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En 1978 à Alma Ata, en URSS, une conférence internationale des scientifiques invitait tous les gouvernements du monde de tout mettre en œuvre pour assurer l'accès à la santé pour tous en l'an 2000. Un niveau de santé qui permette à chaque homme et à chaque femme de mener une vie socialement et économiquement productive. Y a-t-on réussi? Peut-être sous d'autres cieux. En tout cas pas en Afrique. |
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Après avoir enseigné dans plusieurs écoles secondaires, Mathias Mossongo a été successivement Inspecteur judiciaire et Directeur à l'Enseignement supérieur et universitaire. Aujourd'hui, il se retrouve dans l'Administration à l'Institut Supérieur pédagogique (ISP) de la Gombe, toujours à Kinshasa. Adolphine Ngandebwaya, enseignante de 1964 à ce jour, travaille à l'Institut officiel Bokolo de Bandalugwa, (Kinshasa). Lui, catholique; elle, protestante et diaconesse de la Communauté Baptiste du Fleuve Congo, «CBFC». Mariés à l'église catholique, huit enfants, dont 7 sont en vie. Tous les deux se sont engagés dans la pastorale de la Famille à la paroisse St Gabriel à Yolo. ö Depuis combien de temps exercez-vous cet apostolat? Adolphine. Cela remonte au jour où nous nous sommes présentés pour la remise du diplôme pour nos 25 ans de mariage religieux. On nous a offert l'opportunité de consacrer notre temps libre aux activités de la communauté chrétienne. Mathias. Oui, le mérite revient à mon épouse, car contacté à deux reprises, j'avais décliné, ne m'estimant pas suffisamment préparé. Mais son encouragement m'a interpellé: comment un catholique se permet-il d'hésiter là où une protestante se déclare disposée à faire quelque chose pour la communauté? ö En général, quels sont les couples qui s'adressent à vous? Mathias. En général, il s'agit des fiancés, des jeunes et adultes entre 25 et 40 ans chez les garçons et de 18 à 30 ans chez les filles. Il y a aussi des couples des mariés, coutumièrement ou civilement, soucieux de renouer avec les sacrements de l'Église. Parfois il y a même de grands-parents. Je crois que nous avons accompagné environ 120 couples. ö Est-ce qu'il s'agit de jeunes ou de couples adultes? Adolphine On cherche, dans la mesure du possible, à traiter différemment les fiancés et les mariés, selon une méthodologie adaptée aux préoccupations des uns et des autres. Par exemple, le problème des naissances désirables ou du choix du sexe de l'enfant ne suscite pas le même intérêt auprès des jeunes fiancés que pour les couples de grands-parents. ö Comment arrivez-vous à concilier votre différente appartenance religieuse et l'engagement dans la pastorale catholique de la famille? Adolphine. Depuis de longues années, les Protestants cherchaient à se rapprocher des Catholiques. Et grâce à l'ouverture opérée aussi bien par les uns que les autres, les confessions religieuses, jadis opposées, ont appris à mieux se connaître et à se regrouper pour des actions en faveur de la foi et de l'éthique chrétiennes. Mathias. L'œcuménisme depuis Vatican II cherche à rassembler les différentes confessions chrétiennes Ainsi, bien des divergences ont-elles été dissipées. Pour ce qui concerne notre foyer, l'honneur revient plutôt à mon épouse d'avoir, elle, protestante, pris la décision de notre engagement, à tous deux, dans la pastorale catholique de la Famille. ö Comment les responsables des Églises voient-ils votre travail? Mathias Je crois qu'elles n'ont aucune raison de s'inquiéter. Notre famille s'est consolidée par notre appartenance active dans nos confessions respectives. Elle est une preuve de cohabitation dont la tolérance est de règle. Adolphine Mon Eglise m'encourage. La voie que nous avons suivie s'est aussi avérée efficace pour la survie de notre foyer. ö Est-ce qu'on pourrait tenter un bilan de votre engagement? Adolphine. Ce que nous faisons nous oblige à nous ressourcer constamment, en puisant dans la Bible pour mieux faire passer nos enseignements. Lorsqu'on est en présence de gens âgés ayant une très longue expérience de mariage, que leur enseigner qu'ils ne connaissent pas? La Parole de Dieu est d'un grand appui. Mathias. Naturellement, il y a aussi des difficultés. Pour certains résultats il faut du temps, de la patience, savoir gérer des discussions puériles, faire face à certains entêtements qui rejettent toute possibilité de pardon, surtout en cas d'adultère. Les problèmes de transport, le non-respect de l'heure ou le manque d'espace à la paroisse ajoutent des difficultés, mais trouvent la récompense dans l'appui des communautés et dans la joie d'avoir participé à l'œuvre de l'Église au sein des familles chrétiennes. Rombaut Lilem |
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UN "COUPLE OECUMÉNIQUE" DANS DES FOYERS CATHOLIQUES |

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Mr et Mme Mossongo (de face) avec un couple. |