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Dans beaucoup de pays africains le paysage audiovisuel  évolue positivement: de nombreux Etats du continent ont promulgué des lois sur la libéralisation des ondes, mettant ainsi fin au monopole de l'Etat dans ce domaine.

Cette ouverture est évidemment marquée par la reconnaissance des droits et libertés de l'homme et des groupes.

Au Mali, par exemple, de 4 radios en 1992, on compte aujourd'hui 95 radios libres. Ce pays a aussi abrité en 1997 la première édition du festival «Ondes de liberté» qui a réuni à Bamako près de 80 radios communautaires de différents pays d'Afrique de l'Ouest et qui s'est déroulé sous le thème de «Radio, démocratie et culture». En Zambie, à la faveur de la libéralisation des ondes, l'Eglise catholique a lancé quatre stations de radio communautaires. A Madagascar, on compte actuellement plus d'une dizaine des stations de radios privées émettant en FM dans toute l'Ile. Au Cameroun, la loi de 1990 a consacré la libéralisation de l'audiovisuel qui a permis d'améliorer notablement l'environnement des médias. En Tanzanie c'est en 1993 que le Gouvernement décida de libéraliser la radio. En Afrique du Sud ce n'est que le premier Mai dernier qu'a pris l'envol Radio Veritas, la radio catholique qui s'ajoute à la vingtaine de radios communautaires, surtout protestantes, déjà à l'œuvre. Radio Veritas s'adresse surtout aux zones rurales, où il y a 7 millions de postes, sans parler des 6 millions d'autoradios.

En République Démocratique du Congo on compte une cinquantaine de stations de radios communautaires privées, appartenant à des confessions religieuses ou à des groupes divers. C'est la radio Nsango malamu, Bonne nouvelle, qui peut être considérée comme la première radio privée de la période de transition (années '90); elle appartient à une communauté protestante. Pour sa part, la radio catholique de Kinshasa, radio Elikya, Espoir, fait de son mieux pour être au  service des gens. A l'exemple de l'Archidiocèse de Kinshasa, d'autres diocèses de l'intérieur du pays, tels que Mbuji-Mayi, Lubumbashi, Bukavu, Kisangani, Idiofa, Kikwit ont lancé leur station de radio.

Rôle déterminant

La radio communautaire se révèle comme un instrument efficace de sensibilisation. Elle peut encourager le public à s'engager pour la défense des droits et pour la mobilisation autour des tous les défis du développement.

Les passionnés de la radio Elikya, par exemple, se déclarent satisfaits par la grande gamme d'émissions éducatives de leur radio, mais n'hésitent pas à déplorer les interférences qui rendent inaudibles certaines émissions.

L'objectif principal visé par ces radios privées est, en fait, de mieux informer la population, l'aider à prendre conscience de la situation politique et socio-économique, l'aider à prendre soin de son propre environnement et à participer à la gestion de la chose publique.

Pour se développer, l'Afrique a besoin d'une véritable politique de la communication. Les préoccupations majeures de ces radios demeurent le renforcement de la démocratie, la promotion du développement, de la culture et de la liberté de presse. Leurs émissions sont basées sur le dialogue, la concertation et les échanges. On peut évoquer ici l'expérience très positive de la radio catholique de Dar es Salaam, Tumaini, Espoir, qui peut atteindre 6 millions de personnes.

Etre libre

Parmi les émissions les plus écoutées: deux jours par semaine, on invite les gens, par téléphone, à dire leur foi. Une seule règle: il ne faut jamais attaquer la foi de quelqu'un d'autre. C'est très important dans un pays où chrétiens et musulmans se côtoient.

Mais les difficultés, on s'en doute, ne manquent pas. D'abord, dans beaucoup de pays, les textes régissant ces radios sont muets ou inadaptés aux réalités du moment, ou bien encore ils sont tout simplement bafoués. D'où de nombreux procès et des tracasseries d'ordre fiscal, politique, etc. auxquels les responsables des ces radios sont confrontés. En guise d'exemple, la tentative de nationalisation de la RTKM (radio télévision Kin-Malebo) en RDC montre à l'évidence le non-respect de ces textes par certaines autorités.

Les résultats obtenus par les radios diocésaines de la RDC sont concluants. D'une manière générale, les auditeurs des radios communautaires sont satisfaits des programmes des émissions de ces radios.

Aussi, face à la multiplicité des radios privées, les radios gouvernementales se voient obligées de revoir leurs programmes d'exploitation d'antenne et on peut constater un changement réel dans leur façon de travailler. Elles tendent à devenir plus ouvertes et moins propagandistes.

Il faut surtout que les radios communautaires évitent de jouer le jeu des partis politiques.

Ce qui représente le principal gage d'une autonomie pouvant garder l'objectivité et préserver la liberté d'expression.

Louis Kalonji

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