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Parmi les victimes de la pauvreté générale, l'enfant congolais occupe sans doute une place importante. Chaque jour qui passe, la marge d'enfants non scolarisés s'enrichit de plusieurs milliers de nouveaux candidats. L'année scolaire 2000/2001 a été caractérisée par d'innombrables abandons. Un sondage montre qu'environ 35% d'élèves inscrits n'ont pas terminé l'année. Les classes de 4 à 5 élèves sur un même banc ont terminé à 3 voir à 2 sur le même banc. Comme ça, ceux qui avaient débuté à même le sol ont pu finalement s'asseoir sur un banc. La catégorie d'enfants à l'âge scolarisable, de 6 à 14 ans, est très importante par son poids démographique: 14 millions d'individus, représentant près de 28% de la population nationale. Le taux de scolarisation primaire ou fondamentale est toujours en chute vertigineuse: il est passé de 92% d'enfants scolarisés en 1978 à 58,5% en 1995.
De nos jours, le taux de scolarisation des enfants congolais se situerait à environ à 35%, soit un enfant sur trois ne fréquent plus une école. Ils sont abandonnés à leur sort dans la nature. Les filles sont naturellement les plus nombreuses: en milieu urbain le taux de non scolarisées est de 20% supérieur par rapport à celui des garçons; en milieu rural, de 30%. D'où la triste réalité: 49,8% des femmes congolaises ne savent ni lire ni écrire. Cette catastrophe nationale est la résultante des dictatures vécues et de la gestion des affaires d'un État qui a d'autres priorités. Les parents, malgré leur bonne volonté et l'intérêt que tous manifestent pour l'éducation des enfants, sont butés à la modicité du salaire et au chômage de plus en plus généralisé. Ils ne sont plus en mesure de prendre en charge les frais de minerval et de transport des enseignants, l'entretien des bâtiments etc. Vers les années 1991/1992, la prise en charge des enseignants par les parents fut considérée comme provisoire, face à un pouvoir contesté par le peuple, un pouvoir toujours plus irresponsable. Mais ce que l'État investit dans le secteur de l'éducation reste toujours trop faible par rapport à l'importance de l'enjeu et aux besoins croissants de la population. A titre d'illustration, de 1989 à 1994, le gouvernement congolais ne consacrait annuellement à l'éducation pas même 1% de son budget. Par contre, pendant la même période, il dépensait annuellement en moyenne 19% et 26% de son budget pour l'institution dite «présidence de la République» et le Ministère de la Défense. Certains pays d'Afrique tels que le Ghana et la Namibie consacrent respectivement 4,2% et 9,1% de l'ensemble de leurs budgets au secteur de l'éducation. Les 9 millions d'enfants non scolarisés et soumis au "génocide intellectuel" devront reprendre le chemin de l'école. L'avenir de la nation est en danger. Le droit universel à l'éducation de base de l'enfant congolais doit être garanti. Comment assurer l'avenir de la RDC avec des générations d'illettrés à cette ère de la mondialisation?
Kabengele Lubambala H. Christian
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