancs vides
Vade-mecum

afriquespoir@ic.cd