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A l’aube du 3ème millénaire, Elle est vraiment à l’ordre du jour, cette grande Dame dont tout le monde parle en bien ou en mal, car elle ne laisse pas indifférents, bien au contraire : Marie de Nazareth, mère virginale de Jésus. Elle a donné son sang humain à ce Fils de Dieu, Celui annoncé avec autorité par les mystiques visionnaires de l’ancien Israël et qui fit irruption au monde et causa un tel définitif ombrage aux divins Césars, ces autres dieux vivants de Rome, que ceux-ci usèrent des siècles à venger leur éclipse en persécutant Son Nom et tous ceux qui l’adoraient … Et cependant ce n’est pas tant qu’on parle d’elle qu’elle demande, ni qu’on la « vénère », - moins encore qu’on l’ »adore » ! Mais plutôt que l’on imite son exemple de foi et de vie, si du moins l’on trouve intéressant de chercher à rencontrer son Fils et à le suivre. Marie est un des chemins possibles de la rencontre. Pourquoi alors a-t-on voulu faire de Marie, et fait d’elle effectivement, non pas le chemin de la rencontre avec Dieu, mais obstinément la « Vierge des miracles » ? D’où vient cette erreur de perspective se soit formée dans le regard spirituel porté sur elle, induisant des illusions de foi, de vrais mirages mystiques dans l’horizon de l’existence de plus d’un croyant peu averti ? Or à bien lire le peu qu’elle dit d’elle-même dans les quelques témoignages bibliques sur l’enfance de son Fils où l’on retrouve d’elle-même, forcément, faits et gestes et ses quelques rares paroles, vraiment rien de très excitant ne s’y dévoile. Mais que cette adolescence ingénue y ait consacré toute son âme et ait passé toute sa jeunesse à chercher à comprendre ce qu’en fin de compte Yahvé voulait d’elle, cela est extrêmement important pour nous. D’autant plus intéressant cette jeune personne, sans aucune expérience de la vie, nous incite à creuser sa petite histoire à elle, à lire derrière les apparences si banales de son existence, pour essayer à notre tour de comprendre comment une âme peut faire à ce point confiance en Dieu et comment l’Esprit de Dieu peut porter un cœur à ce point d’incandescence et le purifier de toutes ces idoles qui alourdissent et obscurcissent notre âme… Quête foncière de l’essentiel et no des miracles. « Et l’ange la quitta » (Lc. 1,38), et ce aussitôt que son cœur en vibrant a accédé à l’insolite requête, la laissant désormais dans la nuit de la foi, la même nuit qui est la nôtre aujourd’hui. La main de Dieu pesa dès lors lourdement sur cette pauvre fille qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, et quelque temps plus tard sur la jeune maman qui déjà doit s’exiler afin de protéger cet «enfant-Dieu» qui paradoxalement – à sa façon, Dieu est pénible ! – lui vaudra tellement de déboires. C’est donc cette femme-là dont il faut scruter l’âme, cette femme qu’on retrouvera au pied de la Croix du Fils bien-aimé. Mais à la place on a inventé une muse désincarnée dispensant des miracles à tour de bras, rien qu’à la regarder, à penser à elle, à porter son effigie en médaillon au cou ou sur un pagne, ou à murmurer son nom comme une incantation tantrique … Et ainsi l’on a perdu la femme de chair et de sang, notre sœur dans la foi. Beaucoup de cathos ont inconsciemment fait d’elle une puissante «mamy-wata»… Aimer, c’est offrir, s’offrir et souffrir ! Or toute l’existence de Marie sera la démonstration de cet axiome mystique. Des millénaires plus tard, Marie va dire à une vulgaire petite paysanne, Bernadette Soubirous : « Ici sur terre je ne te rendrai pas heureuse, mais bien au ciel… » C’est le traitement-type fait à toute personne qui prétend vivre pour le triomphe de son Fils. Maîtresse attentionnée et sage, elle nous inscrit, nous, élèves ignares des vérités mystiques, à la dure et rude école de la Croix : « Faites tout ce qu’il vous dira » ! A l’Ecole de prière nous nous sommes mis, de foi, à l’école de Marie : « Mère, donne-nous ton cœur pour que nous aimions Jésus comme toi seule tu l’aimes ! » Pour pourvoir vivre la Croix de Jésus dans notre vie t non plus comme ces chrétiens de nom, nous apprenons de Marie à accueillir toutes les croix minimes ou fortes que la vie nous offre, à renaître, de nos sept péchés capitaux, à offrir les offrandes quotidiennes, visibles ou secrètes, en expiation pour sauver les autres. Voilà la vraie dévotion mariale : s’enrôler sous la bannière de Marie, « femme de guerre » ! En dehors de cela, c’est mièvrerie et obscurantisme. Se détournant de la vérité de la Croix dont toute la vie de Marie est la démonstration, des voix aujourd’hui se lèvent qui cherchent à désorienter nos esprits. Quand nous approchons Maie de la Croix, demandons-lui le plus merveilleux miracles : l’amour inconditionnel à l’endroit de son Fils dont elle demeure à jamais l’humble servante. Abbé Kibwila Alphonse-Marie de la Croix. |
Erreur de perspective