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Ce phénomène - remarquent les évêques dans l'introduction - révèle une rupture nette avec les anciennes normes morales. Des comportements autrefois inacceptables sont aujourd'hui promus avec force comme voies alternatives, surtout par les mass-médias. Cela est très évident dans la conduite des nos hommes et femmes. Une dimension nouvelle de la commercialisation de la sexualité émerge. On attire les jeunes filles d'Afrique, d'Asie, d'Amérique Latine et de l'Europe de l'Est, avec des promesses d'une vie meilleure et d'un voyage en Europe Occidentale, où elles sont contraintes à la prostitution… "Selon certains chiffres, les femmes et les filles nigérianes, engagées dans les circuits de la prostitution en Italie, par exemple, seraient 15.000. Un business florissant - affirment les évêques - favorisé par la pauvre économie que le Nigeria connaît et par le manque d'emploi. On recrute des filles même de 12 ans, dans l'espoir qu'elles n'aient pas de HIV/AIDS. A leur arrivée en Europe ces fillettes doivent faire face à la terrible réalité: on les oblige à faire le trottoir et à payer de fortes sommes au "bienfaiteur" qui les a aidées pour rejoindre l'Europe. Des sommes qui peuvent arriver jusqu'à 80.000 U$, exigeant environ 5 ans de travail 'dur' de la part des victimes". Après avoir déploré le tort incalculable que cela fait à l'image du Nigeria. "Nous sommes connus comme de grands exportateurs de femmes de petite vertu vers l'Europe. Cela dénonce la misère, l'illettrisme, le chômage et la corruption, les réseaux criminels, l'avidité, l'abdication des parents", les évêques demandent au gouvernement nigérian de "s'engager avec ceux des pays qui accueillent les prostituées nigérianes pour les aider à quitter la rue et à rentrer au pays. Les gouvernements doivent bloquer ces trafics à l'intérieur de leurs frontières et arrêter ceux qui exploitent ce commerce". Après des mots d'éloge pour les religieuses qui se sont engagées dans le travail de récupération des femmes victimes de la rue, les évêques terminent en invitant le gouvernement à assainir le Bureau d'émigration: "Ce département semble bourré d'éléments corrompus, prêts à collaborer avec les criminels. Ils sont bien contents de procurer de faux documents en échange de bonnes sommes d'argent payées par les trafiquants". Au bout du tunnel Voici le témoignage rédigé par D., une émigrée. "J'ai connu le trottoir à 15 ans. Je me suis retrouvée à Lyon et, là, j'ai connu J. et sa bande avec leurs filles (presque toutes mineures). Et, là, ils m'ont enseigné le plus vieux métier du monde. J'ai bien essayé de me sauver deux fois mais, dans ce milieu-là, tu ne te fais pas d'amies. Je me souviens encore de mon premier "client". Quand je suis ressortie de sa voiture, je me suis mise à vomir. Je crois que, ce jour-là, je vomissais ma honte, mon dégoût des hommes, de moi-même et de la malchance vu qu'elle m'a poursuivie jusqu'aujourd'hui. J'ai réussi quand même à me sauver et je suis revenue à Nancy où je suis retombée dans le même milieu. Et vu, que pour la loi j'étais encore une mineure, le juge pour enfants m'a envoyée dans un foyer à Epinal, où là, j'ai connu N. Mais dès le début, il était violent, alors je me suis sauvée et je suis retournée à Nancy pour recommencer une autre fois, vu que je ne savais rien faire d'autre pour avoir de l'argent pour vivre. Mais, dans ces moments-là, ce n'était pas facile de pouvoir travailler si tu n'avais pas un proxénète. J'en ai marre, je me sauve une autre fois à Epinal, chez N. Je choisis les coups au trottoir. En octobre nous nous marions parce que je suis enceinte et j'espère qu'il changera. Même si ce n'est pas un mariage d'amour, je me dis que peut-être cet enfant changera quelque chose. En janvier de l'année suivante, naissance de Santine. Deux ans après, mon mari se retrouve en prison, condamné à 5 ans, et moi, je me retrouve à Nancy à faire le trottoir pour donner à manger à ma fille, mais je rencontre C. qui réussit à me convaincre d'aller travailler à l'étranger. Mais je dois laisser Santine chez sa sœur parce que, à l'étranger, ce sont des maisons closes. Me voilà partie au Luxembourg, puis la Belgique où je rencontre Cathy, la seule vraie amie que j'ai eue dans ce milieu. La petite Santine est chez ma mère à Nancy. Je me sauve de mon mac et je vais en Allemagne chez Cathy. Un certain jour, je reçois une notification que N. est sorti de prison, qu'il a demandé le divorce et que j'ai perdu la garde de Santinedivorce est prononcé en faveur de N. Pour la loi, je n'ai plus de fille. Quelque temps après je rencontre Angelo et le monde de la drogue. Je crois que j'ai voulu essayer la drogue pour ne pas penser à mon passé, sans savoir que j'allais connaître un autre monde tout aussi cruel. Parce que la drogue te fait perdre ton identité, tu n'es plus rien, c'est l'héroïne qui est plus forte que toi, c'est elle qui te dit d'aller faire du fric où tu peux, tu es son esclave. Angélo et moi, nous partons pour l'Italie parce que nous voulons fuir l'héroïne, mais cela ne sert à rien si tu ne la fais pas fuir de toi-même. Nous sommes fous de joie, je suis enceinte, la vie me paraît belle. Madame Héroïne est partie depuis 6 mois et je me jure à moi-même que, cette fois-ci, personne ne prendra mon enfant. La malchance est revenue parce que, durant l'accouchement, ma fille meurt. Mais Madame Héroïne était aux aguets, vu que c'est plus facile d'oublier ton chagrin, ton envie de mourir toi aussi. Quelques mois plus tard Angelo va en prison pour six mois. Je suis de nouveau enceinte mais la malchance ne me quitte plus désormais parce que ma deuxième fille meurt aussi. Nous nous réfugions dans les bras de Madame Héroïne pour ne pas comprendre, pour ne pas penser, pour essayer d'oublier. Nous allons au Centre pour prendre la méthadone (en Italie, c'est autorisé). En même temps, on nous fait le test de dépistage du sida et la malchance cette fois ci, ne nous quittera plus, nous sommes séropositifs tous les deux. Angelo entre bientôt à l'hôpital, le sida a commencé à faire des ravages, il a une infection aux poumons et une méningite. Je croyais avoir tout vu dans ma vie mais je devais encore découvrir ce que ça signifie d'avoir le sida, de vivre avec jusqu'à la mort et, surtout, de le dire aux autres. Parce que si j'ai souffert de voir Angelo mourir petit à petit pendant ces trois ans, ce qui nous a fait le plus mal, ce sont les gens qui nous ont traités comme des pestiférés, de voir que tous nos amis, nos copains, tournaient la tête. Rester chez moi en sachant que personne ne vient te voir parce que nous avons le sida, toutes ces humiliations qui font qu'il y a des jours où tu n'as plus envie de lutter. Après la mort d'Angelo je quitte l'Italie pour revenir en France vu que ma famille sait que je suis séropositive et j'ai besoin de les revoir parce que je sais que, si je restais en Italie dans la maison où nous avons vécu, peut-être que je ne me reprendrais pas... Je n'ai pas écrit ce récit de ma vie pour que l'on me comprenne, que l'on me plaigne ou que l'on me juge mais pour dire à ceux qui se trouvent dans un tunnel noir, que la vie peut être belle, il suffit de savoir la regarder, de savoir l'accepter, de la comprendre et de l'aimer. Solidarité, Amitié, Amour, ceci est mon médicament pour vaincre le sida. Et puis, ce qui me donne le courage de continuer à vivre, la force de lutter contre cette bête noire qui est en moi, l'envie d'essayer d'aider les autres qui ont le sida, c'est que je sais qu'Angelo et moi, nous nous retrouverons pour l'éternité parce que notre amour, lui, n'est jamais mort. J'irai n'importe où pourvu qu'il y ait des fleurs, Pourvu que personne ne souffre et ne pleure. SOS Femmes |

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Afriquespoir revient sur le sujet "migrations" (N° 18). Pour signaler une réalité presque toujours cachée: celle du trafic de femmes africaines vers l'Europe, pour la "prostitution". A cette version moderne de l'esclavage, les évêques du Nigeria ont consacré récemment un document de 22 pages. |
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Sur les 33,6 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA, 14.8 millions sont des femmes. Sur 5 millions d'adultes infectés en 1999, 2.3 millions étaient des femmes.
Sur 2,1 millions de personnes mortes du SIDA en 1999, 1.1 million étaient des femmes.
En Afrique, il y a actuellement 12 à 13 femmes infectées pour 10 hommes infectés
On compte un demi-million d'infections chez les enfants de moins de 15 ans, dont la plupart résultent d'une transmission mère-enfant 55% des infections de l'adulte en Afrique subsaharienne, 30% en Asie du Sud-Est et 20% en Europe et aux Etats-Unis d'Amérique concernent des femmes.
L'Afrique, et particulièrement le sud-est du continent, affiche les chiffres les plus terribles. Au Botswana, dans la tranche d'âge 15 à 24 ans, une jeune femme sur trois et un jeune homme sur sept sont infectés par le VIH. En Afrique du Sud, au Lesotho et au Zimbabwe, une jeune femme sur quatre et un jeune homme sur dix sont contaminés. |